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Agen espère se sortir du bourbier

Agen espère se sortir du bourbier

Le 16/09/2021 à 16:40Mis à jour

PRO D2 – Une relégation de Top 14 après une saison sans succès, une série de trente revers en cours et toujours pas le moindre match remporté lors des trois premières journées de ce Pro D2, la situation commence à être pesante à Agen. Avant de recevoir le promu Bourg-en-Bresse, le SUA est tout autant au bord de l’implosion que motivé et plein d’espoirs.

Février 2020. La date hante les esprits. Depuis, aucun succès pour le club suaviste aux huit Brennus, toutes compétitions confondues. Le constat est évidemment accablant du côté d’Armandie. Malgré le fait d’évoluer à l’étage inférieur au Top 14, les défaites se suivent inexorablement. Jean-Baptiste Rué est aujourd’hui chef de projet auprès de la ville de Nevers. Mais l’ancien talonneur du SUA conserve encore Agen dans la peau sans compter ses nombreux contacts et attaches. « Evidemment que je suis triste par rapport à l’institution SUA et à un club historique comme celui-ci que j’aime tant. Il n’y a pas une semaine depuis plus d’un an où je n’ai pas de la peine pour les Bleu et Blanc. Cela fait deux ans que tout le monde semble se battre tout en étant dans le dur et le nez dans le guidon. J’espère qu’ils vont trouver des solutions et que les attitudes sont les bonnes. »

En interne, Loris Zarantonello, le talonneur actuel du SUA qui a connu la saison 2020-2021 en Top 14 est accablé. « Même si ce n’était pas le même effectif ni la même compétition, cette série de 30 revers de rang nous pèse un peu. On comptait sur des victoires pour nous donner de la confiance mais ce n’est pas le cas. »

Afin de mieux rebondir, il est donc essentiel de connaître les raisons de ce mal profond qui a survécu à l’intersaison et au renouvellement de l’effectif. Sans chercher d’excuses, Loris Zarantonello pointe du doigt un calendrier ardu pour démarrer.

« Malgré ce début de calendrier compliqué, on s’était dit que l’on devait gagner rapidement des matches pour mettre le groupe en confiance. C’est ce qui nous manque. On espère cette victoire impérative vendredi soir afin de lancer notre saison. Le groupe est aussi en reconstruction et avec la perte de leaders de touches par exemple, on a dû changer certaines choses dans ce secteur, ce qui peut expliquer des difficultés. »

Le président Jean-François Fonteneau déclarait sur 47FM que « le public attend un comportement irréprochable, ce qui n’est pas le cas. Les partenaires et les supporters méritent autre chose que cette bouillie de rugby. » D’aucuns pointent aussi du doigt la condition physique qui tarde à pouvoir être affinée, changement de staff (tardif) à l’intersaison oblige.

Enfin, les déclarations des dirigeants ou des articles de presse ne sont pas propices à apporter de la sérénité, d’autant que le staff aurait été menacé en cas d’insuccès avant la fin de ce premier bloc. « On préfère être focus sur nos performances individuelles et collective plutôt que de nous intéresser aux commentaires, » argue le N°2 des Agenais.

Loris Zarantonello : "C’est un tournant"

La réception des promus bressans ce weekend ressemble à une occasion en or d’enfin remettre le SUA sur les bons rails. Mais la motivation semble aussi se mêler à une forme de pression avec une défaite qui est inenvisageable et pourrait déjà plonger les Lot-et-Garonnais dans la crise. « Il y a beaucoup d’enjeux sur ce match qui est crucial, confie Zarantonello. C’est un tournant afin de nous permettre de démarrer notre saison dans de bonnes conditions. On sent bien que toutes les strates du club et ses supporters n’attendent que ça. Si cette période fait gagner en expérience à ce groupe jeune, nous forge humainement et nous montre comment l’homme peut agir ou réagir quand il est dans le dur, j’espère aussi ne plus revivre ce genre de situation car c’est lourd. »

Jean-Baptiste Rué est lui aussi est plein d’espoirs. « Même si la victoire est quasi obligatoire contre Bourg malgré tout le respect qu’il faut avoir pour les promus, n’oublions pas que ce n’est que le début de championnat avec trois matches sur 30. D’autres équipes iront perdre à Bayonne et Grenoble. Le SUA doit gagner et continuer de viser la qualification. » L’ex talon des Suavistes a aussi connu des séries de revers. Sans apporter de recette miracle mais avec une forte envie d’aider, il constate que « si le rugby a évolué depuis (son) époque, l’état d’esprit demeure la base. Certains ont beau rejeter la faute sur ce staff qui doit très mal dormir en ce moment, si les joueurs ne désirent pas plus que tout se fédérer, avancer à chaque impact, se faire plaisir dans le jeu et casser cette spirale, alors le club restera en souffrance. »

En cette période d’hommages à feu Jean-Paul Belmondo, ce vendredi soir pourrait déjà ressembler à une Peur sur la ville dans la préfecture du Lot-et-Garonne où les supporters du SUA espèrent que leur club redeviendra Le Magnifique.

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