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Béziers : la lettre qui met le feu aux poudres

Béziers : la lettre qui met le feu aux poudres
Par Marc Duzan via Midi Olympique

Le 10/06/2020 à 11:19Mis à jour Le 10/06/2020 à 11:43

PRO D2 - Entre les propriétaires actuels de l'ASBH et les investisseurs emirati, les négociations avancent à un rythme de sénateur, pour dire le moins. Arrivera-t-on à une cession du club à la mi-juillet comme il avait un temps été espéré par le maire de la ville, Robert Ménard ?

Mardi, le secteur associatif de l'ASBH est en tout cas monté au front, via l'action d'un cabinet d'avocats, pour mettre la pression sur les actuels propriétaires du club et tenter de faire accélérer les choses : la situation de la structure professionnelle biterroise est-elle aussi grave que l'écrit Eric Freitas, le président du secteur amateur de Béziers, dans une lettre dont nous nous sommes procurés une copie ?

Le possible rachat de l'ASBH par des investisseurs emirati prête le flanc à de multiples fantasmes, dans le mundillo du rugby. Cette semaine, deux agents influents de l'ovale hexagonal nous confiaient même que les argentiers du Golfe, représentés par l'ancien international Christophe Dominici, étaient déjà actifs sur le marché des transferts et parfois de façon très spectaculaire : si Benjamin Fall (ex Montpelier) ou Clément Daguin (Stade français) sont sur les tablettes, les possibles repreneurs de l'ASBH rêvent aussi à une pige de six mois des All Blacks Beauden Barrett et Ma'a Nonu, ça ne s'invente pas...

Ni comptes du club, ni garanties bancaires : c'est l'impasse...

Ce n'est pas tout : pour prendre en mains le projet sportif, les noms de prestigieux managers tels Robbie Deans ou Joe Schmidt ont même été avancés. Frédéric Michalak, lui, aurait dans cet organigramme un rôle transversal d'ambassadeur commercial, quand Christophe Dominici deviendrait le président du directoire. Mais aussi grandioses soient les projets entourant le futur à court terme de l'ASBH, le club est encore très loin d'être vendu. Comme nous vous l'apprenions dans le Midi Olympique de lundi dernier, les négociations entre les deux parties (d'un côté, les investisseurs du Golfe et de l'autre, les co-présidents Pierre-Olivier Valaize et Cédric Bistué) n'ont pas encore abouti. Ont-elles seulement commencé ?

D'un côté, les représentants des Emirati assurent ne pas avoir en leur possession les comptes de l'ASBH pour l'exercice 2019-2020. De l'autre, les actuels propriétaires (Pierre-Olivier Valaize, Louis-Pierre Angelotti, Cédric Bistué) nous confient ce mercredi matin n'avoir toujours la moindre garantie bancaire de la part des acheteurs potentiels, un préalable à toute négociation. Cela pourrait-ils évoluer dès demain ? C'est en tout cas ce que laisse croire un communiqué officiel de l'ASBH, paru ce mercredi matin sur les réseaux sociaux : "Le club aura transmis dès ce jeudi à son avocat, et comme demandé, les documents comptables nécessaires. Nous attendons ainsi la même chose des potentiels repreneurs, à savoir production des garanties (bancaires) demandées (…), afin d'accélérer une éventuelle vente du club ou pas." Du côté des Emirati, on nous assure au même moment que ces fameuses garanties bancaires sont "en cours de livraison ".

Un déficit supérieur à 5 millions d'euros ?

Malgré tout, et afin d'accélérer un processus qui traîne en longueur depuis déjà des semaines, l'association de l'ASBH (le secteur amateur qui détient le numéro d'affiliation à la fédération), représentée par le cabinet d'avocats Bruzzo-Dubucq, a fait parvenir mardi après-midi par huissier une lettre très virulente aux patrons de la SASP (le secteur professionnel) biterroise. Au fil de cette missive dont nous nous sommes procurés une copie, le président de l'association Eric Freitas fait donc état d'une "situation grave d'un point de vue financier", énonce que "le déficit de 5, 274 116 euros" nécessiterait "35 ans" pour être comblé au rythme où entrent actuellement les recettes au club et dans ce cas, estime au nom du secteur amateur que "l'attitude consistant à manquer de respect aux tiers qui s'intéressent au club doit être revue et corrigée".

En conclusion de ladite missive, le président de l'association offre trois solutions : dans la première,il conviendrait de résorber le déficit de 5 millions d'euros par les moyens opportuns ; dans la seconde, les propriétaires actuels accepteraient de négocier la vente des parts de la SASP aux Emirati ; la troisième option, elle, mènerait à une action en justice qui conduirait, si l'équilibre du club était réellement en danger financier, à "la liquidation judiciaire du club". Cette lettre, qui a mis le feu aux poudres à l'ASBH, ne plonge par pour autant le président Valaize dans la panique. Joint par nos soins ce mercredi matin, celui-ci explique : "Ce n'est rien de méchant. Dans un club, il y a parfois des différends entre une association et le secteur professionnel. Et puis, les gens confondent trou financier avec un déficit cumulé et comblé par des augmentations de capital. Les déficits ont commencé bien avant nous ; ils ont commencé depuis que la SASP existe, en réalité. Et ces déficits, ils ont tous été comblés. La DNACG ne nous aurait pas permis de continuer, si cela n'avait pas été le cas".

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