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Champions Cup - Manuel Carizza (Lyon) : "Je suis content de tourner la page mais ça va me manquer"

Carizza : "Je suis content de tourner la page mais ça va me manquer"

Le 05/12/2018 à 09:28Mis à jour Le 05/12/2018 à 10:37

CHAMPIONS CUP - Le deuxième ligne argentin disputera ce samedi le dernier match de sa carrière sur la pelouse de Gerland, à l’occasion de la réception des Glasgow Warriors par le LOU, en Champions Cup.

Manuel Carizza a murement réfléchi sa décision et raccrochera les crampons après avoir évolué à Biarritz, au Racing, aux Stormers, avec la Western Province, à nouveau au Racing et puis à Lyon, sans oublier ses 46 sélections avec les Pumas.

Rugbyrama : Cette décision de raccrocher à l’issue de ce match était-elle programmée ?

Manuel Carizza : C’était prévu depuis un mois et demi. Mon premier contrat comme joker de Virgile (Bruni) finissait le 30 octobre mais je me suis fait prendre par la commission (3 semaines de suspension pour avoir "frappé" avec son avant-bras le joueur de Cardiff Jarrod Evans le 14 octobre, ndlr). Ça ne me laissait pas la chance de rejouer avant d’arrêter. Comme Virgile s’est refait mal, le club m’a proposé de rester. Il voulait que je continue toute la saison mais je leur ai dit que si j’appréciais beaucoup, j’étais un peu fatigué. Je ne me voyais pas faire toute la saison parce que j’avais moins d’énergie. Je ne voulais pas finir en juin parce que ça fait bien de finir en juin… Je voulais garder le respect de mes coéquipiers, du staff et finir en me sentant bien, en profitant. On a décidé ensemble la date de Glasgow qui me permettait de faire un match et d’arrêter.

Il n’y a donc pas de frustration, c’est un choix murement réfléchi ?

M.C. : Je suis très content d’avoir pris cette décision. Ça fait un bon moment que je joue au rugby. Je suis arrivé en 2005 (à Biarritz, ndlr) et j’ai envie de passer à autre chose. Je suis jeune pour la vie courante, pour le rugby peu moins (sourires). Je sais que j’ai beaucoup d’énergie mais pour faire autre chose, pas pour le rugby. J’ai de moins en moins envie. Je voulais finir bien.

L’après avait déjà été anticipé, en quoi va-t-il consister ?

M.C. : Je pense à l’avenir depuis déjà un petit moment. J’ai fait des investissements avec des amis en Argentine. On travaille sur une application pour la gestion d’immeubles que l’on essaie de faire venir en France. Avec peu de temps de temps, ce n’est pas facile de la développer donc je m’appuie beaucoup sur mes amis. Je vais peut-être pouvoir y passer plus de temps pour la faire grandir.

Donc un avenir entre l’Argentine et la France…

M.C. : Pour l’instant on va rester en France. On va partir en Argentine profiter de l’été, de la famille et des fêtes avec ma femme et ma fille. Fin février, on rentrera à Paris où l’on a gardé la maison. Après, on verra si on reste à Paris ou si l’on déménage ailleurs. On ne se prend pas la tête. On essaie de profiter de cette semaine d’abord, puis des vacances et de la famille qui me manque beaucoup depuis si longtemps.

Quand vous regardez derrière, c’est un parcours qui vous rend fier ?

M.C. : Oui bien sûr. Je n’ai pas encore pris le temps d’y réfléchir. Ce n’est pas encore fait. Avec le temps, je me ferais une petite rétrospective. Je suis très fier de la carrière que j’ai faite. Surtout, avoir eu la chance de jouer au plus haut niveau et aussi d’avoir grandi en France. J’y suis venu à l’âge de 20 ans. Je suis devenu l’homme que je suis en France donc je remercierais toujours le pays et le rugby pour m’avoir tout appris.

Avec des clubs qui ont compté dans votre carrière.

M.C. : Oui, j’ai passé beaucoup de temps à Biarritz où je suis resté sept ans. J’ai peut-être plus joué au Racing et c’est plus récent mais je n’oublierais jamais Biarritz qui est le premier club qui m’a accueilli, et où il y a pleins de gens que j’adore. Ce sont deux histoires différentes. J’avais déjà connu le Racing en tant que joker puis je suis parti aussi en Afrique du Sud où j’ai beaucoup appris et profité. C’est vrai qu’à mon retour en France, je me sentais un peu plus expérimenté. J’avais une autre place dans l’équipe et ça me plaisait beaucoup. J’en ai beaucoup profité. Je n’oublierais jamais non plus le LOU qui m’a ouvert les portes pour m’exprimer. Ils m’ont donné une place que j’apprécie beaucoup. Ils ont eu le courage de me signer (sourires).

Vous aspiriez à faire carrière dans le rugby ?

M.C. : Oui, depuis l’âge de 15-16 ans j’ai toujours rêvé de faire ça. J’avais continué mes études en Argentine mais j’ai dû arrêter quand je suis venu en France. Je suis très content d’avoir pu le faire et d’être là où j’en suis.

Cette dernière semaine est forcément particulière ?

M.C. : J’ai beaucoup plus d’énergie que d’habitude. J’ai moins mal au dos et aux jambes (rires). Tout est plus facile cette semaine parce que je sens le soutien des copains. Je suis très content de pouvoir partager ça avec eux et ça me rend heureux d’avoir une dernière chance. Ils me rappellent tous les jours que c’est ma dernière séance de muscu, de mêlée ou de maul. J’essaie de profiter de ça car même si je suis content de tourner la page, je sais que ça va me manquer, comme la vie de groupe car on a une vie privilégiée. J’essaie de profiter à fond de ces derniers moments.

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