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Pro D2 - Abdellatif Boutaty (Bayonne), retour en terre connue

Boutaty, retour en terre connue

Le 20/09/2018 à 09:27Mis à jour Le 28/08/2019 à 18:01

PRO D2 - Joker médical d’Arnaud Duputs, à 35 ans, Abdellatif Boutaty profite pleinement de sa seconde aventure à l’Aviron. Un club qu’il apprécie fortement et avec lequel il veut disputer des phases finales.

Stade Jean Dauger, le 6 août dernier. Il fait chaud, très chaud sur la Côte Basque où le thermomètre oscille aux alentours des 35°. L’Aviron Bayonnais a donné rendez-vous à ses supporters, en cette belle journée d’été pour présenter ses joueurs aux supporters. Le staff est le premier à s’avancer sur la petite estrade, face à la tribune présidentielle, rapidement imité par les piliers, talonneurs, puis deuxièmes lignes. Oulai, Jaulhac, Loiret sont alors listés au micro. Puis, vient le tour d’Abdellatif Boutaty. Grosse ovation, la plus belle de la soirée.

Bayonnais entre 2010 et 2014, "Abdel" fait son retour à l’Aviron et le public ne l’a pas oublié. Après deux expériences du côté de Pau puis au Stade Français, l’ancien capitaine de la sélection marocaine s’est retrouvé sans club. En juin, alors qu’il finit de passer ses diplômes de préparateur physique, il est contacté par Yannick Bru qui cherche à renforcer son paquet d’avants avec des hommes d'expérience, à condition que sa condition physique suive. Boutaty dispose alors d’un mois pour convaincre le staff de l’engager. La motivation, du côté du joueur, est toute trouvée : "Je suis sorti par la petite porte avec le Stade Français. Je voulais bien finir, en plus ici, à Bayonne…"

Souvenirs et retrouvailles

De sa première expérience chez les ciel et blanc, le seconde ligne retient surtout les deux premières années. "On avait un bon groupe, un bon staff, c’était bien… Lorsque j’arrive en 2010, on finit septièmes à un point du cinquième." Jean-Jo Marmouyet, son ancien coéquipier, se souvient : "En 2010, il avait fait une très, très grosse saison. Il récupérait trois ou quatre ballons par match sur les phases au sol. J’ai également le souvenir qu’il déclenche la pénalité de la gagne (réussie par Boyet), à Biarritz, en 2012, sur un départ pour constituer un maul. Deux, trois charges spectaculaires, des départs dans l’axe, c’est toujours remarqué et apprécié par le public. J’étais assez admiratif sur le fait qu’il puisse se passer de boire pendant toute la journée, en août pendant le ramadan, alors qu’on faisait la préparation physique. S’imposer ça et s’y tenir, je trouvais assez costaud. Ça nous a permis de déboucher sur certaines discussions intéressantes."

Abdellatif Boutaty après une victoire face à Toulon en mars 2013 (33-28)

Abdellatif Boutaty après une victoire face à Toulon en mars 2013 (33-28)Icon Sport

Depuis, les temps ont changé. L’Aviron évolue maintenant en Pro D2 et les hommes aussi, sont passés. Iguiniz, Arganèse et Bustos Moyano sont les derniers joueurs déjà présents à l’époque à toujours évoluer sur les bords de l’Adour. En revenant au Pays Basque, Boutaty a également retrouvé Joël Rey, qui fut son entraîneur lors de son passage dans le Béarn et Yannick Bru, qu’il connut en 2004, lors de ses débuts au Stade Toulousain. "Ce sont des hommes sérieux, des hommes de cœur. Je suis quelqu’un qui travaille beaucoup avec l’affect et ils sont dans ce registre-là. Je suis content d’être parmi eux", affirme le gaillard (1m93, 124kg).

" Une assurance tous risques" Joël Rey"

"Physiquement, les années sont-là, mais il compense par la volonté, souligne l’entraîneur des avants de l’Aviron. Abdel est à l’écoute. Malgré l’âge, sa carrière, on peut lui parler, lui dire “ça, ça ne va pas”. Il essaye de rectifier. C’est toujours un garçon qui veut avancer, amener sa puissance et son expérience au groupe. Humainement, il est super et, pour le Pro D2, c’est un garçon un peu comme une assurance tous risques dans certains secteurs. Je sais qu’il est plus qu’aimé et reconnu à Bayonne. Il nous amène aussi un petit quelque chose qui fait du bien auprès du public et des supporters."

Abdellatif Boutaty (Bayonne) contre Massy

Abdellatif Boutaty (Bayonne) contre MassyIcon Sport

Forcément, son gabarit imposant aide le pack bayonnais. On a pu le voir sur les premières journées, notamment au niveau des mauls où l’Aviron s’est montré performant. "Dans la défense des ballons portés, il est très important, poursuit l’ancien talonneur. Le Pro D2, c’est beaucoup de combat devant et Abdel, c’est quand même une masse."

Ambitions

Alors que l’Aviron sort d’une saison décevante, ponctuée par une huitième place, les Ciel et Blanc ont réalisé un premier bloc porteur d’espoirs. Ils sont actuellement cinquièmes et ne cachent pas leurs ambitions. "J’espère de tout cœur qu’on sera dans les six et qu’on jouera les phases finales pour faire plaisir à ces supporters que j’aime beaucoup, rappelle Boutaty. Il n’en faut pas beaucoup à l’Aviron. Si on se qualifie, ça va être la folie." Pour retrouver le doux parfum des phases finales, il devra toutefois attendre un peu. La route est longue. Mais il a déjà pu goûter, à nouveau, à la Peña Baiona, "l’essence, le carburant de tout joueur", savoure-t-il. Des bons moments qu’il croque à pleines dents, en attendant le retour d’Arnaud Duputs dont il est joker médical. "Tant qu’Arnaud n’est pas revenu, mon contrat court encore. On verra par la suite, mais je prends ce qu’il y a à prendre." Avant un futur proche en tant que coach ? "Pour l’instant, je suis joueur et je me consacre à mon statut de joueur. On verra ensuite s’il y a une opportunité", répond le garçon désormais titulaire d’un diplôme d’état d'entraîneur, d’un DU de préparateur physique et d’un BP JEPS dans la musculation…

Par Pablo Ordas.

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