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Dupichot : "J’ai toujours été habitué à la concurrence"

Dupichot : "J’ai toujours été habitué à la concurrence"
Par Rugbyrama

Le 03/08/2022 à 13:36Mis à jour Le 03/08/2022 à 13:37

TOP 14 - En manque de temps de jeu la saison passée, le trois-quarts francilien âgé de 26 ans est prêt à retrouver son meilleur niveau à un an de la fin de son contrat.

Comment se passe la préparation du groupe ?

Depuis que la pré-saison a commencé, on fait beaucoup de préparation physique, de cardio et de musculation. La préparation est dure. On essaie de se remettre dans le meilleur chemin possible pour gagner des titres. Tout le monde travaille de plus en plus. Entre les nouveaux joueurs et les internationaux qui reviennent, des mecs arrivent chaque semaine. Le groupe n’est pas encore au complet mais on sent une bonne énergie. La saison va commencer dans un mois. Il va falloir se préparer à refaire un peu de contact. On a touché un peu de ballons mais on travaille surtout la performance physique pour l’instant.

Après la défaite en demi-finale de Champions Cup et l’élimination en barrage de Top 14, quel regard portez-vous sur la saison passée ?

Nos saisons se ressemblent un peu. On a quand même la chance de pouvoir se qualifier tous les ans depuis notre montée dans l’élite. C’est bien pour le club et il ne faut pas le négliger. Mais au Racing, ça ne suffit pas d’être simplement qualifié. On veut gagner des titres. C’est pour ça qu’on joue au rugby, pas pour être sixième. Je préférerais être champion une année et ne pas me qualifier l’année suivante. Il faut être lucide. Depuis 2016, on n’arrive pas à clôturer nos exercices de la meilleure des façons. Cette année, c’était bizarre. On n’a pas très bien commencé, puis on a enchaîné plusieurs victoires. Quand on regarde la demi-finale de Coupe d’Europe, ça s’est joué à peu de choses, même si j’étais très content pour La Rochelle qui finit champion. A Bordeaux, on a explosé après avoir été longtemps dans le coup. A nous d’apprendre de nos erreurs. Il nous manque quelque chose. Cette année, on a modifié notre manière de bosser. Plusieurs mecs sont partis, d’autres sont arrivés. Avec un bon recrutement, j’espère qu’on va pouvoir prétendre à être dans les six et être champion.

L’une de ces deux défaites a-t-elle été plus difficile ?

Celle face à La Rochelle était plus dure. J’ai été aussi plus affecté par celle-ci car j’ai joué le match. Le championnat est un objectif mais la Coupe d’Europe est encore un cran au-dessus. On aimerait tellement faire partie de cette première équipe du Racing qui apporte l’étoile. A Bordeaux, on a pris plus de 35 points et on a craqué. Face à La Rochelle, on était dans le match jusqu’au bout. La défaite était plus dure à digérer.

Ce n’est pas non plus la première fois que votre équipe n’arrive pas à aller au bout en Coupe d’Europe.

Depuis qu’on est remonté dans l’élite, tout le travail de Jacky Lorenzetti et des différents entraîneurs a permis de bâtir un club qui performe mais qui manque de précision dans les moments importants, comme en 2016, 2018 et 2020 (dates des finales européennes, N.D.L.R). Ça prouve qu'on n'est vraiment pas loin mais il nous manque le déclic.

A titre personnel, vous n’avez joué qu’une quinzaine de matchs la saison passée. Avez-vous de la frustration ?

C’était spécial pour moi. Je n’ai pas pu jouer les deux premiers matchs car je m’étais fait mal à l’épaule au Supersevens. Je reprends pour le troisième à Biarritz et je me casse la clavicule. Je n’ai pas pu rejouer avant janvier et j’ai manqué énormément de matchs pendant presque quatre mois. Ce n’était pas évident de se faire une place quand j’ai rejoué. J’avais beaucoup de frustration. Ce n’était pas comme si j’étais à l’entraînement tous les jours sans être sur la feuille. Quand tu es blessé, la frustration est différente. J’ai pu jouer la demi-finale de Coupe d’Europe alors que je n’étais pas forcément en grande forme. J’ai passé une année où c’était compliqué d’être performant avec deux grosses blessures.

Vous ne vous attendiez pas à jouer la demi-finale ?

Pas trop. On ne sait jamais ce qui peut se passer. Avec la blessure de Max Spring, j’ai eu la chance de la jouer. Je n’étais pas le choix numéro un. Il y a des saisons où tu fais peu de matchs. Ce n’est pas ce qu’on souhaite mais ça fait partie du rugby.

Louis Dupichot échappe à Antoine Dupont lors de la victoire du Racing 92 à Toulouse (15-20) le 29 janvier 2022.

Louis Dupichot échappe à Antoine Dupont lors de la victoire du Racing 92 à Toulouse (15-20) le 29 janvier 2022.Icon Sport

Comment vivez-vous la révélation de Max Spring qui a fait ses débuts avec le XV de France ?

Max ajoute une concurrence supplémentaire. Je suis très content pour lui. C’est un mec superbe, jeune, prêt à bosser, et très performant. J’espère qu’il fera une grosse carrière. J’ai toujours été habitué à avoir énormément de concurrence à l’arrière au Racing, que ce soit quand il y avait Brice Dulin, Johan Goosen, Simon Zebo, ou Kurtley Beale. Et à l’aile, je n’en parle même pas, avec Marc Andreu, Juan Imhoff et Teddy Thomas. Ça a été compliqué mais ça ne m’a jamais fait peur. J’ai eu le mérite de m’accrocher et de jouer les matchs importants. Max et moi aimons bien jouer à l’arrière. Si on peut être tous les deux sur une feuille de match, lui à l’arrière et moi à l’aile en étant performants, ça peut être bénéfique pour le club.

Vous restez donc serein sans trop de pression par rapport à lui ?

Franchement, oui.

Vous sentez-vous plus à l’aise à l’arrière ou à l’aile ?

A l’arrière.

Pourquoi ?

Il y a plus de responsabilités et de libertés en attaque. Les courses sont plus tranchantes, tu fais jouer tes ailiers et tu utilises plus ton jeu au pied. Plus jeune, j’avais quelques lacunes et j’ai bossé pour jouer à l’arrière. Ce n’est pas un rôle de finisseur mais il y a plus de ballons. Mes meilleurs matchs sont à ce poste.

Que pensez-vous des départs de cadres de votre équipe comme Kurtley Beale ou Teddy Thomas ?

Je me suis régalé avec eux. J’ai beaucoup appris en jouant avec les meilleurs. Ce n’est pas évident de les voir partir, mais c’est la vie du rugbyman professionnel. Il y a de plus en plus de changements de club. Voir des joueurs de haut niveau les remplacer limite la perte.

Vous devez penser notamment au sud-africain Warrick Gelant (11 sélections), champion du monde avec les Springboks en 2019.

C’est un très bon joueur. Je suis très content que le club ait pu l’attraper dans ses filets. On le connaît, il a du gaz, beaucoup d’appuis et de la vitesse. On a d’autres recrues dont deux nouveaux talonneurs ou Cameron Woki. On a pris des joueurs confirmés et d’autres qui sont amenés à devenir très forts. Le recrutement a été intelligent.

L’arrivée de Cameron Woki a-t-elle fait parler au sein de l’équipe ?

Les transferts, ça fait toujours parler. Cameron est un jeune joueur international avec beaucoup de sélections (17, N.D.L.R). La façon dont ça s’est passé ne me regarde pas. Je n’ai pas de commentaire à faire là-dessus. Un très bon joueur arrive et s’il peut nous aider à passer un cran, je serais très content. En plus, il vient de la région parisienne, je le connais car nous avons quelques amis en commun. C’est une bonne recrue et un très bon mec.

En ce qui vous concerne, vous serez en fin de contrat avec le Racing 92 en 2023. Qu’envisagez-vous pour la suite ?

J’ai passé une saison très compliquée donc je n’en suis pas forcément à envisager une continuité dans un an. Je ne sais pas du tout. Je suis surtout concentré pour être en forme, enchaîner les matchs et être performant. On verra comment je serai physiquement et comment l’année prochaine se passera. Je ne me pose pas trop de questions quant à mon avenir. Ça fait plus de dix ans que je suis au Racing. C’est mon club, je l’adore. Ce serait très dur de le quitter.

Vous ne savez donc pas encore quel sera votre avenir dans les Hauts-de-Seine ?

J’ai presque perdu une année alors que je me sentais très bien physiquement l’an dernier. Une clavicule cassée et une rupture d’un ligament à l’épaule, ce sont les aléas du rugby. Quand j’ai été blessé au haut du corps, j’ai pu au moins bosser sur le bas du corps. Je suis motivé pour la saison prochaine avec un nouvel entraîneur (Rory Teague en charge de l’attaque, N.D.L.R). J’espère toucher un trophée à la fin.

Louis Dupichot et les Racingmen au stade du Hameau à Pau, le 30 avril 2022.

Louis Dupichot et les Racingmen au stade du Hameau à Pau, le 30 avril 2022.Icon Sport

Pensez-vous participer à nouveau au Supersevens cet été que vous avez remporté en 2020 ?

Je n’ai jamais été contre. Je l’avais fait la première année et l’année dernière où je m’étais fait mal à l’épaule à l’étape d’Aix-en-Provence. On verra ce que le club voudra et si faire une étape de seven est raisonnable. Mon but est vraiment d’être prêt pour le championnat en début de saison même si travailler à sept est bon pour se préparer. Mais c’est éprouvant. Tu peux vite avoir des entraînements surchargés.

Enfin, qu'attendez-vous de la saison prochaine ?

Gagner au moins un titre. On vise le championnat et la Coupe d’Europe. Il faudra y aller match par match et on arrivera à faire de très belles choses. Sur la saison dernière, il ne faut pas tout remettre en cause. Il y avait de bonnes choses et d’autres à améliorer comme la discipline. Ce sont des axes de progression. On va devoir les travailler.

Propos recueillis par Rayane BEYLY

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