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Meyer : "Je ne suis pas un dictateur"

Meyer : "Je ne suis pas un dictateur"

Le 11/07/2019 à 11:13Mis à jour Le 11/07/2019 à 11:14

TOP 14 - Heyneke Meyer évoque ses attentes à l’entame de sa deuxième saison à la tête du Stade Français. Souvent critiqué pour son management, le technicien sud-africain assure vouloir préserver l’état d’esprit et l’identité du club parisien.

Rugbyrama : A l’issue de la saison dernière, quel a été votre principal enseignement ?

Heyneke Meyer : En arrivant, j’avais un état d’esprit très ouvert sur le fait de découvrir une nouvelle culture. Je m’attendais à un changement important mais il était bien plus que grand que ce que j’imaginais. Seul le temps me permettra de comprendre votre façon de faire même si beaucoup de personne m’aide au quotidien. Ensuite, j’ai vite réalisé qu’avec la longueur du TOP 14, la profondeur du groupe serait un problème. C’est indispensable d’avoir quasiment deux à trois grands joueurs par poste. Nous avons été frappés par un nombre incalculable de blessure. Je n’avais jamais connu dans ma carrière. Sur la fin de la saison, cela devenait trop difficile.

Vous pensez avoir tiré le maximum de l’équipe ?

H.M. : Lors d’une première saison, vous ne connaissez pas les joueurs, pas le président, les dirigeants… je ne connaissais pas certaines personnes du staff. On part dans l’inconnu. C’est très difficile de tirer le meilleur d’un groupe, surtout dans une compétition comme le TOP 14 qui est très exigeante. Là, sur les deux premières semaines d’entraînement, tout est beaucoup plus facile.

Votre équipe a connu de grandes difficultés à domicile avec cinq défaites. Comment l’expliquez-vous ?

H.M. : Nous avons perdu d’un point contre le Racing 92 (16-17), deux points contre La Rochelle (12-14). Ce sont les points qui nous ont certainement manqué pour nous qualifier dans les 6. Il faut être plus performant à domicile et recréer notre identité à Paris, que l’on remplisse le stade, que les supporters soient fiers de leur équipe. Il faudra être fort dans les têtes comme nous l’avons très bien fait à l’extérieur. Mais nos défaites à domicile s’expliquent en un seul mot : la discipline. Cela nous a coûtés très cher. Il faudra être beaucoup plus vigilant sur ce point.

" La première année, il y a forcément des joueurs qui ne sont pas d’accord avec vos choix "

Avec le recul, allez-vous adapter ou revoir votre management ?

H.M. : Il faut certainement améliorer encore les relations avec les joueurs, notamment avec les leader du groupe. Le groupe de leader est un peu différent cette saison mais je sens que la communication passe bien et qu’il y a un vrai échange entre moi et les joueurs. Les choses avancent bien. Sur toute la saison, il faut que la communication se fasse naturellement. J’ai peut-être fait des erreurs. Même si je suis là pour mon leadership et mon expérience, tous les joueurs doivent se sentir impliqués. Nous avons beaucoup de jeunes joueurs très friands de jouer. Je les sens vraiment motivés. La première année, c’est plus compliqué de se trouver. Il y a forcément des joueurs qui ne sont pas d’accord avec vos choix. On a été confronté à ce cas de figure mais je suis convaincu qu’il y aura beaucoup plus d’osmose cette saison.

Concernant le recrutement, vous avez misé sur de nombreux jeunes joueurs. On vous sent assez optimiste…

H.M. : Quand vous regardez un joueur comme Kylan Hamdaoui, qui venait de Pro D2 (Biarritz), nous voulons continuer dans cette voie. Je me souviens également que nous avons battu le Racing 92 avec sept jeunes du centre de formation. Je veux croire que cela montre notre envie de faire confiance aux jeunes joueurs français. Nous avons encore de jeunes joueurs de Pro D2 dans le viseur. Ce n’est pas facile d’avoir la main sur les meilleur JIFF mais nous aurons de belles surprises. D’ici 2023, nous voulons que 75% des joueurs de notre effectif soient issus de notre centre de formation. C’est le socle de notre projet.

" C’est tellement difficile de gagner, il faut des gens sur la même longueur d’ondes "

L’intersaison a été marquée par le licenciement de Djibril Camara et le départ de Sergio Parisse. Avez-vous craint que le groupe explose à la reprise ?

H.M. : (silence) J’avais un peu d’appréhension au moment de retrouver le groupe. Beaucoup de personnes en France, spécialement les médias, disent que je suis un dictateur, ont une mauvaise image de moi après ce qui s’est passé à l’intersaison. Mais je ne suis pas un dictateur. Je veux juste que les joueurs soient heureux. Mais rien ne doit être plus important que l’équipe. J’aime Paris. Je veux rester ici et faire en sorte qu’il y ait un esprit de famille. Certains joueurs par moment ont fragilisé cet esprit de famille. Quand j’entends que l’esprit du Stade Français disparaît, je ne suis pas d’accord. Nous avons fait revenir au club des joueurs emblématiques : Pieter de Villiers, Fabrice LandreauPascal Papé s’investit magnifiquement auprès des jeunes. Laurent Sempéré rejoint le staff et va également cultiver cet état d’esprit. Et je n’oublie pas Julien Arias qui est un leader très important pour nous. L’histoire de ce club est à mes yeux primordiale. Mais c’est tellement difficile de gagner, il faut des gens sur la même longueur d’ondes.

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