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L'antisèche : Même à 14, les Wallabies avaient plus de réserves

L'antisèche : Même à 14, les Wallabies avaient plus de réserves
Par Nicolas Zanardi via Midi Olympique

Le 17/07/2021 à 15:34Mis à jour

TEST MATCH- Réduits en infériorité numérique dès la 5e, les Wallabies ont néanmoins réussi à s’imposer au finish face à des Bleus dont les « finisseurs » n’ont pas réussi à enfoncer le clou après l’heure de jeu.

Le match : un formidable chassé-croisé

C’est drôle, comme une rencontre peut si rapidement basculer hors des scenarii prévus… En effet, pour ce 3e Australie-France, une des principales données stratégiques d’avant-match consistait à savoir si les extérieurs tricolores (où Barassi et Thomas remplaçaient respectivement les sécateurs Danty et Villière) allaient se montrer aussi rassurants en défense face aux menaces Daugunu et Koroibete, d’autant que Penaud n’avait lors des premiers tests pas vraiment donné de gages d’assurance en défense.

Alors, faut-il parler de hasard ou de chance ? Le fait est que Daugunu dût sortir pour une fracture de l’avant-bras dès la première minute, tandis que Koroibete se voyait expulsé dès la 5e pour un plaquage dangereux sur Anthony Jelonch. Privés des deux facteurs X que devait servir leur stratégie, les Wallabies s’avérèrent très vite dépourvus de plan B, et n’eurent d’autre choix que de laisser davantage la possession aux Français, ce qui n’était pas pour leur déplaire… De quoi lancer un match des plus équilibrés où les deux formations se sont rendues coup pour coup, la capacité des trois-quarts français à enflammer la moindre étincelle se heurtant à la domination des Wallabies dans les secteurs de la conquête directe.

C’est ainsi qu’à trois réalisations françaises signées Couilloud, Woki et Barassi, les Wallabies répliquèrent par McDermott, Lolesio et Tupou. Au final, le manque de réserves du banc et la fatigue générale des Français s’avéra légèrement plus préjudiciable que l’infériorité numérique australienne, les Bleus jouant la carte du panache jusqu’au bout alors qu’ils auraient pu tenter le match nul sur la dernière pénalité de la rencontre.

La France a subi la densité physique des Australiens

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Le tournant : Tupou, l’entrée fracassante

Repositionné sur le banc dans un rôle d’impact-player qui lui sied si bien, Taniela Tupou a réalisé une entrée au moins aussi colossale que lors du premier test. D’abord parce que c’est lui qui inscrivit l’essai de l’égalisation des siens à 27-27, alors que les Wallabies auraient pu douter après l’essai de Barassi. Mais surtout parce qu’il mit au supplice le pauvre Quentin Walcker en mêlée, au point d’obtenir plusieurs pénalités dont deux dans les dix dernières minutes (71e, 75e) dont celle qui offrit le coup de pied de la gagne à l’ouvreur Lolesio, après un en-avant de Bouthier sous une chandelle.

L’action : Barassi, un essai 100 % french flair

Osons le terme : c’est un essai de légende qu’a inscrit le trois-quarts centre du XV de France Pierre-Louis Barassi au terme d’une action en première main, parti d’une mêlée dans ses propres 22 mètres. Un mouvement sur lequel tous les trois-quarts français ou presque ont donné la pleine mesure de leur talent et de leur technique individuelle. Le demi de mêlée Baptiste Couilloud d’abord, qui effectua le premier bon choix en jouant le côté fermé pour Thomas au nez et à la barbe de son vis-à-vis, puis en se replaçant à l’intérieur de son ailier pour assurer la continuité du mouvement vers l’aile opposée.

Teddy Thomas bien sûr, qui fit admirer sa vitesse et surtout son adresse à l’instant de récupérer le coup de pied par-dessus Hodge pour lui-même, qui permit à l’action de respirer là où elle semblait devoir se conclure. Antoine Hastoy ensuite, tout en sobriété, qui effectua le bon choix en sautant Arthur Vincent pour alerter Barassi. Et le trois-quarts centre du Lou, enfin, qui avait déjà démontré ses jambes et sa vista pour décaler Jaminet en première période, et ne laissa cette fois à personne le soin de conclure un essai estampillé 100 % french flair.

Le joueur : Hooper, quelle classe !

On ne dira pas assez le travail qu’abat, depuis le début de la tournée, le capitaine Michael Hooper. Déterminant lors du premier test par ses prises de décision et un essai de filou, également marqueur lors du 2e, le troisième ligne aile des Wallabies a remis le couvert ce samedi, et de façon magistrale. Alors que ses hommes se sont trouvés très vite réduits à 14, Hooper a ainsi porté les siens à bout de bras, grâce à plusieurs récupérations de balles et autant de contests cruciaux, mais aussi plusieurs percées franches dont la première (entre Woki et Vincent à la 11e) ouvrit la voie de l’essai de l’espoir à son demi de mêlée McDermott. Ajoutez à cela un travail de lobbying payant auprès de l’arbitre Ben O’Keefe et vous obtenez logiquement là l’homme du match, ainsi que la preuve qu’on ne devient jamais un « centurion » du rugby international par hasard...

La question : les Bleus ont-ils bien fait de ne pas tenter la dernière pénalité ?

Alors que les deux sélections étaient à égalité parfaite au point-average sur les deux premiers tests, les Bleus se sont vus offrir l’occasion à la 80e de jouer l’égalité parfaite sur l’ensemble de la tournée, par le biais d’une pénalité des 45 mètres en coin. Toutefois, après une discussion entre joueurs, les coéquipiers d’Anthony Jelonch firent le choix du panache en décidant de chercher la touche dans les 22 mètres australiens. Osé, à l’évidence, puisque la conquête aérienne n’était pas exactement leur point fort sur cette tournée… Arriva ainsi ce qui devait arriver, le deuxième ligne Swain parvenant à tuer le ballon porté des Français. De quoi nourrir un petit regret ? Peut-être pas à nos yeux, allez, tant la pénalité préalable semblait délicate à tenter pour Jaminet, en coin sur son mauvais pied, qui plus est dans les arrêts de jeu. À vous de trancher…

Les Bleus ont-ils bien fait de ne pas tenter la dernière pénalité ?

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