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Septar : "Je souhaite encore enchaîner beaucoup plus"

Septar : "Je souhaite encore enchaîner beaucoup plus"
Par Rugbyrama

Le 22/09/2021 à 18:56Mis à jour

TOP 14 - Le trois-quarts centre toulonnais, arrivé cet été en provenance de Pau, est l’un des joueurs les plus utilisés par Patrice Collazo en ce début de saison. Il s’est confié sur ses origines roumaines, son parcours, ses débuts réussis sous ses nouvelles couleurs et ses axes de progression.

Calme avec une voix toujours posée, Atila Septar est loin de l’image du rugbyman professionnel que l’on peut parfois présenter. Fils d’un international roumain, le néo Varois de 25 ans est déjà passé par Brive, Clermont et Pau. Trois-quarts centre d’1m94, il est aussi capable d’évoluer à l’aile. Rencontre avec un homme qui connaît parfaitement le Top 14 mais qui reste encore méconnu du grand public. Peut-être plus pour très longtemps.

Comment vous sentez-vous après avoir enchaîné trois matches ?

Tout va bien. Juste avant l’entraînement Patrice (Collazo) m’a dit que je ne m’entraînais pas. Je lui ai demandé pourquoi mais il m’a dit que c’était lui qui décidait donc j’ai dit d’accord, pas de problème (rire). Je suis parti travailler en musculation. Je suis super heureux ici. Quand j’ai signé ici, j’ai voulu me mettre en danger pour progresser et pour travailler mon rugby. Au final, ça se passe très bien. J’arrive à enchaîner, à jouer les matches et je sens que je progresse. Patrice sait mettre le doigt là où je dois progresser. Il me le dit à sa manière et ça correspond tout à fait à ma façon de travailler aussi. Je préfère qu’on soit franc avec moi, c’est comme ça que je progresse.

Justement, quels sont les points identifiés par Patrice Collazo ?

Je suis à l’aise en défense et un peu moins en attaque donc il pointe surtout les choses à améliorer en attaque. Le replacement, la vision du jeu, plein de choses que je n’ai pas eues à l’école de rugby parce que j’ai été formé troisième ligne. Il faut que j’apprenne en accéléré. Dès que j’ai des questions, tout le staff est très disponible. Je ne me suis jamais aussi bien senti dans un club. Je travaille aussi beaucoup à la vidéo. C’est un outil qu’on utilise beaucoup. Quand je rentre à la maison ma femme elle me demande : Qu’est-ce que tu fais encore ? Je lui réponds que je regarde mon entraînement (rire).

Pourquoi avez-vous choisi de venir à Toulon ?

J’avais d’autres opportunités mais quand j’ai su que Toulon souhaitait me recruter, je n’ai pas cherché à comprendre. Je savais que c’était un club où les joueurs qui viennent d’ailleurs s’intègrent rapidement. J’ai été très bien accueilli dans ce groupe. Je ne remercierai jamais assez tous ces joueurs qui me permettent de me sentir à l’aise. Le fait d’avoir joué le Super Seven m’a aussi bien aidé. Au final, j’ai enchaîné mais je souhaite encore enchaîner beaucoup plus.

Aujourd’hui, vous sentez-vous plus à l’aise au poste de centre ?

Dans ma carrière, j’ai fait plus de match à l’aile qu’au centre. J’ai été formé à jouer au rugby, je n’ai pas forcément de poste que j’apprécie plus que ça. Quand tu me mets sur un terrain, tu sais que je vais peut-être apporter plus en défense qu’en attaque. C’est aussi pour cela que j’ai décidé de venir ici parce qu’il me restait encore trois ans à Pau. Je savais que je progresserais plus vite ici. Après je savais qu’ils me recrutaient plus pour jouer au centre qu’ailleurs mais je sais aussi que pouvoir dépanner à d’autres postes est un atout. Je m’éclate au centre donc pas de soucis.

Duncan Paia’aua vient de rentrer de sélection, c’est un joueur que vous connaissez ?

Oui bien sûr, j’ai pu enfin échanger avec lui. Je lui ai demandé à quel poste il préférait jouer. Il m’a répondu que l’année dernière Patrice l’avait fait jouer à l’ouverture, à l’arrière, au centre, un peu partout (rire). Il m’a dit qu’il préférait quand même jouer au centre et il m’a posé des questions sur le match contre le Stade Français. Je lui disais que j’étais premier ou deuxième centre selon si on était en attaque ou en défense. En attaque j’essayais d’être en face de Laumape.

Vous êtes le fils d’Erdinci Septar, ancien international roumain, quel rôle a joué votre père dans votre carrière ?

Il était très présent jusqu’à mes 22 ou 23 ans. Après je me suis détaché un peu parce que j’ai évolué et mûri. Mais quand j’étais jeune, il venait à tous mes matches, il savait beaucoup me critiquer. Quand ça vient de ton père, ça fait mal donc le week-end d’après tu fais encore plus pour qu’il soit content.

Justement, si on repart un peu en arrière, vous êtes né à Constanta en Roumanie, à quel âge êtes-vous arrivé en France ?

Je suis arrivé ici à trois ans, après la Coupe du monde 1999. J’y retourne de temps en temps mais là je n’y suis pas retourné depuis quatre ans. Je vais à Constanta parce qu’il y a toute ma famille sauf mes parents et ma sœur.

Vous avez joué avec l’équipe de France en jeune, avez-vous hésité à jouer pour la Roumanie par la suite ?

Non je n’ai pas hésité. Est-ce que j’ai eu l’opportunité de changer ? Oui. Est-ce que je l’ai fait ? Non. Je me souviens qu’on me posait la question à l’école : toi, tu es Roumain ou Français ? Je répondais toujours : Moi je suis Français mais mes parents sont Roumains. Au final je suis beaucoup plus attaché à la France et j’ai aussi vécu beaucoup plus ici. L’équipe de France reste toujours un rêve.

Vous êtes passé par plusieurs clubs de Top 14, pourtant le grand public vous connaît assez peu, comment vous qualifieriez-vous ?

Je ne suis pas le même sur le terrain et en dehors. En dehors je suis très calme, souriant, je discute avec plaisir avec tout le monde. Par contre dès que le match arrive, je me referme, j’ai le visage assez fermé. Je me dis avant chaque match que ça va être dur mais qu’il faut répondre présent dans l’engagement et que je montre aussi la voie à l’équipe sur l’engagement. En dehors du terrain, je suis passionné par la musique et la photographie. J’ai regardé des tutos sur YouTube, je connais tout sur la photographie. J’ai aussi fini mes études. J’ai mon bachelor en business international à l’école de commerce de Clermont. La cérémonie est en fin d’année, avec la toge et tout (rire).

Vous vous déplacez à Perpignan ce week-end avec l’objectif affiché de gagner ?

Nous nous sommes dit cette saison qu’il n’y aurait pas forcément d’objectif de résultat mais plutôt du plaisir de l’engagement et surtout le collectif. Si le collectif va bien, l’individu ira bien. D’abord l’équipe et après on verra le résultat.

Propos recueillis par Tristan Arnaud

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