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Coupe du monde 2019 - Mario Ledesma (Argentine) : "La Coupe du monde commence dès maintenant"

Ledesma : "La Coupe du monde commence dès maintenant"

Le 09/08/2018 à 14:48Mis à jour Le 10/08/2018 à 10:56

COUPE DU MONDE - Il est venu s'exprimer pour marquer sa nomination au poste de sélectionneur des Pumas. Il sait que ce n'est pas facile, surtout en débutant directement avec le Tournoi des Quatre Nations.

Rugbyrama : Quel est votre état d'esprit au moment de devenir sélectionneur des Pumas ?

Mario Ledesma : Je n'aurais jamais pensé que ça arrive si vite. Mais c'est vrai, la fierté de devenir un jour sélectionneur de mon équipe nationale était dans un coin de la tête et de mon cœur. Se retrouver à ma place est le plus grand honneur pour un technicien argentin. Etre celui qui va commander le bateau et servir de "boussole" me remplit de fierté .

Vous héritez d'une équipe sans bons résultats, ressentez-vous la pression sur vos épaules et sur celle des joueurs ?

M.L. : C'est le contraire. C'est une bonne occasion de savoir si nous pouvons impacter le rugby argentin avec une nouvelle culture.

Quel est votre contrat ?

M.L. : J'ai signé pour quatre saisons, il se terminera en décembre 2021. Après, on se reverra pour faire un point et voir si on continue avant le Mondial 2013 en France qui approchera, ce serait formidable pour moi d'y participer.

Vous allez démarrer votre parcours par la compétition la plus dure. Quels sont vos objectifs ?

M.L. : Je parlais récemment avec Pepe Sanchez, un basketteur célèbre, il me disait qu'au plus haut niveau, vous devez préparer une équipe à être compétitive à tout moment. Après, on peut perdre ou gagner, mais vous vous devez d' être "dans le match" à chaque occasion, pour saisir les opportunités qui se présentent.

Quelle est votre position à propos des Argentins exilés ?

M.L. : Nous nous sommes mis d'accord avec le Comité Directeur de l'UAR pour sélectionner des joueurs de l'étranger uniquement si nous avons besoin d'eux. Par exemple, nous avons un manque de profondeur en première ligne, c'est pourquoi nous avons l'oeil sur Juan Figallo des Saracens et Ramiro Herrera du Stade Français . Si nous avons besoin d'autres joueurs, nous demanderons l'autorisation au Comité Directeur , mais ce ne sera que dans un cas de force majeure.

Comment jouera votre équipe ?

M.L. : Chaque équipe doit pouvoir s'adapter à tous les styles si ses fondations sont solides. Vous devez avoir une grosse défense, une bonne possession et un système de jeu qui vous permet d'inscrire des points. Vous devez être le plus efficace possible pour transformer vos occasions en points. Pour moi, le défi est que les joueurs montent en intensité et imposent cette intensité à tous leurs adversaires.

Quels sont les points faibles de votre équipe ?

M.L. : En Super Rugby, nous avons rivalisé avec les franchises néo-zélandaises, sud-africaines et australiennes. Mais au niveau international, leurs équipes sont plus redoutables car elles ont un banc de touche très performant. La différence se fait là. C'est la différence entre les trois grandes nations du sud et des équipes comme la France, le pays de Galles ou l'Angleterre d'ailleurs. Mais les rugbymen argentins ont des atouts qui ne s'achètent pas : leur passion du rugby notamment.

Nous avons besoin de victoires évidemment, mais s'il y aune chose que j'ai appris de Michael Cheika avec les Wallabies c'est qu'il faut se focaliser sur le contenu, sur le jeu et la manière et non pas su rle résultat à tout prix. La victoire ne peut être que la conséquence de l'excellence du contenu.

Qu'avez vous appris de l'ère Hourcade ? Y a-t-il des choses à garder ?

M.L. : Le changement le plus visible depuis son arrivée, ce fut ce désir d'attaquer, de marquer des essais contre tous les adversaires, même si ça n'a pas trop marché cette année. Ce fut un changement de philosophie plutôt bien pris par les joueurs, personnellement j'aime l'attaque et je suis même prêt à relancer de mon propre en-but. En fait, nous commençons à produire beaucoup d'arrières et d'ailiers de qualité alors qu'à mon époque, on formait surtout de bons piliers. Je continuerai donc à jouer un rugby d'attaque.

La Coupe du Monde approche à grand pas, qu'en pensez-vous ?

M.L. : C'est trop tôt pour en parler. Il faut d'abord créer une identité, mais en fait ce que nous ferons à la Coupe du Monde va dépendre de ce qui va se passer à partir d 'aujourd'hui.

En devenant sélectionneur, vous rendez-vous compte dans quoi vous vous êtes embarqué ?

M.L. : Oui, bien sûr . Mais je sais aussi que tout ce que j'ai fait, je l'ai fait pour au final, me retrouver dans cette position. Je sais qui m'a aidé à venir jusqu'ici et je sais quels sacrifices ces personnes ont fait pour m'aider à atteindre ce but.

Propos Recueillis par Frankie DEGES

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