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Un épilogue au goût amer

Un épilogue au goût amer
Par Rugbyrama

Le 08/05/2010 à 14:35Mis à jour

Le Racing est sorti avec les honneurs lors du barrage à Clermont (17-21). Mais la physionomie du match laisse une grande frustration aux Ciel et Blanc et la polémique née des propos de Pierre Berbizier à l’encontre de M. Berdos et de Pierre-Yves Revol cache le bilan positif de la saison francilienne

Cela aurait pu ressembler au sommet d’une saison en tous points remarquable. A moins de vingt minutes de la fin de la rencontre, le Racing-Metro menait encore de cinq points sur le terrain de Clermont. La surprise de l’exercice 2009-2010 créait encore la sensation et pouvait s’offrir une demi-finale aussi inattendue qu’exaltante pour les Franciliens. Mais voilà… A la 64e minute, Santiago Dellape a écopé d’un carton jaune sévère après intervention de l’arbitre de touche, M. Berdos, habitué des grands rendez-vous nationaux et internationaux. Dans la minute suivante, les assistants de M. Gaüzère accordaient une pénalité contestable à Morgan Parra… Le match avait basculé et le rêve du Racing s’envolait : "M. Berdos fait basculer la partie avec un carton jaune sur une action sifflée, avec une pénalité derrière. Ca fait beaucoup. Je pense que M. Berdos n'arbitrera plus le Racing. Je ne sais pas ce qu'on lui a fait, tous ses arbitrages cette année ont été très, très, très sévères. Je pense que mes joueurs ne méritaient pas ça. Montferrand pouvait gagner autrement, ils n'avaient pas besoin de ce coup de pouce. Un match de ce niveau, à ce moment-là de la saison, on n'a pas le droit. On nous demande de respecter les arbitres. Là, c'est vraiment difficile. En tout cas, je ne respecterai plus jamais M. Berdos."

Tout juste Pierre Berbizier pensait à souligner la performance de ses hommes : « Je tiens à les remercier pour ce qu’ils ont fait ». L’essentiel était ailleurs… La satisfaction d’avoir rivalisé avec le triple finaliste du Top 14 sur son terrain a laissé place à la frustration. Et à la colère. Voire même à la parano… "Nous n’avons pas besoin des sourires de faux-cul de Pierre-Yves Revol", s’emportait ensuite le manager du Racing dans un élan incontrôlé, à propos du président de la LNR. Ce dernier n’a d’ailleurs pas écarté la possibilité de prendre des sanctions à l’encontre de Pierre Berbizier. "On ne va pas le laisser faire. Nous sommes dans le domaine de l’insulte", a commenté Revol sur les ondes de RMC Info. Alors voilà, au lendemain du revers honorable du club francilien, la France du rugby retient surtout cette sombre polémique. Et non le parcours étonnant du promu. Pas mêmes les mots du capitaine Lionel Nallet, manifestement marqué par cette défaite cruelle : "Je suis fier des joueurs et de l’équipe. Mais c’est une énorme déception, ça fait mal".

"On avait presque fait le plus dur…"

Car le principal paradoxe de cet après-match est que dans les couloirs du stade Michelin, la plupart des acteurs racingmen cherchaient à minimiser la portée des décisions arbitrales. Ou du moins leur mauvaise foi. "Je n’ai pas envie de m’amuser à parler des arbitres. Cela se joue sur des détails mais je reconnais que c’est difficile pour eux", se contentait d’indiquer Jonathan Wisniewski. "Nous avons un peu la sensation de nous faire voler mais l’erreur est humaine", ajoutait Henry Chavancy. "Ces décisions sont difficiles à expliquer, ose à peine Nallet. Durant cinq minutes, nous avons eu l’impression que tout était contre nous. Après, le match est plié". Pour le reste, les Franciliens préféraient mettre en avant leur grande déception. "Nous avons senti que nous prenions l’ascendant après notre essai en fin de première mi-temps", regrettait Jérôme Fillol. "Nous avons beaucoup souffert en première mi-temps mais nous n’avons rien lâché. Nous avons ensuite mené au score sans en réussir à le concrétiser… On avait presque fait le plus dur. C’est tellement dommage", se lamentait Henry Chavancy.

"Quand on a goûté au gâteau, on a envie de le manger. Alors là, on reste sur notre faim et avec un goût amer dans la bouche". L’image est signée Jonathan Wisniewski. Elle est révélatrice de l’état d’esprit des Racingmen. Ces derniers ont l’intention d’avoir leur part du gâteau dans les prochaines saisons. Et d’y mettre la cerise dessus. Avec un recrutement ambitieux et des objectifs à plus longue durée, le Racing devrait continuer à grandir. L’ouvreur confirme : "Nous avons mis un genou à terre mais nous regardons désormais l’avenir. Nous allons tirer les leçons de cette défaite et l’an prochain, j’espère que c’est nous qui recevrons…" Et après tout, une fois la décision évacuée, les Franciliens reconnaîtront que le bilan de la saison est largement positif. "Nous avons prouvé qu’on pouvait exister à ce niveau, se réjouit Chavancy. Il faut s’appuyer dessus pour revenir encore plus fort". Et ça aussi, il faudrait le retenir du côté de l’Ile-de-France.

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