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À La Rochelle, la greffe O'Gara peine à prendre

À La Rochelle, la greffe O'Gara peine à prendre
Par AFP

Le 21/11/2019 à 11:28Mis à jour Le 21/11/2019 à 17:44

CHAMPIONS CUP - Débarqué cet été à La Rochelle en remplacement de Xavier Garbajosa, l'entraineur irlandais Ronan O'Gara tarde à trouver la bonne formule pour relancer des Maritimes visiblement troublés avant le déplacement en Angleterre à Sale pour la 2e journée de Coupe d'Europe.

On avait quitté les Rochelais début juin à Bordeaux demi-finalistes du Top 14 contre Toulouse, futur champion. On les a retrouvés cette saison plutôt solides à domicile (4 victoires en 4 matches de championnat) mais beaucoup moins à l'extérieur (5 défaites en 5 matches), 9e du Top 14 après 9 rencontres. Puis ce week-end, le club anglais d'Exeter a débarqué en ouverture de la Coupe d'Europe. Résultat: une défaite 12-31 et des failles latentes mises en lumière.

En confiant dès l'automne dernier leur destinée au Néo-Zélandais Jono Gibbes, directeur sportif, en lui adjoignant comme entraineur principal O'Gara, ouvreur légendaire de l'Irlande (128 sélections) et du Munster âgé de 42 ans, qui a appris le métier au Racing, l'objectif des dirigeants rochelais était de clore définitivement l'ère Collazo-Garbajosa et leur héritage glorieux (demi-finales du Top 14 en 2017 et 2019, finale de la Challenge Cup la saison dernière). À eux d'écrire une nouvelle page avec un nouveau fonctionnement, de nouvelles méthodes, pour répondre à de nouvelles attentes au niveau du jeu tout d'abord, puis de résultats à moyen terme.

"C'est un management différent, une culture différente et c'est très intéressant, explique le 3e ligne Kevin Gourdon. Nous, on a une façon de travailler très particulière, je dirai. Lui, c'est anglo-saxon, c'est plus dans la précision, c'est plus cadré".

Fin de cycle ?

"Ronan (O'Gara) demande aux joueurs de relever ce défi, mais de manière positive. Les sessions de vidéo sont toujours intéressantes", appuie Gibbes, qui chapeaute l'ensemble de l'édifice et réclame à ses hommes de "la rigueur" pour assimiler les subtilités de l'entraineur O'Gara. "Son expérience en Champions Cup sera vraiment précieuse pour ce groupe", pronostique le Néo-Zélandais. Sauf que ce projet ambitieux, le groupe rochelais a vraiment du mal à se l'accaparer. La révolution est en marche lente. Le jeu léché, efficace et souvent spectaculaire qui faisait sa force depuis des années, a disparu des radars, laissant place à des maladresses troublantes, des mauvais choix et une indiscipline chronique.

"Dix-huit ou vingt ballons tombés, en Top 14, c'est trop, mais en Champions Cup c'est pire, c'est injouable, affirmait le 2e ligne Romain Sazy après le revers face à Exeter. Ça fait plusieurs week-ends qu'on a beaucoup de déchets. Il va vite falloir corriger ça". Du côté du stade Marcel-Deflandre, on se demande si les changements imposés par l'Irlandais ne sont pas trop radicaux. "Ronan a mis en place un système défensif complètement différent de ce qui était pratiqué jusque-là, coupe Gibbes. Je trouve que les joueurs adhèrent au projet et ont répondu très positivement. S'ils ne nous comprenaient pas, ils ne continueraient pas à travailler les uns pour les autres".

Se voulant rassurant, le pilier Arthur Joly estime lui que c'est surtout du temps qui manque aux Maritimes pour assimiler et corriger leurs erreurs. Cependant, l'idée d'un groupe arrivant en bout de course, usé mentalement, semble aussi faire son chemin. Durant l'intersaison, la Rochelle a injecté peu de sang neuf avec trois arrivées seulement. Le club a aussi laissé une dizaine de joueurs dans l'expectative, à un an de la fin de leur contrat. L'ailier Vincent Rattez, qui rejoindra Garbajosa à Montpellier la saison prochaine, a promis de tout donner pour les Jaune et Noir jusqu'à la fin de la saison.

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