Top 14 - Projet culturel, opération financière… Bayonne prépare sa délocalisation annuelle à Anoeta (Saint-Sébastien) face à Toulon

  • L'an dernier, l'Aviron avait joué face à Pau, à Anoeta.
    L'an dernier, l'Aviron avait joué face à Pau, à Anoeta. - Icon Sport
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L’Aviron bayonnais va délocaliser la réception de Toulon, le 31 mars prochain, à Saint-Sébastien, un an après son match joué dans le même stade face à Pau. Le président Philippe Tayeb a pour ambition de renouveler l’expérience chaque année.

Dans maintenant un peu plus d’un mois, l’Aviron bayonnais va quitter, le temps d’un soir, son stade Jean Dauger, pour migrer 50 kilomètres plus bas en Hegoalde (Pays basque sud, NDLR). Près d’un an, jour pour jour, après sa précédente délocalisation contre Pau (25 mars), le club ciel et blanc a cette fois choisi la rencontre face à Toulon (31 mars) pour se rendre à Anoeta, l’enceinte habituellement occupée par les footballeurs de la Real Sociedad. “C’est une forme de continuité dans la relation que nous avons avec ce club et la ville de Saint-Sébastien”, raconte le président de l’Aviron bayonnais, Philippe Tayeb. Mi-février, ce dernier était aux côtés d’Eneko Goia (maire de Saint-Sébastien) et Jokin Aperribay (président de la Real Sociedad), pour une conférence de presse afin d’évoquer cet événement, dans les salons de la capitale du Guipuzcoa.

Sixième délocalisation

Depuis 2009, le club ciel et blanc a délocalisé cinq de ses rencontres dans ce stade capable d’accueillir 39 500 personnes. “Ce sera la sixième et nous voulons nous inscrire dans la durée de ce projet sociétal, sportif et culturel envers la population basque espagnole et les amateurs de rugby, poursuit Tayeb. Nous voulons construire une relation durable dans le temps. Nous en avons besoin économiquement, mais pas que. Un événement comme ça, fait la promotion du rugby en Espagne. Il répond à une forme de culture basque qui peut tourner autour du sport, du rugby et de l’Aviron bayonnais. Il nous permet d’être exposés côté espagnol et même médiatiquement, au-delà des frontières du Pays basque français.”

La manœuvre est aussi financière. En allant jouer à “Sansé”, Bayonne peut accueillir trois fois plus de personnes qu’à Jean Dauger, et donc, générer plus de recettes, même si la location de l’enceinte à un coût. “Je ne donnerai pas de chiffres, mais l’opération est très bonne pour le club, glisse le dirigeant. Nous avons 600 partenaires annuels, 900 avec les ponctuels, 8 000 abonnés et on travaille tous les jours pour construire cette vraie économie qui ne nous met pas dans la dépendance d’une personne ou d’un partenaire. Si on fait ça, c’est dans l’intérêt de l’Aviron bayonnais.”

La venue de La Rochelle avait aussi été évoquée

Si c’est la rencontre face à Toulon qui aura les honneurs du stade Anoeta, le week-end du 23/24 mars, avec la réception de La Rochelle et son public qui se déplace souvent en masse, avait aussi été étudié par les dirigeants de l’Aviron. Mais à la même date, la Korrika (une course pour la promotion de la langue basque) arrive à Bayonne. “On travaille main dans la main avec la Mairie et on n’allait pas faire un événement supplémentaire qui serait venu embêter les participants, les abonnés, la mairie et l’agglomération, indique Tayeb. Toulon, au-delà d’un match de rugby, c’est une fête, la réception d’une grande équipe, qui est portée par un enfant du pays, formé à Bayonne (Charles Ollivon). C’est important d’avoir le capitaine de l’équipe de France dans cette équipe-là. Ça tombe un dimanche soir, sur un week-end férié. La médiatisation, un dimanche soir à 21 heures, c’est bien pour nos annonceurs et pour l’image de l’Aviron”.

Ce sera la première fois de la saison que l’équipe entraînée par Grégory Patat aura les honneurs de ce créneau en “prime time”, après avoir déjà joué deux fois le samedi à 21 heures, contre Toulouse et Clermont. “Aujourd’hui, parce que l’Aviron grandit, Canal demande à ce qu’on soit diffusé une, deux ou trois fois le dimanche soir. Ça prouve que l’Aviron intéresse, et pas que localement. Ça intéresse nationalement. C’est une forme de récompense du travail fait depuis quatre ou cinq ans”, détaille le président.

Tayeb : “L’année dernière, la fête fut belle, même si elle a été entachée d’une défaite”

Reste à savoir dans quelles proportions les supporters de l’Aviron feront le déplacement en ce week-end de Pâques. Mi-février, environ 70 % des billets avaient trouvé preneur, puisqu’il restait autour de 12 000 places à la vente. “Ce serait dommage que les supporters, avec l’enjeu du match, ne se déplacent pas, pense Tayeb. On en a besoin économiquement et sociétalement.”

Pour l’occasion, l’Aviron a prévu des bus et un TER de 1 000 places qui partira de Bayonne, jusqu’à Hendaye, où le topo assurera ensuite la dernière partie du voyage. La caravane de l’Aviron se déplace, aussi, depuis maintenant quelques jours dans les stations de ski, en Espagne, dans les villages à l’intérieur du Pays basque, pour faire la promotion de l’événement.

Et le sportif, dans tout ça ? “L’année dernière, la fête fut belle, même si elle a été entachée d’une défaite, estime Tayeb. Les joueurs étaient très déçus de perdre, mais ils avaient vite exprimé leur envie d’y revenir. Pour un sportif, c’est toujours une chance de jouer devant 38 000 personnes. J’espère donc qu’on sera au rendez-vous, mais si tout était écrit et calculé, ce serait facile d’être champion de France…

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Les commentaires (1)
Jerome64100 Il y a 1 mois Le 27/02/2024 à 17:43

Pour aller a Jean Dauger il faut attendre que les Abonnés qui ont déja leurs places soient servis pour leurs copains..si tu ne connais pas un abonnés tu n'es rien !!! donc anoeta nous n'irons pas!