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Travail, rigueur, convictions, les clés de la méthode Bru pour atteindre la finale

Travail, rigueur, convictions, les clés de la méthode Bru pour atteindre la finale
Par Rugbyrama

Le 21/05/2019 à 14:12

PRO D2 - Yannick Bru est parvenu à hisser son équipe jusqu’à la finale de Pro D2, qui se disputera dimanche, un an après avoir débarqué dans le club. La clé de la réussite fut, comme souvent, le travail. Mais ce n’est pas la seule…

L’histoire entre Yannick Bru et l’Aviron Bayonnais n’a démarré que depuis treize mois. Pourtant, dimanche, l’ancien entraîneur du XV de France, va disputer sa première finale avec son nouveau club. Ce sera aussi sa première en tant que numéro un. L’appétit est venu en mangeant pour son équipe. Dans le froid de l’hiver, l’Aviron a su engranger les points pour finalement s’assurer assez tôt une place dans les six premiers, objectif annoncé en début de saison.

Avant de voir plus haut. "Nous n’avions pas pu le dire avant, mais c’est vrai que dans la tête de Yannick, dans la mienne aussi, dans les têtes du staff ou des joueurs, l’objectif de remontée en Top 14 a commencé vraiment à se sentir entre mars et avril" confie Philippe Tayeb. Ses joueurs sont à 80 minutes de rejoindre l’élite. Et ce, grâce à certains points clés, de ce qu’on appellera “la méthode Bru”.

Un staff conséquent

C’était une de ses volontés, si ce n’est sa volonté principale. Dès son arrivée, Bru avait annoncé : "Pour construire un projet qui se tienne, il faut des joueurs, mais aussi des encadrants de qualité." Son président se souvient : "L’arrivée de Yannick était articulée sur trois priorités. La première était qu’il soit le chef d’orchestre de ce club. La seconde concernait la non-fusion. La troisième était celle d’avoir un staff étoffé. Il avait rapidement perçu les qualités à Bayonne. Il lui manquait tout l’environnement de travail. C’est pour ça qu’il a vraiment exigé d’avoir un staff de Top 14."

Le travail d’un Ludovic Loustau, dans le domaine de la préparation physique, a métamorphosé le comportement de certains joueurs sur le terrain. L’arrivée d’Éric Artiguste, couplé au savoir du binôme Rey-Etcheto déjà en place, a permis à l’Aviron d’avoir la meilleure défense de Pro D2. Le médical, également, s’est renforcé et longtemps l’Aviron eut une infirmerie quasiment vide, avant que les pépins ne s’accumulent sur la fin. L’expérience présente dans ce staff a contribué à la réussite de la saison, c’est une évidence. "Vous savez, la phrase importante de Yannick est “a-t-on apporté tous les moyens, au joueur, pour qu’il réussisse ?”" glisse Tayeb.

Pro D2 - Eric Artiguste, assistant de Bayonne

Pro D2 - Eric Artiguste, assistant de BayonneIcon Sport

Le travail comme pierre angulaire

Il l’a martelé, maintes et maintes fois. "Ce que je vous promets, c’est du travail et une attitude. Je me suis engagé pour ça » annonçait-il en avril 2018, lors de sa première conférence de presse. Passées les promesses, les actes sont arrivés rapidement, les semaines d’entraînement se sont enchaînées et les résultats avec. « Nous voulions remettre un cadre et de la rigueur dans ce club affirme Philippe Tayeb. Il y a eu la touche d’un manager de très haut niveau et impliqué à 100% dans la réussite du projet."

Cette saison, on aura pu noter, du côté de Jean-Dauger, que le dimanche matin n’était pas forcément un jour de repos. "Yannick avait un modèle bien précis, poursuit le président du Directoire. Le lendemain du match était un jour “off” et que le jour d’après tombe un dimanche, un lundi, un jour férié ou pas férié, une séance avait lieu. Quand on a la chance de pratiquer un sport de haut niveau et d’être rémunéré pour pratiquer sa passion, il y a un privilège. Il faut juste travailler avec des objectifs désignés et c’est ce qui s’est produit."

On aura également remarqué que, si les ciel et blanc ont passé les cinq jours des fêtes de Bayonne loin de la foule, ce fut aussi le cas pour la foire au jambon, puisque le groupe pro a posé ses valises pendant quatre jours à Loudenvielle. "Il y avait besoin de ce stage pour ressouder un groupe et préparer ces phases finales souligne Tayeb. Il fallait les préparer au mieux pour aller au bout."

Philippe Tayeb - Bayonne

Philippe Tayeb - BayonneMidi Olympique

Des choix forts, mais finalement payants

Dans la gestion de son effectif, Bru et ses adjoints ont utilisé pas moins de 50 joueurs pendant la phase régulière. C’est beaucoup. Cette rotation, très importante en début de saison, moins sur la fin, créa une certaine émulation dans un groupe rajeuni par la présence d’une vingtaine de joueurs sous contrat espoir. "C’est un souci de riches, souriait Etcheto, cet hiver, quand il évoquait le sujet. On a cette chance d’avoir un groupe assez homogène. Ça crée un amalgame qui fait du bien, parce qu’il rafraîchit un peu l'effectif. En plus, c’est intéressant dans la gestion, car ça permet d’amener de la fraîcheur à la fois physique et mentale."

Toujours dans la gestion du groupe, Bru n’a pas hésité, cette saison, à se passer d’anciens joueurs cadres de son effectif. Tant pis pour l’expérience. Ainsi, la mise à l’écart de Du Plessis permit aux jeunes Tedder et Ordas de se montrer. Le temps de jeu réduit pour Bustos Moyano offrit la possibilité à Aymeric Luc de découvrir le Pro D2, avant que ce dernier ne vienne concurrencer sérieusement Tisseron, de deux ans son aîné. Héguy, du haut de ses 21 ans, s’installa comme un titulaire indiscutable en troisième ligne aile. "Quand on voit le résultat, oui, ces choix ont été payants" reconnaît le président bayonnais.

On pourra également noter que le pari Latunipulu est gagnant. Arrivé en tant que joker médical de Benjamin Thiéry, l’Australien de 22 ans, en plus d’être un bon défenseur, est un véritable danger, balle en main, lorsque les espaces s’offrent à lui. "Les connexions de Yannick nous ont permis de le faire venir" explique Philippe Tayeb.

Pro D2 - Yannick Bru (Bayonne)

Pro D2 - Yannick Bru (Bayonne)Icon Sport

Des convictions de jeu

Enfin, en un an, l’ancien talonneur du Stade toulousain a construit un plan de jeu qui correspond à son effectif. Face au déficit physique de son pack, qui plus est après les blessures de Ducat, Koster ou Oulai, le manager ciel et blanc et ses adjoints ont renforcé leur volonté d’un jeu de mouvement. "Nous avons plus une équipe de mouvement que de percussion, avec des jeunes joueurs vifs, qui se déplacent" notait Joël Rey avant la demi-finale. L’Aviron a d’ailleurs été la quatrième du championnat à marquer le plus de points sur la phase régulière (719).

Si tout n’a pas été parfait - loin de là - et que des carences sont apparues même tard dans la saison, on ne peut que constater que le couple jeunesse-vitesse a fonctionné à merveille. Et ce, pas plus tard que samedi dernier à Oyonnax. Et même si cette “remontada” avait un côté irrationnel, même si Bayonne ne pourra pas proposer de tels scénarios tous les week-ends, la présence de l’Aviron en finale ne doit, finalement, rien au hasard.

Pablo Ordas

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