Coupe du monde de rugby 2023 - Cameron Woki (XV de France), qui sera chez lui à Saint-Denis : "Laisser de côté les émotions"

Par Nicolas Zanardi
  • Cameron Woki tout en décontraction à l'entraînement avec Jonathan Danty
    Cameron Woki tout en décontraction à l'entraînement avec Jonathan Danty Midi Olympique - Patrick Derewiany
Publié le Mis à jour
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Le deuxième ligne du XV de France, qui s’attend logiquement à un énorme combat stratégique en touche face au meilleur contre de la compétition, a affiché malgré tout une belle sérénité à 24 heures de ce quart de finale contre l’Afrique du Sud.

On a beaucoup parlé ces dernières semaines du relatif manque de densité de votre association avec Thibaud Flament. Vous allez être confronté dimanche à ce qui se fait de mieux au monde… Comment l’appréhendez-vous ?

On s’attend à un match rude et physique, face à une deuxième ligne très costaude qui a accumulé beaucoup de temps de jeu et gagnée des titres ensemble. À Marseille, contre eux, on avait réussi répondre collectivement à répondre à leur défi physique. Demain, l’enjeu sera énorme, c’est un quart de finale de Coupe du monde. C’est une raison de plus de répondre présent dans le défi que nous présentera cette deuxième ligne qui se complète très bien.

Dans quel état d’esprit avez-vous senti vos coéquipiers cette semaine ?

Il y a pas mal d’excitation, mais en tout cas on est là où on a envie d’être. La semaine s’est passée comme d’habitude, on s’est entraîné de la même façon, la préparation est juste différente dans les têtes. C’est un match de phases finales, à élimination directe, de ceux qu’on a toujours envie de jouer, que ce soit en club ou en sélection. On fait ce sport pour vivre ce genre d’émotion. J’ai senti l’équipe plutôt calme, on s’est bien resserré entre nous, on a beaucoup parlé de la conquête qui sera plus qu’importante. Et puis, on reste des humains, alors il faut profiter de chaque instant.

D’où vous vient cette sérénité, alors que l’enjeu sera immense pour le XV de France ?

On est assez serein parce que la plupart des joueurs qui sont là ont déjà joué des phases finales. On a la chance d’avoir beaucoup de Toulousains qui en jouent tous les ans (il jette un clin d’œil taquin à Peato Mauvaka, NDLR). On a beaucoup de joueurs habitués à ce genre de rendez-vous, même si au final on n’est pas tant que ça à avoir déjà connu un quart de finale de Coupe du monde (6 étaient là en 2019, NDLR). On est détendu, parce que ça reste du rugby. Il n’y a pas plus de pression que cela à se mettre, tout va bien (sourire).

Pour revenir aux Sud-Africains, le défi s’annonce particulièrement compliqué en touche, où les Sud-Africains affichent le meilleur contre de la compétition avec 17 ballons volés...

On passe beaucoup de temps à analyser nos adversaires. On sait effectivement que l’Afrique du Sud est l’équipe qui a contré le plus de ballons depuis le début de l’alignement, avec ces deux grands blocs qu’ils organisent autour de Mostert et Etzebeth. Après, en touche, il y a toujours des alternatives et des issues, parce qu’on ne peut pas bloquer partout. À nous de chercher et trouver ces issues. L’objectif sera d’abord d’assurer nos ballons offensivement, ensuite d’essayer de les gêner un peu en défense. J’espère que cela se passera bien… En tout cas, c’est très plaisant pour moi que de me confronter aux meilleurs alignements possibles. Pour ma progression personnelle, c’est génial, et ça doit aussi permettre de souligner l’efficacité collective de notre équipe.

Jouer ce quart de finale chez vous à Saint-Denis rend-il ce rendez-vous encore plus fort sur le plan de l’émotion ?

Bien sûr que c’est important pour moi. Je suis né à Saint-Denis, ça ne peut être qu’important pour moi que de jouer ce genre de match à la maison, en Ile de France. Je suis fier d’appartenir à cette région. Ça n’a pas toujours été facile mais je suis content de ce que moi et d’autres ont pu accomplir en étant originaires d’ici, et à ce que d’autres feront encore bientôt. Il y aura beaucoup d’émotion. Cela peut me booster, mais il faudra aussi la laisser de côté au bon moment car le plus important restera le match.

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