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Match Amical - Franck Azéma (Clermont) : "J’ai senti beaucoup de conviction et de solidarité"

Azéma : "J’ai senti beaucoup de conviction et de solidarité"
Par Rugbyrama

Le 11/08/2018 à 14:40Mis à jour Le 11/08/2018 à 14:44

MATCH AMICAL - Large vainqueur de Toulon à Mayol vendredi (46-21) pour son premier test match de préparation, grâce à second acte de feu couronné de cinq essais, Clermont a fait forte impression. Trois mois après leur dernière opposition et une saison ratée, les Auvergnats marquent les esprits d’entrée, avant d’affronter la sélection du Canada vendredi à Issoire.

Rugbyrama : Quels enseignements tirez-vous de ce succès ?

Franck Azéma : Il est toujours difficile de tirer des grands enseignements de ces matchs de préparation. Mais je peux retenir plein de choses positives dans le sens où il y a eu beaucoup de solidarité dans l’équipe. J’attendais de voir quelque chose de consistant collectivement et je trouve qu’on s’est livrés. Même si il y a eu beaucoup de petites erreurs qui auraient pu nous coûter plus cher en première mi-temps. On a manqué de justesse, tombé des ballons à des moments précis dans notre camp et nous avons été timides défensivement sur l’entame. Et puis petit à petit, l’équipe a pris confiance en elle, s’est livrée un peu plus, a mis la pression sur Toulon et forcément, celle-ci s’est renversée. J’ai trouvé l’équipe homogène dans l’ensemble, c’était cohérent. Ça fait plaisir de démarrer comme ça même s’il faut rester lucide par rapport à ce qu’on a fourni.

Etes-vous satisfait du visage affiché par votre animation offensive qui a su constamment accélérer le jeu sur le deuxième acte et trouver de l’alternance en attaque ?

F.A : Il y a des bonnes choses, c’est certain, en attaque comme en défense. Même s’il y a des petits grains de sable par moments où on force le jeu ou au contraire, nous ne l’accélérons pas suffisamment. C’est normal pour une reprise. Mais ce qui est intéressant à voir c’est que les garçons ont pu s’exprimer par rapport au travail effectué sur les six dernières semaines, sur le physique et le contenu rugbystique.

Comment expliquez-vous ces deux mi-temps diamétralement opposées, où votre équipe a d’abord été malmenée avant de prendre totalement l’ascendant sur le deuxième acte ?

F.A : Comme je le disais, il me semble qu’on a été timides au début. On a regardé les Toulonnais mettre leur jeu en place, plutôt que de nous exprimer défensivement et offensivement. Et dès qu’on a eu ce petit déclic où nous avons commencé à avancer, à prendre l’initiative, nous avons été récompensés. En gardant notre tempo et pas le leur.

Pensez-vous que l’entrée de Peceli Yato, impressionnant en deuxième période, a fait basculer la rencontre ?

F.A : Il a été à son avantage c’est certain, mais j’ai vu pas mal de garçons à leur avantage ce soir (vendredi, NDLR), qui ont été tranchants. A l’image d’Api” (Naqalevu), de Raka … Greg (Laidlaw) a aussi été intéressant à la manœuvre. J’ai trouvé chez les mecs de l’envie de se déplacer, de proposer des structures et ça c’est intéressant, même si on peut aller plus loin là-dedans. Il y avait beaucoup de générosité et la volonté de se replacer dès qu’on perdait le ballon, pour reformer la ligne. On sent qu’il y a de la conviction.

Un mot sur la prestation des nombreux jeunes lancés qui sont apparus au niveau ?

F.A. : Sur la régularité du travail, un garçon comme Sam Ezeala (premier match depuis huit mois et son impressionnant choc avec Vakatawa) est très précis et a très faim. On l’a vu gagner les duels et se mettre en évidence. Ces jeunes n’ont qu’à peine dix-neuf ans… On a vu aussi Charlie (Cassang) faire vingt bonnes minutes. Petit à petit on va leur donner du temps de jeu pour s’exprimer, être dans l’affrontement et pouvoir se jauger.

" On sent qu’il a besoin de retrouver des repères dans ses duels"

Votre regard sur le retour à la compétition d’Alivereti Raka, qui a joué 80 minutes après huit mois d’absence (rupture des ligaments croisés)…

F.A. : On savait qu’il avait été à chaque fois dans les clous” tout au long de sa rééducation, en validant positivement les paliers sans avoir de douleur au genou. Il y a eu un gros travail d’effectué par les kinés et les prépas physiques pour le remettre en forme. Il a aussi passé quinze jours à Saint Raphael (Cers) pour changer d’air. Il a repris l’entraînement avec nous depuis le 2 juillet et il n’a pas raté une séance en se livrant tout le temps. Donc il n’a pas été gêné. On sent qu’il a besoin de retrouver des repères dans ses duels. Il a souvent cherché l’affrontement et il doit regagner confiance sur sa capacité à prendre les extérieurs pour déborder. Mais c’est très encourageant.

Pourquoi votre touche a-t-elle été mise autant en difficulté ce soir (cinq ballons perdus) ?

F.A. : Honnêtement, ça n’a pas été notre priorité depuis le début de saison. Bernard (Goutta) n’a dû faire que deux ou trois séances de touche… On s’est beaucoup focalisés sur notre animation offensive et notre défense. Il y a désormais des priorités à mettre en place et tout va rentrer dans l’ordre.

" On n’a pas toujours été pertinents dans nos choix"

Justement, quels seront vos axes de travail cette semaine avant d’affronter vendredi la sélection du Canada ?

F.A. : Nous améliorer sur ces petits gestes et détails qui nous ont fait défaut. On a pris deux cartons jaunes car nous étions timides sur la première mi-temps, alors que c’était quelque chose qu’on avait bossé. Nous ne l’avions pas trop travaillé sur phases statiques, sur des premiers temps de jeu et on va donc se diriger un peu plus vers ça. Maîtriser aussi la gestion des temps forts et faibles dans notre camp. Est-il intéressant d’insister à la main ou de jouer au pied ? On n’a pas toujours été pertinents dans nos choix. Et sur la première mi-temps, on a été aussi moins efficace près des lignes avant de le redevenir.

Propos recueillis par Julien Louis

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