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Lamerat : "On a tous quelque chose à se faire pardonner"

Lamerat : "On a tous quelque chose à se faire pardonner"

Le 25/08/2019 à 16:28Mis à jour Le 25/08/2019 à 16:36

TOP 14 - Rémi Lamerat a fait un très gros match au centre de l'attaque bordelaise. Il a fait parler son impact physique pendant 80 minutes. C'est une vraie satisfaction pour ce joueur international qui est arrivé à l'intersaison de Clermont. Cette victoire 30-25, à l'issue d'un très beau chassé-croisé, lui doit beaucoup.

Rugbyrama : Battre Toulouse dans une saison ce n'est jamais anodin...

Rémy Lamerat : Oui, le palmarès et le prestige de ce club fait que ça restera toujours un grand club, même quand ils ont connu des saisons un peu plus difficiles récemment, il y a quand même une estime pour ce club qui est assez particulière, notamment pour moi qui ai fait ma formation là-bas, et qui aie côtoyé des très grands joueurs. Donc oui, ce n'est pas anodin. Après on sait très bien que l'image du club qu'on aura en face, il ne faut pas trop s'en soucier, même si parfois c'est compliqué, et essayer de bâtir notre propre projet. C'était un peu le leitmotiv de la semaine, essayer de se concentrer sur nous. On a beaucoup parlé des Toulousains, à juste titre parce qu'ils sortent d'une saison extraordinaire, mais on avait à cœur de jouer nos atouts et c'est ce qu'on a réussi à faire ce soir.

Justement, comment avez-vous trouvé votre nouvelle équipe ?

R.L. : Bien ! J'étais un petit peu fatigué pendant le match, mais c'est normal parce que c'est la reprise et que les conditions climatiques de chaleur notamment sont un petit peu délicates en début de saison. Après, quand c'est dur pour nous, c'est dur en face aussi, et je pense qu'on a su faire preuve de caractère dans ces moments difficiles. On a reçu un soutien incroyable du public lors de plusieurs séquences proches de notre ligne où c'était un peu délicat physiquement, et où on a pu compter sur eux. Mais dans l'ensemble, j'ai trouvé l'équipe depuis le début de saison, très revancharde. J'aurais pu trouver un nouveau groupe un peu abattu d'être chaque année "pas loin de" mais au final, j'ai trouvé une équipe toute neuve, avec un changement de staff qui a insufflé une grosse envie au groupe. C'est plutôt positif pour moi qui suis revanchard.

Quels sont les effets justement de ce staff sur le jeu ? Peut-on parler de patte Urios ?

R.L. : Pour le moment on est en construction, donc sur le jeu, c'est difficile d'y voir quelque chose. Dans tout projet, le socle c'est l'état d'esprit, et cet état d'esprit est assez cher à ce staff, et notamment à Christophe (Urios). Donc pour le moment on s'appuie beaucoup sur l'état d'esprit du groupe, du club, de l'environnement du club etc... C'est à nous, joueurs, de s'approprier le projet. Tout ce qu'il y avait avant à l'UBB n'est pas à jeter, loin de là. Je pense qu'ils ont eu l'intelligence de s'appuyer sur ce qui marchait aussi, et chacun doit amener sa petite touche d'expérience. C'est un peu tôt pour parler de patte de qui que ce soit, mais en matière d'état d'esprit, je pense qu'on peut déjà voir un groupe qui ressemble à ce staff.

Comment êtes-vous mentalement ?

R.L. : On est un petit peu dans le dur je vous l'avoue, mais on s'est promis en début de saison, même si c'est des biens grands mots, de ne rien lâcher. On sait que face à de telles équipes on passera par des moments de doute, ou des temps faibles comme on les appelle, mais on a des petits repères entre nous pour garder cet éveil, en attendant que le groupe face ce qu'il faut pour inverser la situation. Là c'est Blair (Connor) qui se le pèle tout seul, et je pense qu'on peut tous le remercier ce soir pour son gros match, et pas que son essai. Il a aussi été très décisif sur toutes ses interventions, et ça nous a permis de regagner confiance. C'est vrai qu'à ce moment-là, on n'était pas dans le doute, mais on savait que c'était un moment difficile, donc on savait qu'on devait se resserrer.

Comment avez-vous ressenti le rôle du public sur le terrain ce soir ?

R.L. : Comme je l'ai dit tout à l'heure, ces quatre ou cinq séquences où on est proche des lignes, on est dans le dur, à quatorze, on prend pénalité sur pénalité, on prend des points certes mais on évite de prendre des essais qui auraient pu faire basculer le match du côté de Toulouse. À ce moment-là du match, on a vraiment ressenti le public derrière nous. C'est des choses qui nous font plaisir et qu'on a envie de rendre surtout. Donc on espère par notre comportement, pas qu'avec les résultats, enivrer le public dans ces moments difficiles.

Vous parliez de Blair Connor juste avant, êtes-vous étonné par ce joueur ?

R.L. : Non pas surpris du tout. C'est un des joueurs, qui de par son exemplarité, son humilité, sa mise en retrait du groupe alors qu'il connaît le club par cœur et qu'il a connu toutes les épopées, me fascine au quotidien. Il me fascinait déjà pas mal en tant que joueur et adversaire, puisqu'on avait toujours de petites discussions à la fin des matchs, et c'est quelqu'un que j'ai toujours trouvé très très sympathique. Et puis c'est quelqu'un qu'on entend rarement dans les médias, il est rarement mis en avant à l'extérieur du club j'ai l'impression, et moi ces mecs-là, c'est des gens qui m'inspirent. Donc surpris, non, mais très content de le voir à ce niveau ce soir.

On a senti que vous aviez la rage ce soir...

R.L. : (il hésite) La rage... ouais. On est tous revanchard, de par nos expériences passées on a tous quelque chose à se faire pardonner. Il ne faut pas vivre dans le passé non plus. J'ai envie de reprendre du plaisir dans un groupe après une saison compliquée, et ça passera par des périodes d'engagement, des choses simples, d'essayer de mettre du cœur, et ça c'est un peu ma marque de fabrique. Je n'ai pas les cannes de Blair pour mettre des essais comme il a mis mais j'essaye de me réfugier un petit peu là-dedans, essayer d'aider l'équipe au mieux surtout. Mais si je peux amener cette rage à l'équipe, j'espère que ça sera positif.

Quand on joue à ton poste et que ça tourne à l'ouverture entre Ben Botica et Mathieu Jalibert, on suppose que c'est un vrai luxe d'avoir ces deux garçons ?

R.L. : C'est clair ! Que ça soit Ben (Botica) ou Matthieu (Jalibert), ou même Yann (Lesgourdes) et Max (Lucu), c'est un luxe énorme d'avoir des joueurs de ce niveau-là qui peuvent switcher. Après vous savez aussi bien que moi que dans ce championnat, il faut des équipes complètes, que tu joues l'Europe ou pas. Malheureusement dans la saison il y aura forcément des mecs qui vont rester sur le carreau, mais les mecs qui rentrent sont autant au niveau que les titulaires. Ça permet d'avoir une bonne émulation dans le groupe, et comme vous dîtes, c'est vraiment un plus.

Êtes-vous surpris que le XV de France soit retombé dans ses travers cet après-midi ?

R.L. : Je n'ai pas vu le match, je n'ai pas été bon élève. Le résultat me fait mal au cœur. Pour y être passé, je sais qu'on est souvent très dur avec les joueurs, mais faire deux victoires d'affilées, ce qui arrive rarement en sélection nationale, ça fait un bien fou dans la tête. Je pense que vous serez tous d'accord avec moi pour dire que cette équipe est pétrie de talent, et qu'il y a bien quelque chose qu'il faut régler pour y arriver. Alors on peut débattre des heures sur le championnat, le ceci, le cela... Autant le contenu je ne peux pas trop analyser, mais ce qui me fait un petit peu chier pour les mecs que je connais bien et que j'apprécie énormément, c'est le résultat. Après j'ai confiance en eux, c'est des grands compétiteurs, ils sont en pleine préparation, ils ont les crocs, et je suis sur que ça va le faire pour surprendre plein de gens à la Coupe du monde.

Propos recueillis par Jérôme Prévôt, avec Samuel Cadène

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