• Champions Cup - Wenceslas Lauret (Racing 92)
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    Bernard Le Roux (Racing 92).

Lauret : "Une fois que le cerveau est brûlé, il n’y a plus rien à faire"

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TOP 14 - A quelques jours d’affronter le Leinster en Champions Cup, le flanker international du Racing 92 revient sur le récent témoignage d’Alexandre Lapandry, évoque la problématique des commotions cérébrales et parle de Bernard Le Roux, son coéquipier dans les Hauts-de-Seine. A ses yeux, le sujet n’est plus "tabou" dans les vestiaires du Top 14…

Vous affronterez le Leinster ce week-end et retrouverez samedi, au Havre, votre ancien coéquipier Johnny Sexton. Quel souvenir gardez-vous de lui ?

C’est un joueur brillant, qui adore diriger sur le terrain. Il a eu de très bons résultats avec le Leinster ou l’équipe d’Irlande. Il ne faudra pas le regarder et même directement le défier, pour le faire sortir de son match. Car il a tendance à sortir de ses matchs quand on l’agresse un petit peu trop…

Vous avez disputé quatre finales de coupe d’Europe dans votre carrière : trois avec le Racing et une avec Biarritz en 2010. Est-ce devenu une obsession, pour vous ?

Non mais j’ai des regrets, évidemment. J’aurais aimé pouvoir en soulever une. Peut-être qu’un jour, ça sourira…

Top 14 - Wenceslas Lauret (Racing 92)
Top 14 - Wenceslas Lauret (Racing 92)

Vous avez 33 ans. Est-ce votre dernière saison ?

Je ne sais pas… Dans quelques mois, je pourrais être "joker coupe du monde" avec le club et après, j’aurais peut-être une opportunité de partir à l’étranger. On verra. […] J’aimerais un jour découvrir le Japon. J’aime bien la culture. Il y a peu de matchs là-bas, peu d’argent aussi… (rires) Tous les critères sont réunis pour jouer au rugby. Yoan Maestri y est d’ailleurs parti en deuxième division et je crois que ça passe bien pour lui. Mais ma priorité, c’est de bien terminer avec le club.

Vous êtes très proche de Bernard Le Roux, récemment arrêté six mois en raison d’une commotion cérébrale. Comment avez-vous vécu cette nouvelle ?

J’étais évidemment très attristé attristé mais attention, la décision finale n’est pas encore prise. Il a six mois d’arrêt et au terme de cette période, le neurologue décidera ce qu’il en est de la carrière de Bernard. Ce qui est sûr, c’est qu’il a besoin de soutien moral. Dans ce genre de période, on se sent isolé. Pour avoir été arrêté trois mois pour le même problème, je le sais.

Bernard Le Roux (Racing 92).
Bernard Le Roux (Racing 92).

Est-ce pour lui rendre hommage que vous portez désormais un casque rouge, alors que vous étiez en bleu auparavant ?

Oui, c’est pour lui.

Discutez-vous des problèmes de commotions cérébrales, entre joueurs ?

Bien sûr. Ce n’est pas un sujet tabou. Il faut en parler pour éviter d’aller trop loin et que cela devienne un jour irréversible. Une fois que le cerveau est brûlé, il n’y a plus rien à faire. J’essaie donc de faire le plus possible de prévention, autour de moi. […] La bêtise du joueur, c’est de sentir indispensable, de penser que si l’on ne joue pas, on perdra notre place dans l’effectif. Mais ce genre de comportement met notre intégrité en péril.

Avez-vous déjà repris trop tôt ?

Oui. On est des compétiteurs avant tout. Des fois, on ne s’écoute pas assez… Et puis, on peut tricher aussi en faisant des tests médicaux : quand on nous demande si on a mal la tête, on répond "non" alors qu’on a des migraines à ne plus en pouvoir. A ce sujet, les mentalités doivent encore évoluer.

Les attitudes ont-elles changé sur le terrain, vis à vis des commotions ?

Oui. Quand j’ai commencé, on faisait une commotion et on restait sur le terrain. Le coach nous félicitait parce qu’on avait été brave. Ca se passait comme ça, avant. Je me rappelle qu’un jour, Thierry Dusautoir avait pris une grosse commotion et s’était relevé. Il avait continué, il avait plaqué… Personne ne l’avait mis en garde. On ne connaissait les risques, à l’époque.