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En finale, le Castres olympique pourra compter sur l'amour passionnel de ses supporters

En finale, le Castres olympique pourra compter sur l'amour passionnel de ses supporters

Le 22/06/2022 à 17:05Mis à jour

TOP 14 – Prêts à faire plus de quatorze heures de bus aller-retour, à dépenser beaucoup d’argent et encourager les leurs durant les temps faibles comme dans les victoires, les supporters tarnais ont un rôle important. Communiant avec leur équipe, les fans des Bleu et Blanc sont à l’image de leur club : fidèles et téméraires.

Qui se ressemble s’assemble a-t-on l’habitude de dire. Les valeurs qui ont poussé les Castrais à rejoindre le Stade de France et viser un 6e Bouclier sont proches de celles de leurs fans. Défendant un territoire à part comparativement aux grandes métropoles, ils en sont venus, à force de sacrifices et de générosité à former une véritable communauté avec des joueurs issus de la cité de Jean-Jaurès, de Graulhet, Wellington ou Montevideo. Moins nombreux que les Bordelais, moins "guichets fermés" que les Rochelais ou moins bruyants que les Catalans, les Olympiens n’en demeurent pas moins fidèles et impactants.

Tel un symbole, à Nice, au coup d’envoi, les fans olympiens étaient en infériorité numérique contre les Stadistes, disséminés dans l’enceinte de 36000 places et venus pour la plupart par leurs propres moyens. Mais les Tarnais, avec leurs 12 bus d’aficionados regroupés et unis derrière les poteaux avaient préparé nombre de tifos et banderoles. Surtout, ils ont épousé les mêmes valeurs que leurs joueurs. On pouvait y retrouver des abonnés, des particuliers et des membres des associations que sont la Blue Army, les Amis du rugby, Puissance Castres, l’Amicale du Castres Olympique ou Torcida Castra, toutes parrainées par un ou plusieurs joueurs.

" Le CO et son public, c’est une histoire d’amour"

Juju est président d’honneur de Puissance Castres que dirige Aurélie Joligard : "Le Castres Olympique et son public, c’est une véritable histoire d’amour. L’un ne pas sans l’autre. Souvent, l’une des forces de cette équipe, c’est son public. Pour une ville ouvrière comme Castres, les gens font des efforts financiers, posent des journées ou font des kilomètres. Mais c’est récompensé par des moments magiques." Suivre son équipe toute la saison équivaut pourtant à peu près à 1500 euros. Entre l’abonnement à domicile et les 13 déplacements potentiels du Top 14, c’est aussi un choix de vie. Un sacerdoce.

Lors des vingt premières minutes de la demi-finale, les Castrais ont subi les foudres toulousaines sur le pré. Mais quand d’autres supporters seraient restés mutiques, les sympathisants bleus et blancs ont redoublé d’efforts et de chants pour galvaniser les leurs et faire front. Idem à la 70e, quand le match va basculer. L’essai décisif de Dumora, sept minutes plus tard a eu lieu devant ce gentil "kop" pour une explosion orgasmique bien méritée, tant les investissements sur le terrain et en tribunes avaient été nombreux.

Le bouillant demi de mêlée international uruguayen Santiago Arata n’a découvert la région du Sidobre que cette saison. Pourtant, son analyse est passionnée et éclairée. "Notre public, c’est l’homme N°16 (sic). A Castres, il y a quelque chose de spécial qui nous unit. C’est toute la ville et les alentours qui poussent derrière nous. On est très fiers d’eux et on se sent redevables."

Bains de foule et larmes de joie

A la fin du match , les mêmes scènes de joie et de communion que lors des déplacements cruciaux ou des grandes victoires de la saison ont eu lieu. Bains de foule, larmes de joie, embrassades ou joueurs usant des tambours de leurs fans pour battre la mesure des chants. Bien loin des selfies en mode groupies, les fans venus du 81 connaissent leurs joueurs par cœur quand ces derniers connaissent aussi les visages voire les prénoms de ces membres de la famille CO pour lesquels ils jouent aussi.

Avant les départs pour les matches cruciaux au centre d’entraînement du Levézou, en avant-match au stade Pierre-Fabre ou lors des retours de victoires à l’aéroport de Castres-Mazamet, les mêmes sourires et encouragements, voire tambours et fumigènes font sentir aux joueurs qu’ils ne sont pas seuls.

Le talonneur international tricolore Gaëtan Barlot se souvient combien, dans les temps faibles, ces encouragements comptent. "Quand on est dans le dur, notre public nous apporte énormément. Il nous a beaucoup apporté à domicile lors de matches compliqués comme La Rochelle, permettant aussi d’y demeurer invaincus, de défendre ou gagner le moindre centimètre ou des bonus. A l’extérieur, ils sont de plus en plus nombreux. Que ce soit pour notre maintien la saison dernière ou pour ces phases finales cette saison, ils y sont aussi pour beaucoup."

Broncan : "Les supporters sont la force de notre club"

En attendant de rallier l’adhésion de tout ou partie du monde du rugby, les Castrais se savent au moins aimés des leurs, comme le détaille le manager Pierre-Henry Broncan : "Les supporters sont la force de notre club aussi. Ils sont nombreux, fidèles, se déplacent et sont bruyants. Après la demie, ils sont les plus heureux d’Occitanie. En espérant qu’ils soient les plus heureux de France après le match à Paris. En tout cas, après une saison dernière à huis clos, cela nous pousse."

Du côté des derniers préparatifs pour vendredi, on annonce une vingtaine de bus de fans prenant la direction de Capitale, sans compter nombre de particuliers voyageant par leurs propres moyens. Pour ceux qui n’auront pas cette chance, un écran géant sera installé par la ville, place Pierre-Fabre, sans compter nombre de bars comme l’Español de l’ancien joueur José Diaz. En espérant qu’aucune alerte canicule ou préavis de grève ne viennent perturber la fête qui avec ou sans un 6e Brennus, promet d’être belle.

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