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Lorenzetti : "Il vaut mieux 23 bons joueurs qui jouent ensemble que 23 stars jouant de leur côté"

Lorenzetti : "Il vaut mieux 23 bons joueurs qui jouent ensemble que 23 stars jouant de leur côté"
Par Marc Duzan via Midi Olympique

Le 01/06/2019 à 10:32Mis à jour Le 01/06/2019 à 10:37

TOP 14 - Touché, blessé, Jacky Lorenzetti reconnaît avoir passé une nuit "agitée" après l'élimination de son club en quarts de finale. Pour Rugbyrama.fr, le patron du Racing 92 revient sur une saison ratée, met à jour les relations difficiles entre Travers et Labit et finalement, émet l'idée d'une remise en cause du capitanat de Maxime Machenaud.

Midi Olympique : Comment vous sentez-vous, ce matin ?

Jacky Lorenzetti : Comme quelqu'un qui se réveille d'un mauvais rêve... Comment veux-tu gagner un match avec dix-huit en-avants, quatorze pénalités... Voilà, ce quart de finale ressemble à une saison où on a alterné le meilleur et le pire. On arrive au bout d'un système, au bout d'un cycle. En cela, le départ de Laurent Labit nous permettra de repartir sur une nouvelle aventure.

On attend plus du Racing 92...

J. L. : Oui, nous aussi. Mais il faut aussi prendre du recul et voir la performance globale du club sur dix ans. On est la seule équipe du Top 14 à s'être qualifié dix fois de suite. […] Je n'ai pas honte de ce bilan. Mais avant ce match contre La Rochelle, au fond de moi-même, j'avais l'angoisse de la vérité. Et aujourd'hui, la vérité nue est la suivante : on n'est pas invité.

Vos joueurs ont-ils pêché dans l'engagement ?

J. L. : Non, même pas ! A la 50 ème, les Rochelais étaient cuits. Mais nous avons été à l'image de Camille Chat, qui a été extraordinaire la plupart du temps. Mais bon.. Tu ne peux pas faire ce qu'a fait Camille et derrière, lâcher trois ballons sur quatre. Ce n'est pas acceptable à ce niveau-là. (il soupire J'aurais pourtant tellement aimé retrouver les Toulousains en demi-finale...

Au micro de Canal +, Laurent Labit disait après la rencontre que la fin du binôme avec Laurent Travers avait été "difficile". L'aviez-vous ressenti ?

J. L. : Oui. Je ne suis pas leur témoin de mariage mais je suis leur chandelle. Je vis avec eux. On se voit tous les matins, on prend un café ensemble et ces dernières semaines, je n'avais pas besoin de scruter pour constater les regards qui se détournent, les yeux qui se fuient. Cette séparation a été douloureuse pour l'un et pour l'autre, en particulier pour Laurent Travers qui n'a pas compris le choix... (il marque une pause). Ce n'est pas qu'il a pas compris, c'est que les choses ne se sont pas passées comme il l'imaginait.

Et ?

J. L. : C'est la vie. Au Racing, on comprend que Laurent Labit ait eu envie d'une autre aventure. L'an prochain, Toto (Travers) sera number one et ça permettra aux uns et aux autres de se relancer.

Maxime Machenaud, votre capitaine, a été sorti en cours de match. Finn Russell, le phare du recrutement, n'a pas été à la hauteur. Quant à Leone Nakarawa, il a démarré la rencontre sur le banc de touche. Finalement, vos stars ont-elles cette saison répondu à vos attentes ?

J. L. : Quand Iribaren et Nakarawa sont entrés en jeu, l'équipe a accéléré. Peut-être y a-t-il eu, dans cette période compliquée entre les coachs, des incompréhensions ayant abouti à des choix inappropriés. Attention, je ne les remets pas en cause. Ce n'est pas mon rôle. Mais je constate que la paire Iribaren-Russell du début de saison a été plus performante que la paire Machenaud-Russell du printemps. (il marque une pause) Imhoff hors du groupe, bon, c'était aussi un choix. Mais je ne cherche aucune excuse. Ce n'est pas cette défaite en barrages qui est déplorable. Le mal est plus profond. Au rugby, il vaut mieux 23 bons joueurs qui jouent ensemble que 23 stars qui jouent chacun de leur côté.

Si vous aviez le pouvoir de revenir en arrière, changeriez-vous quelque chose à la saison écoulée ?

J. L. : Il nous appartient avec Laurent Travers et Dimitri Szarzewski (entraîneur des Espoirs) de tirer les enseignements de cet échec. Mais il y aura des changements. On peut par exemple se poser la question du capitanat, qui était entre les mains de Dimitri Szarzewski, lequel n'était plus sur le terrain depuis un certain temps.

Dès lors ?

J. L. : Par moments, on sentait que l'équipe souffrait beaucoup de cette absence. Max (Machenaud), à qui je ne fais aucun reproche, serait peut-être plus à l'aise si on le débarrassait de cette responsabilité.

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