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Boniface : "Si je suis resté au Pays basque, ce n’est pas pour faire de la figuration"

Boniface : "Si je suis resté au Pays basque, ce n’est pas pour faire de la figuration"

Le 07/10/2021 à 09:16Mis à jour Le 07/10/2021 à 10:30

PRO D2 - Blessé pendant la quasi-totalité du premier bloc, Ugo Boniface a fait son retour à la compétition lors de la cinquième journée à Grenoble. À l’aube du début du second bloc, le pilier gauche revient sur son choix de rester sur la Côte basque malgré les sollicitations, évoque le début de saison de l’Aviron et nous parle de son rôle dans le collectif bayonnais.

Ugo, vous vous êtes blessé à la première journée. Comment allez-vous ?

Je me suis fait une acromio de stade 3 face à Agen. C’est quelque chose qui est plus douloureux que grave. J’en avais déjà eu une petite sur cette épaule, donc c’est une récidive, mais rien de méchant. Aujourd’hui, ça va. J’ai bien récupéré de l’épaule, donc je suis nickel pour reprendre.

Vous avez raté la quasi-totalité du premier bloc. Comment l’avez-vous vécu ?

Ça m’a fait mal de le rater, mais comme l’équipe a performé, ça m’a un peu redonné le sourire de voir qu’on avait bien surmonté la descente et qu’on était prêt afin de faire une grosse saison en Pro D2.

Vous aviez déjà été éloigné des terrains de longs mois l’an dernier. Cette absence, plus courte, a-t-elle été plus facile à gérer ?

Oui, c’était beaucoup moins compliqué. J’ai déjà vécu ça une fois et l’absence, là, était moins longue. Au club, nous sommes bien encadrés avec les kinés et préparateurs physiques. J’ai donc su faire abstraction de la blessure.

Qu’avez-vous pensé de la prestation de vos partenaires pendant votre absence ?

On a produit du jeu, ce qui nous avait peut-être manqué l’année dernière. Nous avons pris du plaisir à jouer. Après, nous sommes toujours sur des matchs de début de saison. On n’est pas encore en place, mais on s’est donné les moyens de réussir ce premier bloc en restant invaincu. Pourvu que ça dure.

Avec seulement 49 minutes dans les jambes, on vous imagine frais et motivé pour le second bloc…

Oui, il me tarde d’attaquer le prochain bloc pour montrer que si je suis resté au Pays basque, ce n’est pas pour faire de la figuration. J’ai envie de jouer, de m’imposer encore un petit peu plus dans cette équipe et, pourquoi pas, aller chercher des phases finales en fin de saison.

Votre profil plaisait à de nombreux clubs à l’intersaison. Qu’est-ce qui vous a poussé à rester à Bayonne ?

Yannick Bru et le président Philippe Tayeb ont su me convaincre de rester au club. J’ai pas mal de copains qui ont pris la même décision, donc ça a facilité mon choix, afin d’aller au bout de mon contrat (2022). Après, on verra ce qui se passera. Nous avons un objectif : remettre le club dans l’élite. Je suis resté pour ça.

Cette décision a-t-elle été facile à prendre ?

D’un côté, oui, parce que j’avais cette frustration de la descente. Nous avons bataillé toute la saison et nous sommes descendus. C’est dur de quitter un club sur ça. De l’autre, non, parce que c’est quand même flatteur lorsque des gros clubs s’intéressent à toi. On a toujours envie d’aller voir les meilleurs clubs. Mais je suis encore jeune. J’ai le temps et je continue ma progression en Pro D2, à Bayonne.

Vous avez goûté à l’équipe de France chez les jeunes. Pensez-vous au XV de France, désormais ?

Je l’ai dans un petit coin de la tête. Mais pour l’instant, je n’y pense pas forcément. Je me concentre sur moi, le club et je souhaite progresser encore plus.

Avez-vous déjà rencontré Fabien Galthié ?

Non.

La Coupe du Monde se jouera en France dans deux ans. Y pensez-vous ?

Personnellement, je pense que j’en suis encore loin. À mon poste, il y a vraiment de bons joueurs et beaucoup de monde. Je pense que j’ai encore une marge de progression et si je dois viser l'équipe de France, ça sera après le mondial de 2023.

Tournoi des 6 Nations U20 - Ugo Boniface (France) avec les Bleuets en 2018

Tournoi des 6 Nations U20 - Ugo Boniface (France) avec les Bleuets en 2018Icon Sport

Personnellement, est-ce difficile de se retrouver en Pro D2 après avoir goûté au Top 14 ?

Ce n’est pas compliqué, mais plus frustrant. Tu es dans l’élite, tu y gagnes dix matchs et tu descends quand même. Je ne pense pas que beaucoup d’équipes descendront avec dix victoires. Après, il y a un très bon niveau en Pro D2. Depuis deux ans, il ne fait que monter, donc c’est toujours un plaisir de jouer.

Est-ce compliqué de garder le même niveau d’exigence en Pro D2, que celui nécessaire au Top 14 ?

Non, parce que tu te dis que tu as envie de vite retrouver l’élite. Si tu baisses ton niveau, forcément, tu ne gagneras pas les matchs. Garder le même niveau de constance en Pro D2 est primordial afin de remporter des rencontres.

Collectivement, la bascule a-t-elle été facile à faire ?

Oui, car il y a eu beaucoup de nouvelles arrivées, de bonnes individualités, des bons mecs. On a retrouvé un bon groupe avec de la joie en dehors du rugby, surtout. C’est super important. Franchement, c’est cool.

Ce facteur joie vous manquait-il en fin de saison dernière ?

Oui, les résultats empiétaient un peu en dehors du rugby, à la maison. On ne faisait plus trop de repas ensemble. Là, je trouve qu’on a retrouvé la joie de vivre, on s’amuse bien en dehors du rugby. C’est super important pour le reste de la saison.

On dit que les mêlées sont plus difficiles à jouer en Pro D2 qu’en Top 14. Confirmez-vous ?

Oui (rires). Ce n’est pas la même mêlée. En Pro D2, il y a plus d’anciens qui font des filouteries. En Top 14, ça pousse assez droit, c’est plus un travail de force que de technique.

C’est votre cinquième saison avec les professionnels. Vous êtes, aujourd’hui, un joueur important de l’effectif basque. Comment vivez-vous cette étiquette ?

Bien ! Je ne suis pas forcément quelqu’un qui va parler dans le vestiaire, mais si je peux montrer l’exemple sur le terrain, essayer d’aider un peu les jeunes même si je n’ai que 23 ans, c’est un plaisir.

Avez-vous pris Matis Perchaud sous votre aile ?

J’essaye d’un peu l’aider sur les mêlées, mais je n’ai pas la science infuse, comme Aretz lorsqu’il m’a pris sous son aile. J’essaye d’aider un peu tout le monde. Matis va devenir un grand pilier de l’Aviron.

Agen, où vous avez passé de nombreuses années, est actuellement au plus mal. Êtes-vous peiné par la situation du SUA ?

Ça m'embête beaucoup. Je connais pas mal de monde là-bas, Arnaud Duputs y est parti. Ils se sont mis dans une spirale et on a l’impression qu’ils ne s’en sortiront jamais. Je pense que ça va aller et je leur souhaite le meilleur. Ça fait mal de voir un club avec autant d’Histoire perdre tous ses matchs.

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