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Flament, en toute décontraction

Flament, en toute décontraction

Le 02/12/2020 à 16:27Mis à jour Le 02/12/2020 à 16:29

TOP 14 – Ce weekend lors de la victoire contre Agen, le globe-trotter et néo deuxième-ligne de Toulouse Thibaud Flament a réussi ses débuts avec son nouveau club et avec le rugby de son pays qu’il découvre à 23 ans. En toute simplicité et avec un certain appétit.

Il n’avait plus joué en compétition depuis un match contre Gloucester en mars dernier. Arrivé dans la Ville rose fin octobre en provenance des Wasps, une fois la fin de saison 2019-2020 en Angleterre achevée, Thibaud Flament a d’abord fini de soigner son pied blessé avant de débuter sa préparation puis les entraînements. Il a ainsi peu à peu pris le pouls de son nouveau port d’attache après être déjà passé à 23 ans par la Belgique, l’Argentine ou l’Angleterre. Souhaitant se stabiliser sur la base de ce contrat de trois ans avec les Rouge et Noir, ce titulaire d’un bachelor en école de commerce a donc réussi ses débuts.

Alors que les deuxième-lignes haut-garonnais Arnold ou Meafou avaient aussi déjà débuté par le passé en Top 14 contre Agen, Flament a donc profité de cette réception du SUA (63-18) le weekend dernier pour découvrir son club en compétition, Ernest-Wallon vide et un Top 14 inconnu jusque-là. "Même s’il y a des petits points à travailler, concède l’intéressé, j’ai pris beaucoup de plaisir, surtout en commençant par une victoire. C’était mon objectif ainsi que de ne pas avoir de doutes dans la tête malgré le fait de ne pas avoir joué depuis longtemps et de découvrir ma nouvelle équipe. A partir du moment où on a fait le travail avant aux entraînements, feu, on envoie ! J’ai profité et me suis donné à fond. Je suis content et il me tarde de revivre tout ça."

Un vent de fraîcheur

Sans s’échapper quant aux tâches obscures du poste ou dans le domaine aérien, ce longiligne homme au casque noir et vert a aussi beaucoup touché de ballons offensivement. Sur le deuxième des neuf essais stadistes, la longue possession est partie de l’une de ses percées sur laquelle il a servi son soutien à une main. Sur cette longue séquence, il a fait office de pivot avant de proposer une passe acrobatique entre les jambes. Rien que ça. Souvent, on l’a vu servir de relais dans les actions grâce à sa mobilité qui étonne, sa grande vitesse pour sa taille et son sens du jeu qui le voit être souvent au timing, au contact. Moins spectaculaire, il a su également être au contact de Meafou sur le premier des deux essais de son coéquipier pour apporter ce supplément de puissance inhérent au poste. Révélateurs.

Sorti peu avant l’heure de jeu car n’ayant pas encore toute la durée d’un match dans les jambes, l’alchimie entre le club et son nouvel élément saute aux yeux. Thibaud Flament : "C’est une façon de pratiquer le rugby qui me plait beaucoup. Passer les bras, jouer debout ou les deux contre un, ce n’est pas pour me déplaire. Je suis enfin content de vivre cette philosophie de jeu et un peu y contribuer."

Plus globalement, son apport est appréciable sur les bords de Garonne. Elstadt, Kaino ou Placines ont pu dépanner au poste de deuxième-ligne. Mais avec les blessures des frères Arnold ou le fait que Brennan et Meafou sont en poursuites d’apprentissages (sans oublier les départs de Verhaeghe ou Gallan l'été passé), cette arrivée en cours de saison de Flament est aussi un vent de fraîcheur. Surtout en l’absence d’internationaux et quand l’infirmerie est garnie.

Mola : "Ce gamin est fait pour jouer au Stade Toulousain"

"C’est un garçon qui a beaucoup d’activité, reconnait son manager Ugo Mola, et une capacité à jouer debout. Des joueurs de 2m03 (et 116kg, ndlr) qui ont évolué demi d’ouverture (et arrière, ndlr) jusqu’à 17-18 ans, nous sommes preneurs. Je pense que ce gamin est fait pour jouer au Stade Toulousain. Tout cela ne lui empêche pas de devoir assumer sur la durée les tâches de combat et de conquête propres à son poste. Ce n’est qu’un début, il y a encore beaucoup de boulot mais c’est une première prometteuse." Evidemment, son staff et le Top 14 vont le tester dans des circonstances beaucoup moins évidentes où il sera attendu.

Ce qui peut aussi surprendre chez ce polyvalent pouvant évoluer en flanker, c’est son aisance en dehors des terrains. Habile communiquant, il semble rayonner, entre l’impression d’un gamin découvrant un magasin de jouets pour la première fois et celle qu’il fait déjà partie des meubles. A l’aire du numérique, ce Parisien de naissance se sert d’un petit carnet avec des annotations sur le plan de jeu, les annonces, les combinaisons, ses impressions, la préparation mentale. "Tout cela me permet d’arriver détendu et prêt à tout péter durant le match," lâche-t-il dans un rire franc. Facile et paradoxal.

Comme tout bon bizut, il a eu droit après le match d’Agen à son "patia", esseulé au milieu du cercle formé de ses coéquipiers. Sa réaction ? Hilare. Thibaud Flament n’en est pour autant pas dénué de profondeur. "D’évoluer enfin en Top 14 m’a aussi permis de voir tout le chemin parcouru. En avant-match, j’étais quand même un peu ému tant c’était un peu spécial pour moi et ma carrière pas très classique. Mais ce sont de belles émotions à revivre."

Enfin, sans que cela passe pour de l’ambition débordante, il ne cache pas son rêve de porter le maillot bleu et de disputer la Coupe du monde 2023 dans son pays retrouvé. Vu le scénario complètement fou qui berce sa vie et les besoins du XV de France au poste de deuxième-ligne, il peut rêver aller encore plus loin et plus vite.

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