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Pro D2 - Jack Isaac (Biarritz) : "Je n'ai pas honte de dire que je veux gagner"

Isaac : "Je n'ai pas honte de dire que je veux gagner"

Le 27/06/2018 à 14:50

Nommé manager après le départ de Gonzalo Quesada, lors de la reprise à la mi-juin, l'entraîneur des trois-quarts de Biarritz Jack Isaac ne s'était pas exprimé depuis sa nomination. Maintenant que les choses se sont calmées, le technicien australien a accepté de revenir sur l'intersaison mouvementée vécue par le BOPB. Et il se projette dans l'avenir, avec ambition et sérénité.

Rugbyrama : La reprise s'est déroulée dans des conditions un peu particulières au BOPB. Comment l'avez-vous vécue ?

Jack Isaac : C'était perturbant pour nous tous, forcément. Dès la fin de saison dernière d'ailleurs. Heureusement, les joueurs et le staff s'étaient montrés très solidaires et nous étions arrivés à faire abstraction de tout ça pour aller en phases finales. A l'intersaison, les choses se sont vraiment compliquées, l'incertitude était énorme avec le club relégué en Fédérale 1. Même si nous étions en vacances, personne n'a vraiment coupé. Personnellement, j'étais en Australie et je me levais toutes les nuits pour aller voir les infos qui tombaient quotidiennement. C'était dur pour moi alors j'imagine ce que c'était pour les joueurs...

Comment avez-vous retrouvé le groupe justement ?

J.I. : Avec tous ces changements, l'environnement n'était pas très stable évidemment. Mais le jour de la reprise, j'ai vu quelques cadres de l'équipe et j'ai pu constater qu'ils avaient tourné la page. Vraiment. Ils ont repris l'entraînement et sont passés à autre chose. Les joueurs ont encaissé ces événements. Depuis cette journée, l'équipe a franchi un cap mentalement et dans son état d'esprit. Ceci dit, même si nous avons passé une période vraiment difficile, je suis très content que Louis-Vincent Gave se soit engagé dans le club parce qu'il est très clair qu'il va apporter de la stabilité financièrement, sur le moyen et le long terme. Nous allons en récolter les fruits dès cette saison je pense.

Thibault Dubarry (Biarritz)

Thibault Dubarry (Biarritz)Icon Sport

On imagine que ça fait du bien...

J.I. : Oui. Ça a été très dur mais il faut voir le positif qui est sorti de cette situation. L'issue, c'est que quelqu'un d'une générosité énorme et fidèle à sa parole a pris le club en charge. Savoir que Louis est là et que nous allons pouvoir faire les choses sur le long terme pour consolider les fondations du club m'apporte beaucoup de réconfort.

Vous avez pris le statut de manager au départ de Gonzalo Quesada. Votre rôle est différent cependant de celui que vous occupiez en 2016-2017 puisque vous restez sur le terrain cette fois. Quelles seront vos fonctions exactement ?

J.I. : Je ne suis pas quelqu'un qui a besoin de titres, ce n'est pas ma façon d'être. Je me vois plus dans la continuité d'un projet qui a démarré la saison dernière. Je suis là pour assurer que ce groupe continue à grandir et que nous lui apportons tout ce dont il a besoin en termes de tactique, de stratégie, de rugby mais aussi de valeurs. J'ai un devoir vis-à-vis des joueurs, c'est ma mission première. Si ce titre est manager, c'est très bien. Mais même si Gonzalo était vraiment le chef l'an dernier, nous étions complémentaires et partagions sur tous les domaines avec tout le reste du staff. Maintenant, c'est juste moi qui essaie de chapeauter tout ça. J'ai confiance en tout le monde pour qu'on continue à travailler de la même manière.

Comment aviez-vous appris le départ de Gonzalo Quesada ?

J.I. : C'est lui qui me l'avais dit. Je l'ai su légèrement avant les autres mais nous l'avions un peu gardé pour nous. J'aurais vraiment souhaité continuer l'aventure avec lui parce que j'ai passé une très chouette année à ses côtés et ceux de Simon (Raiwalui, parti entraîner les Wallabies, N.D.L.R.) mais il a pris cette décision pour des raisons qui lui appartiennent et que je comprends complètement. L'aventure continue cependant.

Gonzalo Quesada - Directeur Biarritz

Gonzalo Quesada - Directeur BiarritzIcon Sport

Avez-vous eu besoin de réfléchir quand on vous a proposé de le remplacer comme manager ?

J.I. : Disons que tout est allé très vite. Ce titre de manager n'était pas forcément quelque chose que j'avais envisagé mais les circonstances ont fait qu'on me l'a proposé et que je l'ai accepté parce que j'ai un devoir vis-à-vis de ce groupe et que j'ai envie de lui donner la possibilité d'aller chercher quelque chose.Vous savez, je ne suis pas étranger à ce type de rôle. J'étais entraîneur du BO en 2010 quand nous avons été en finale de Coupe d'Europe et deux ans plus tard quand nous avons remporté l'Amlin Cup et il n'y avait pas vraiment de missions définies à ce moment-là. Nous étions avec Jean-Michel Gonzalez et il n'y avait pas une hiérarchie comme c'est le cas aujourd'hui. A Hong Kong, j'étais le directeur du rugby du Vallée RFC durant deux ans et ma mission était de chapeauter tout le rugby professionnel.

Allez-vous continuer à entraîner les trois-quarts ?

J.I. : C'est un peu la question. Pour l'instant, l'évolution du staff n'est pas arrêtée. J'ai encore besoin de voir le groupe et d'évaluer nos besoins. Il y a beaucoup de nouveaux joueurs, l'équipe est plus étoffée que l'an dernier et il faut que je m'adapte. Je dois le sentir et voir ce qu'il faut amener, ou pas, avant qu'on ne s'engage dans quoi que ce soit.

Avez-vous déjà défini un objectif sportif ?

J.I. : Collectivement, pas encore, mais je n'ai pas honte de dire que je veux gagner. C'est quelque chose que j'ai en moi et je me dis que si on ne peut pas l'afficher publiquement, cela signifie qu'on ne fixe pas des objectifs assez hauts à son équipe. Nous allons en discuter avec les joueurs et décider de ce que nous sommes capables de faire. Ce groupe a joué les phases finales les deux dernières années, travaille bien, a grandi et a lui-même des ambitions. Honnêtement, je n'ai vraiment pas honte de dire que je veux gagner. Cela ne veut pas dire que nous allons le faire et je que c'est l'objectif de toutes les autres équipes mais je sais que nous ferons tout pour y parvenir.

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