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Pro D2 - Yannick Bru (Bayonne) : "Les joueurs ont repris confiance en eux"

Bru : "Les joueurs ont repris confiance en eux"
Par Rugbyrama

Le 28/12/2018 à 17:01

PRO D2 - Le patron du sportif Bayonnais a profité de cette trêve de fin d’année pour dresser un bilan à la mi-saison avant de se projeter sur la suite. En toute humilité.

Rugbyrama : Quel est le programme de cette trêve de Noël ?

Yannick Bru : Tous les joueurs sont en vacances jusqu’au 4 janvier, selon les termes de la convention collective. Ils sont tous partis avec, par ligne, un programme spécifique sur l’entretien de leur forme actuelle, sur des limites de poids à ne pas franchir et avec des objectifs individuels. En deux semaines de repos total, on peut dégrader son état physique si on n’a pas un minimum de rigueur. Ce sont des vacances mentalement, affectivement. Elles sont faites pour recharger les batteries auprès de la famille, en évitant les excès et en gardant dans un coin de la tête les objectifs de l’Aviron. Ce serait dommage d’avoir fait autant d’efforts pour tout gâcher sur ces deux semaines.

L’Aviron occupe la seconde place du championnat. Quel bilan tirez-vous du dernier bloc ?

Y.B : Comptablement, c’est un succès parce que c’est notre record depuis le début de la saison. Nous avons accroché quatorze points avec trois victoires, dont une bonifiée, et une défaite de la plus petite des marges. Il y a eu un match de très bon niveau à Aix-en-Provence et, des fois, on a le droit d’être battu par meilleur que soi. Ce jour-là, Provence a fait un excellent match. Le point de bonus défensif reflétait bien le rapport de force.

Globalement, la phase aller est satisfaisante…

Y.B : Oui. Compte tenu des changements que l’on a opérés dans la façon de travailler, dans la vision globale et dans les changements survenus au niveau de la partie administrative du club, l’Aviron a bien fait bloc. Si le club est deuxième aujourd’hui, c’est parce que tout le monde a bien travaillé. Évidemment le sportif, évidemment les joueurs, mais pas que. Il y a eu une complicité importante et un changement des méthodes de travail et des relations entre l’administratif, la structure sportive professionnelle et l’Association. Je pense que cette place récompense une bonne dynamique d’ensemble.

Pro D2 - Bayonne

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Mesurez-vous le chemin parcouru depuis le mois de juin dernier ?

Y.B : Ce qu’on peut mesurer, c’est la fatigue de tout le staff. Ça fait six mois, depuis le 4 juin. Tout le monde s’est engagé intensément dans le projet. Ces deux semaines vont faire du bien pour recharger les batteries. Comme souvent, le travail a été récompensé. Il n’y a pas eu d’opération de magie. C’est une bonne chose, mais je maintiens que l’ensemble du club a une marge de manœuvre qui est très fragile. Basculer dans une forme de satisfaction du travail accompli serait déjà faire le premier faux pas. Le mois de janvier sera de tous les dangers.

Vous ne vous reposerez donc pas sur les neuf points qui vous séparent de Soyaux, septième…

Y.B : Non. Depuis le début, nous avons dit que nous souhaitions que l’Aviron soit à la bagarre pour être dans les six premiers. Nous voulions aussi montrer une bonne attitude sur le terrain, et en dehors, tous les week-ends. Je pense qu’on est en chemin. Mais je reste convaincu que certaines écuries comme Nevers ou Oyonnax, pour ne pas les citer, ont quand même un ensemble de moyens et un effectif plus proche du très haut niveau que le nôtre. Ce sera difficile de se bagarrer avec ces équipes-là.

En occupant la place de leader, ne serait-ce qu’une journée, vous leur avez envoyé un signal…

Y.B : Attention, je maintiens que le travail, la cohésion, l’état d’esprit et une forme d’organisation sur le terrain permettent de rivaliser avec des individualités parfois meilleures que les nôtres. Ça, c’est une certitude. On va s’accrocher dur comme fer à ça. Les joueurs ont fait beaucoup d’efforts, je pense qu’ils ont repris confiance en eux. Certains étaient quand même en perte de confiance en début de saison. Ils savent que la force du collectif va leur permettre de renverser des montagnes. Ça sera le salut de l’Aviron sur les cinq mois qui suivent.

Quelles seront vos résolutions de 2019 ?

Y.B : Déjà, ce sera de garder l’état d’esprit et l’implication au travail qu’il y a eu sur la fin d’année 2018. Il ne faut pas basculer dans une forme d’autosatisfaction. Ce serait le plus grand des dangers. Plutôt que de penser à ce qu’on n’a pas envie de faire, je préfère regarder ce qu’on doit faire.

Nous devons arriver à imposer la même intensité physique et athlétique qu’en 2018, notamment sur le plan défensif. Ça a été le socle de notre bonne marche. Il faut également garder notre état d’esprit, fait d’humilité et de travail sans ballon. Après, dans les challenges, il faudrait trouver une efficacité offensive qu’on n’a pas toujours eue. Par expérience, je sais aussi que c’est le plus difficile à acquérir dans la construction d’un projet. On doit encore progresser sur la gestion de pas mal de situations assez simples pour gagner en efficacité et limiter le déchet dans le jeu. C’est l’étape que l’on veut franchir sur ce premier trimestre de 2019.

Attendez-vous un peu de folie dans cette animation offensive ?

Y.B : Avant de parler de folie, je pense qu’il faut que l'on soit capable de jouer à la perfection les situations simples. Le haut-niveau, c’est souvent répéter des gestes simples à grande vitesse et haute intensité. Dans une forme de vitesse et d’intensité, nous avons eu trop de déchets. De toute manière, n’ayant pas trois Fidjiens magiques dans l’équipe comme certains, notre salut passera par cette bonne efficacité collective.

Est-ce que des retours sont espérés pour le prochain bloc ?

Y.B : Nous commençons à être sérieusement touchés aux ailes. Rémy Baget est forfait jusqu’à la fin de la saison. Arthur Duhau s’est fait une luxation acromio-claviculaire et ne sera pas là pendant un bon mois. Maxime Marty s’est fait une petite lésion au mollet lors de la dernière semaine. Benjamin Collet sera là début janvier.

Pro D2 - Rémy Baget (Bayonne)

Pro D2 - Rémy Baget (Bayonne)Rugbyrama

Qu’attendez-vous du prochain bloc, qui s’annonce relevé avec des matchs contre Montauban, Nevers, Oyonnax et Carcassonne ?

Y.B : Les deux semaines de coupure vont vraiment rebattre les cartes. Les équipes qui vont bien digérer cette pause vont démarrer fort en janvier. Nous recevons Montauban, une équipe qui connaît des problèmes surtout extra-sportifs. Ils ont un effectif de grande qualité. C’est un adversaire redoutable à l’extérieur. Je me méfie beaucoup de ce match. Le mois de janvier va être très dur. On n’aura pas le loisir de relâcher un pourcent de notre attitude.

Vincent Etcheto a annoncé, mardi, que l’aventure bayonnaise continuera sans lui l’an prochain. Pourquoi ?

Y.B : Vincent effectue sa quatrième saison à l’Aviron. Il a été head coach puis manager. Il s’est particulièrement bien adapté à notre nouvelle vision. Il travaille beaucoup. C’est un garçon passionné qui donne beaucoup à Bayonne depuis le début de l’année. Je suis sûr qu’il va encore beaucoup donner. La cohésion dans le staff est totale. Je le remercie pour tous les efforts qu’il a faits. Maintenant, la vie d’entraîneur est faite de cycles. Aujourd’hui, il a tout connu à Bayonne. Je pense qu’il est temps, pour lui, d’embrasser un autre projet. Vincent a la qualité, le potentiel et la vision, pour être mieux qu’un adjoint en Pro D2.

Aujourd’hui, il aura son mot à dire dans un autre niveau de compétition, dans un autre challenge, avec d’autres statuts. Dans la volonté globale des changements du club, il était cohérent que Vincent parte sur un autre challenge. Je dois dire avant tout, qu’au-delà des idées reçues et des clichés, j’ai découvert un garçon passionné, travailleur et particulièrement intelligent.

Qu’en est-il de l’avenir de Joël Rey ?

Y.B : Nous sommes en discussions. Le scénario et le contexte sont un petit peu différents parce qu’il termine sa deuxième année. Le club communiquera très prochainement sur son cas, comme sur l’ensemble de l’effectif.

Joël Rey - Entraîneur - Bayonne

Joël Rey - Entraîneur - BayonneMidi Olympique

Propos recueillis par Pablo Ordas

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