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Irlande: Jonathan Sexton, la clé de voute du système irlandais

Sexton, la clé de voute du système irlandais
Par AFP

Le 07/10/2015 à 18:06Mis à jour Le 07/10/2015 à 18:14

COUPE DU MONDE - Indispensable chef d'orchestre du jeu irlandais, l'ouvreur Jonathan Sexton doit sa carrière et ses succès à son caractère bien trempé et son inextinguible soif de victoires, quitte à consumer son entourage par son exigence.

A 30 ans et 55 sélections, Jonathan Sexton est au sommet de son art avec le maillot vert, avec son pied en or et ses mains soyeuses. A tel point que l'ouvreur est identifié comme la clé de voûte du système irlandais avant le choc de Coupe du monde face à la France, décisif pour l'attribution de la première place du groupe D, dimanche à Cardiff. "Je connais plutôt bien mon travail sur la pelouse mais Jonny sait où doivent se trouver les 14 autres joueurs, à n'importe quel moment du match. C'est le garant de notre jeu", résume le capitaine du XV du Trèfle Paul O'Connell.

Jonathan Sexton, l'ouvreur de l'Irlande

Jonathan Sexton, l'ouvreur de l'IrlandeIcon Sport

Avant de devenir incontournable, Sexton a toutefois dû jouer des coudes, en s'appuyant sur son talent mais aussi sur une haine tenace de la défaite, moteur de ses heures d'entraînement. "Jonny est le plus grand compétiteur que vous n'ayez jamais vu, c'est un travailleur incroyablement acharné", décrit ainsi O'Connell.

Des gestes venus "de nulle part"

C'est ce refus d'abandonner qui lui vaudra son premier moment de gloire, à 16 ans, sur le terrain de Lansdowne Road qu'il fréquentera tant par la suite. Alors élève du Saint Mary's College de Dublin, Sexton réussit un drop victorieux à la dernière seconde de la finale de la Coupe des écoles du Leinster. Dans un petit documentaire consacré au prodige, son mentor et entraîneur de l'époque, Richie Hughes, se souvient: "Il a sorti ce geste comme ça, de nulle part. Tous les autres élèves dans les tribunes ont dû rêver d'être à sa place à ce moment-là. Mais pour lui, ça semblait normal".

Jonathan Sexton, énorme face à l'Angleterre

Jonathan Sexton, énorme face à l'AngleterreIcon Sport

Son deuxième coup d'éclat se produit sept ans plus tard, en 2009, à la faveur d'un concours de circonstances qui mettra en avant sa force mentale. En Irlande, les gens aiment bien cette histoire, explique le demi de mêlée franco-irlandais de Grenoble James Hart. "Il était en fin de contrat et pendant la demi-finale de Coupe d'Europe face au Munster, (l'ouvreur titulaire Felipe) Contepomi se blesse", raconte-t-il. Sexton entre et qualifie le Leinster. "Il fait ensuite un super match en finale contre Leicester (11 points au pied dont un drop de 50 m, NDLR). C'est ce qui le relance complètement".

Installé en club, il se taille au caractère une place en sélection, en nourrissant une relation houleuse avec Ronan O'Gara, son aîné et titulaire du N.10 qu'il finit par déloger. "Il y a eu beaucoup de compétition entre nous. Au début, je n'aimais pas Jonathan et il ne m'aimait pas", rappelle volontiers "ROG", qui entretiendra des meilleurs rapports avec Sexton en devenant un de ses entraîneurs au Racing-Métro. Il est vrai aussi que le tempérament de Sexton sur le terrain n'est guère réputé accommodant.

Une "muraille de certitudes"

"On a passé quelques matches à se crier dessus", relève dans son autobiographie le légendaire centre irlandais Brian O'Driscoll. "L'incroyable instinct de compétiteur de Jonny finissait parfois par le dévorer. C'était dur de percer la muraille de certitudes qu'il avait construite autour de lui, cette conviction d'avoir tout le temps raison".

Brian O DRISCOLL Danie Rossouw et Jonathan Sexton - irlande afrique du sud - 28 novembre 2009

Brian O DRISCOLL Danie Rossouw et Jonathan Sexton - irlande afrique du sud - 28 novembre 2009Icon Sport

Ses partenaires au Racing-Métro, où il passé deux saisons décevantes avant de rentrer en Irlande en juin dernier, se souviennent ainsi du goût modéré de l'individu pour la diplomatie. "Il est très dur avec lui-même et donc avec les autres aussi", confirme, sourire aux lèvres, le centre Alexandre Dumoulin. Sûr de lui et de son fait, l'ouvreur est effectivement la première victime de son exigence. Interrogé sur une passe mal ajustée de l'ouvreur il y a deux semaines face au Canada, le sélectionneur Joe Schmidt a assuré que Sexton allait "se le reprocher particulièrement, alors qu'il a fait au moins 30 autres choses très positives". Avant d'ajouter: "Mais c'est ce qui le fait avancer et c'est aussi comme ça qu'il fait avancer toute l'équipe".

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