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TOULON - Juan Martin Fernandez Lobbe, cerveau argentin et coeur toulonnais

Fernandez Lobbe, cerveau argentin et coeur toulonnais
Par AFP

Le 05/04/2016 à 09:15Mis à jour Le 06/04/2016 à 09:47

CHAMPIONS CUP - "Mémoire" du RC Toulon, "héros" du rugby, "intelligent" et plus qu'"indispensable", Juan-Martin Fernandez-Lobbe suscite les commentaires dithyrambiques dans une ville qu'il a adoptée et défendra encore en Coupe d'Europe, dimanche en quarts contre le Racing.

Depuis qu'il est arrivé sur la rade, Juan Martin Fernandez Lobbe est indispensable au RCT. "Je suis un vrai Toulonnais, depuis sept ans que je suis là, et j'ai deux petits Toulonnais à la maison", dit-il dans un français parfait mâtiné d'accent "gaucho". Ses deux fils sont nés à Toulon, où il est arrivé en 2009 de Sale, auréolé d'un titre de champion d'Angleterre.

Deuxième joueur le plus ancien de l'effectif, après Jocelino Suta (là depuis 2008), Fernandez-Lobbe, âgé de 34 ans, est "la mémoire du groupe, le porteur de l'anneau", pour son président Mourad Boudjellal. Il s'est "parfaitement intégré à la ville", ajoute le dirigeant, "il dit même "on craint degun"" (on n'a peur de personne), une des expressions phares sur la rade. "Comme on dit chez nous, il a prouvé qu'il méritait l'estampille", juge Eric Champ, lui-même ancien troisième ligne emblématique du crû. Car au-delà du modèle d'intégration, l'Argentin est un joueur formidable. "Au rugby il y a les stars et les héros, lui c'est un héros", s'enflamme Champ (42 sélections).

Juan Martin Fernandez Lobbe (Toulon) face à Bath - 10 janvier 2016

Juan Martin Fernandez Lobbe (Toulon) face à Bath - 10 janvier 2016Icon Sport

" C'est pour gagner qu'on fait du sport professionnel, sinon on joue à la baballe..."

"Lobbe n'est pas un joueur indispensable, c'est pire que ça, c'est autour de joueurs comme lui qu'on bâtit une équipe, comme l'ont fait intelligemment les Pumas", ajoute le champion de France 1987 et 1992 avec le RCT. L'Argentin "sait tout faire", enchaîne Champ, "il a l'élégance, l'intelligence, et il est capable de faire rebondir le jeu". Le "porteur de l'anneau" a laissé un geste décisif dans la légende toulonnaise, ce ballon crucial arraché des mains du Clermontois Sitiveni Sivivatu et tout de suite donné à Delon Armitage pour l'essai victorieux de la première des trois Coupes d'Europe du RCT, en 2013.

Gros compétiteur, Fernandez Lobbe se délecte de retrouver "les matches les plus beaux à jouer" en cette fin de saison où le RCT veut encore tout gagner. "Quand il a prolongé son contrat il y a trois ans, je lui avait dit, en se tapant dans la main: "Trois ans, trois titres", ça fait quatre", raconte Boudjellal. Car "c'est pour gagner qu'on fait un sport professionnel, sinon on joue à la baballe chez nous", appuie Lobbe. Il a été capitaine du RCT, mais répète à l'envi que ce qui compte, c'est ""de s'envoyer" pour les autres".

Juan Martin Fernandez Lobbe (Argentine) - 25 octobre 2015

Juan Martin Fernandez Lobbe (Argentine) - 25 octobre 2015Icon Sport

" Dans le Sud, les gens ont le contact facile, pas comme à Sale, c'est sûr "

"Ici, personne ne se prend pour une star", martèle-t-il, "sur le terrain on s'entraîne tous pareil, on doit tous avoir la même humilité, on est là pour travailler, s'envoyer pour les mecs à côté. Le rugby c'est comme ça, on est tous pareils, on s'en fout des noms, de l'âge, des sélections". Lui en compte 71 avec l'Argentine (5 essais), et trois Coupes du monde, dont une troisième place historique en 2007. D'expérience, il sait que cela va être très, "très dur d'aller au Racing, mais une fois que tu as commencé à gagner, tu te dis: "Ah, c'est bon ça!" Et tu as envie de recommencer".

Bref, tout va bien pour Fernandez-Lobbe, qui a prolongé encore d'une année, jusqu'en 2017. Tout, même la viande, même si "vous êtes fous de la manger saignante!", plaisante-t-il. Là aussi il s'est adapté: il prend en boucherie la coupe à la française (les Argentins ne taillent pas les mêmes morceaux). "Ma famille et moi on se plaît beaucoup ici, on est latins, on a les mêmes racines. Dans le Sud, les gens ont le contact facile, pas comme à Sale, c'est sûr (rires)". Il charrie les Anglais ? C'est un vrai Toulonnais.

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