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Faillite des cadres et semaine agitée : comment Montpellier s’était plombé en 2018

Faillite des cadres et semaine agitée : comment Montpellier s’était plombé en 2018

Le 23/06/2022 à 13:28Mis à jour Le 23/06/2022 à 13:45

TOP 14 - Archi-favori de l’édition 2018, après avoir écrasé la phase régulière du Top 14, les Montpelliérains s’étaient écroulés en finale face à des Castrais morts de faim. Un différentiel clair d’engagement mais aussi une préparation chaotique dans l’Hérault. Au Stade de France, les cadres du groupe avaient lâché la barre.

Sur le papier, rarement ces quinze dernières années une finale de Top 14 n’avait semblé aussi déséquilibrée. La dernière ? C’était Castres, déjà, en 2013, promis à se faire surclasser par la constellation de stars du RCT, tout juste sacré champion d’Europe. Raté. Alors entraîné par le duo Travers-Labit, le club tarnais avait surpris son monde en commençant par les Toulonnais. Quatrième Bouclier de Brennus en mains, pour le CO.

Le cinquième viendra cinq ans plus tard (2018), dans une rencontre que l’on pensait encore inégale. En face, le MHR du président Altrad alignait lui aussi les stars, pour beaucoup sud-africaines. Jugez plutôt : Willemse, Bismarck et Jannie Du Plessis, Ruan Pienaar, Aaron Cruden, Louis Picamoles ou François Steyn. Le tout entraîné par Vern Cotter, fraîchement arrivé d’Écosse. Ça en jette.

Sorti premier de la phase régulière, leader du Top 14 lors de 21 des 26 journées, le MHR en impose aussi sur le terrain. Idem en demi-finale, où il "roule" sur le Lou, invité surprise à ce stade de la compétition (40-14). Il s’avance en finale face à Castres, également invité surprise, avec l’idée que rien ne peut lui arriver. Il va pourtant se saborder.

Francois Steyn de Montpellier

Francois Steyn de MontpellierIcon Sport

Ruan Pienaar et Frans Steyn en plein déménagement

Son échec face au CO se loge d’abord dans l’exercice du combat. Les Tarnais mettent une rage folle sur chaque impact, chaque point de rencontre quand les Héraultais font le job, sans dégager la sensation d’un engagement supplémentaire. Ensuite, ce sont les cadres montpelliérains qui s’écroulent. La puissance de Picamoles est réduite au silence, Bismarck Du Plessis se dérègle sur ses lancers en touche, Aaron Cruden est à nouveau transparent. Plus embêtant : deux joueurs majeurs ont préparé cette finale sans vraiment s’y investir. Ruan Pienaar, 88 sélections avec les Springboks au compteur, comptait alors parmi les meilleurs demi de mêlée de la planète.

Mais à Montpellier, qu’il a rejoint à l’été 2017, il ne se plaît pas. Au cours de la saison, il multiplie les voyages vers Belfast, son précédent club (Ulster) où il a gardé des attaches très fortes. En milieu d’année, sa famille, pas plus heureuse que lui dans l’Hérault, décide de ré-emménager à Belfast. Et c’est justement la semaine de la finale que le déménagement à lieu. Ruan Pienaar est dans les cartons, dans le déchirement aussi puisqu’il reste vivre seul à Montpellier. Une charge émotionnelle trop lourde. Il passe complètement à côté de sa finale. "C’est incroyable comme il est passé au travers. Comment a-t-il pu craquer à ce point ?" s’interrogeront les Castrais au soir de leur sacre. "Aussi, Kockott a mangé le cerveau de Pienaar" poursuivra l’ancien demi de mêlée tricolore Guy Accoceberry.

Et le problème n’est pas un cas isolé. Autre joueur en pleine tempête, au soir de cette déroute montpelliéraine : le trois-quarts Frans Steyn. Comme Pienaar, sa famille ne se plaît pas à Montpellier. Comme Pienaar, elle souhaite déménager au plus vite. Comme Pienaar, elle le fera la semaine de la finale, en Irlande, où les deux "clans" vivront en proximité. Steyn, lui, reste à Montpellier. Mais il a également consacré sa semaine de finale au déménagement des siens. "Je reconnais que ce n’est pas un contexte génial" reconnaîtra Mohed Altrad, au lendemain de la finale. Un contexte qui n’explique pas tout de l’échec du MHR. Mais donne tout de même quelques éléments de réponse.

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