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Spitzer : "Le sentiment que l'aventure n'est pas finie"

Spitzer : "Le sentiment que l'aventure n'est pas finie"

Le 08/01/2020 à 11:00Mis à jour Le 08/01/2020 à 11:30

PRO D2 - En fin de contrat en juin et dragué par le Top 14, l'historique entraineur général de Vannes, Jean-Noël Spitzer a pourtant rempilé pour trois saisons avec son club de coeur. Jusqu'à jouer une montée parmi l'élite avec lui ?

Rugbyrama : Jean-Noël, l'annonce de votre prolongation est simultanée avec celle de votre adjoint ?

Jean-Noël Spitzer : C'était l'idée, que l'on continue ensemble, dans un club qui a envie d'avancer, de progresser. Nous remercions nos dirigeants pour la confiance et les signaux positifs envoyés ces derniers mois. Ils nous ont redonné de l'énergie, très clairement.

Vous restez pour porter un projet ?

JN.S : L'important, c'est l'amélioration de la structure d'entrainement. On n'est pas aujourd'hui aux standards d'un club de Pro D2, qui veut être ambitieux. On a des contraintes atmosphériques et de déplacement importantes, loin de celles de nos adversaires. Il faut un nouveau centre d'entrainement et un terrain synthétique. Et je suis très attaché à la formation. Il y a le potentiel en Bretagne. Je suis très contant que Wil (Wilfrid Lahaye, son ancien adjoint désormais détaché à l'académie Pole Espoirs de la Fédération basée à Vannes) revienne au club. C'est une valeur ajoutée dans notre politique de formation/détection.

" Un jour ou l'autre il y aura une ouverture pour accéder au Top 14"

Pour « l'historique » que vous êtes, la prolongation n'est-elle pas arrivée tard ?

JN.S : J'avais dit que je ne voulais pas de proposition tant que le projet club n'était pas bien défini. Il fallait absolument, entre guillemets, que j'impose des choses avant : se remettre dans une politique de formation, des contenus d'entrainement et une ligne directrice avec l'association. Et mettre des personnes en place. On a travaillé main dans la main avec Olivier (Cloarec, Président, ndrl) et Martin (Michel, Directeur, ndrl). Toutes ces petites choses expliquent que je n'allais pas demander une prolongation en mai alors que je ne l'aurais pas signé avant décembre.

Pour le reste, le financier, je suis très content de la proposition qui m'est faite. Le salaire d'entraineur de Pro D2 est déjà supérieur au salaire moyen en France, ce n'était pas la priorité. Les conditions de travail et les moyens pour faire progresser le club en étaient une.

Jamais vous n'avez pensé qu'il vous faudrait aller voir ailleurs ?

JN.S : Non. J'ai eu d'autres propositions, du Top 14. J'ai rencontré des gens. C'est toujours enrichissant de voir autre chose, mais ma priorité a toujours été de rester à Vannes. Ged aussi. Mais dans cette logique de faire mieux : d'en faire un club de haut de tableau de Pro D2, avec des infrastructures pour s'entraîner fort, être attractif et avoir des jeunes qui poussent. C'est avec ça qu'on va pouvoir être performant sur la durée. Alors là, un jour ou l'autre, il y aura une ouverture pour accéder au Top 14.

Pourquoi avoir refusé une place dans un staff du Top 14 ?

JN.S : Parce qu'il n'y a pas que le niveau de compétition qui compte, il y a aussi le contexte. Ici, il y a une façon de fonctionner, au coeur d'un projet où nous sommes parties prenantes dans tous les aspects. Se retrouver un pion ou une pièce rapportée, je ne sais pas si je pourrai. J'ai passé trop de temps ici comme mettre d'oeuvre du truc pour me retrouver … Je ne sais pas si j'y arriverai.

Ce n'est pas le bon moment ?

JN.S : ... C'était tentant. Il y a de bons côtés à se retrouver technicien dans un staff du Top 14, investi d'un secteur de jeu, ne plus être responsable du management, se recentrer sur l'entrainement : ça peut me plaire. C'est moins de contraintes. Tout se pèse. Mais j'ai aussi ici un lien affectif. Et le sentiment que l'aventure n'est pas finie.

" C'est le rêve ultime. Il faut en avoir un"

Avoir été approché par le Top 14 doit conforter vos idées ?

JN.S : J'ai beaucoup de recul sur ça. Grâce aux performances des joueurs la saison dernière, j'ai été un peu médiatisé, d'un seul coup je n'étais plus un inconnu. Ca fonctionne comme ça, mais je ne suis pas sûr qu'on regarde vraiment le travail effectué.

Et atteindre ce Top 14 avec Vannes ?

JN.S : Ca serait super, même si on sait que c'est un monde tellement disproportionné avec celui du milieu de tableau de Pro D2. En terme de moyens, et de qualité de joueurs, on est très très loin. Mais, quelque part, c'est le rêve ultime. Il faut en avoir un. Mais il faut qu'on l'ait tous : dirigeants, staff, éducateurs, école de rugby... Ce n'est pas plus difficile de monter de Pro D2 auTop 14, que de Fédéral 1 en Pro D2. Il faudra juste ne pas se louper le jour où il y aura l'opportunité.

Quelle ambition porter sur la seconde phase du championnat ?

JN.S : On est dans le ventre mou, sur la ligne de départ, avec de nombreuses équipes à pouvoir prétendre aux cinquième et sixième places. Il faut se focaliser là-dessus et se donner pour objectif de se qualifier.

Est-ce une situation similaire à la saison passée ?

JN.S : L'an dernier, lors des dix derniers matches, la pièce tombait tout le temps du bon côté. On a aussi eu l'émergence de joueurs qui nous ont portés. On ne refera pas la même chose. Par contre, on sait que c'est un championnat où l'on est souvent payé de son travail.

Il y a l'envie de revivre ces barrages ?

JN.S : Ce qu'on a vécu l'année dernière, ce sont des émotions fortes. On se paie d'une saison très longue en arrivant à cela. On est dans la course. Aujourd’hui, ne pas atteindre cette sixième place, ne pas vivre une phase finale, on serait déçus. On jouera peut-être notre va-tout sur le dernier match face à Perpignan à domicile. C'est un scénario tout à fait envisageable.

Par Laurent Vilboux, @LaurentVilboux.

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