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Ntamack: "On ne sait pas"

Ntamack : "On ne sait pas comment faire"
Par Rugbyrama

Le 28/11/2010 à 11:46Mis à jour Le 28/11/2010 à 16:23

Au moment de rencontrer la presse ce dimanche pour revenir sur la plus grosse défaite du rugby français au stade de France, contre l'Australie samedi (16-59), le staff tricolore n'avait pas encore débriefé le match avec ses joueurs. L'heure était encore au constat. Et il est inquiétant...

Quelle analyse faites-vous de la rencontre avec une nuit de recul ?

Marc LIEVREMONT : Pendant cinquante minutes, nous avons été dans tous les coups, même si nous avons affiché quelques carences avec une conquête relativement performante et une défense en place. Ensuite, on a encore du mal à s'expliquer comment les Australiens ont pris le score de cette manière et comment on a sombré collectivement et individuellement. Notre conquête s'est liquéfiée, notre défense aussi. Les joueurs ont essayé de jouer quand ils avaient déjà perdu mais ils ne l'ont pas fait collectivement et les Australiens nous ont punis. Nous avons réussi à limiter la casse en première mi-temps, mais déjà, on voyait toujours les mêmes approximations, dans le jeu au contact, dans le replacement offensif et défensif... Il y a des enseignements à tirer et on va le faire. Il va falloir tenir compte de ces lacunes pour essayer de se rapprocher du haut niveau et trouver des solutions pour que les joueurs progressent et tiennent un match complet.

Comment expliquez-vous cette démission collective des joueurs ?

M.L. : Vous parlez de rupture avec le staff. Peut-être... Après le match j'ai dit aux joueurs que nous avions besoin de comprendre, qu'ils nous racontent ce qui s'est passé, que ça vienne d'eux. Mais quand on prend 60 points, on est démoralisé et pas capable d'expliquer les choses à chaud. Ça va se faire tout doucement, entre nous. Peut-être que l'Italie n'aurait pas pris 60 points elle... Parce que nous avons eu une mauvaise conception du jeu. Même quand on était pas largué, à 30-13, nous n'avons pas su trouver un plan B, pas su nous adapter.

Aviez-vous aligné la meilleure équipe possible ?

M.L. : Vous savez qu'on fonctionne avec une équipe type, un groupe. Alors savoir s'il fallait mettre Harinordoquy ou Chabal en 8, Poitrenaud ou Porical en 15, s'il fallait faire jouer Clerc... Je ne suis pas persuadé qu'il y aurait eu une différence significative au final, même si c'est vrai que certains sont passés à côté, ont sombré plus vite que d'autres. Il faut aussi souligner la qualité du rugby australien, leur patience.

Verra-t-on de nouveaux capés lors du Tournoi des 6 Nations ?

M.L. : Non. Le groupe est là, même s'il pourra y avoir quelques changements. Notre objectif maintenant est de repousser l'échéance. Nous tenons 50 minutes à l'heure actuelle alors qu'il faut tenir 80. D'ici le Mondial, il y aura le Tournoi. Nous essaierons de progresser mais l'hémisphère nord représente aujourd'hui la deuxième division du rugby mondial... Nous allons beaucoup miser sur nos deux mois de préparation avant la Coupe du monde en espérant qu'ils seront suffisants.

Faut-il revoir les méthodes de travail ? Les joueurs ont notamment parlé d'un manque de séances en opposition cette semaine...

M.L. : Ce n'est pas simple de faire de l'opposition. Il faut qu'elle soit raisonnée face aux gamins du pole France. Il faut aussi gérer la récupération, travailler la conquête etc. Cette semaine, Estebanez, Domingo se sont fait mal... C'est compliqué. Et le problème, c'est que quand on fait l'opposition entre nous, on règle les choses à grands coups d'épaule, à l'énergie. Mais il n'y a pas réellement de faculté de jouer dans les intervalles, au contact, de déplacer le ballon.

Quelle responsabilités prenez-vous dans ce manque de précision dans le travail ?

M.L. : Je l'ai déjà dit, on assume. Mais on a surtout envie de se battre. Je reste convaincu qu'on travaille comme il faut, dans le management, la gestion du groupe, la préparation des séances, la stratégie. On discute. Le staff est, à mon sens, compétent et la remise en question permanente.

Emile NTAMACK : Notre responsabilité est totale et tout le monde est concerné. Les joueurs sont à la peine et quand on parle de démission, ça me dérange. Je n'ai pas vu des mecs qui n'ont pas voulu s'engager physiquement, ils se sont battus. Quand tu prends l'eau, tu coules même si tu écumes. C'est difficile parce qu'on est en retard et on se demande comment rattraper ce retard. Les joueurs te regardent et te demandent comment faire mais toi, tu les regardes à ton tour et tu n'en sais rien... Le problème, c'est que les joueurs ne sont pas exposés au niveau qu'ils rencontrent lors des matchs internationaux. La semaine prochaine, ils seront bons en club, en H Cup mais cela ne les prépare pas au niveau mondial. Il y aura toujours des exploits mais ce qu'on doit atteindre, c'est la régularité et on en est loin.

Didier RETIERE : Si on voit plus large, on se rend compte que les Moins de 20 ans ont le même problème face aux nations majeures et que leurs lacunes dans le jeu sont les mêmes que nous. Cela prouve que le mal est profond. Même si on travaille avec le souci du détail, on sait que sur certains aspects, notre marge de progression est très faible. Notre problème, c'est que les joueurs, par pudeur ou humilité, ne sont pas des joueurs d'équipe de France, mais des joueurs de club. Ils deviennent des joueurs de l'équipe de France seulement quand ils sont sélectionnés. Individuellement, ils doivent élever leur niveau de jeu, être plus exigeants avec eux-mêmes mais en France, on ne le fait pas. C'est culturel.

Peut-on parler d'échec du rugby français ?

M.L.: Vous comprendrez bien qu'il serait déplacé de dire que nous avons pris 60 points à cause de ça. Quand on gagne, on dit que c'est grâce aux clubs et quand on perd, c'est à cause d'eux. Au-delà de ça, la FFR n'a pas les moyens d'être offensive.

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