Midi Olympique

Bru : "Je sais que le challenge est difficile parce qu’il y a des attentes importantes ici"

Bru : "Je sais que le challenge est difficile parce qu’il y a des attentes importantes ici"
Par Rugbyrama

Le 25/04/2018 à 14:45Mis à jour Le 25/04/2018 à 14:46

Le nouveau responsable du secteur sportif s’est exprimé pour la première fois devant la presse ce matin.

Rugbyrama : Pourquoi avoir accepté ce poste à Bayonne ?

Yannick Bru : J’avais envie de démarrer une nouvelle aventure, d’avoir le leadership d’un staff sportif. Je me suis construit non pas des certitudes, mais des convictions, une vision. D’un point de vue strictement personnel, ça répond à cette logique et la deuxième motivation est que Philippe et ses partenaires m’ont présenté les spécificités de l’Aviron Bayonnais que je connaissais.

Yannick Bru - Bayonne

Yannick Bru - BayonneMidi Olympique

À savoir une terre de passionnés qui est profondément rugby, ce qui génère aussi beaucoup d’excès qui peuvent faire peur. Je ne vous cache pas que ça a été moteur dans ma réflexion. Il y a beaucoup de résultats chez les jeunes. Quand on voit le nombre d’abonnés et la passion que déclenche l’Aviron, l’identité forte qui est celle du territoire ici sont des choses qui me parlent. J’ai passé 18 ans au Stade Toulousain qui a aussi une identité de jeu très forte.

" Si vous voulez rire deux secondes, je ne vous cache pas que 100% de mes copains m’ont dit ne va surtout pas à Bayonne."

Cette identité, passion et primeur donnée à la formation me font penser qu’il y a quelque chose à faire ici à Bayonne, qui m’a attiré. Je crois aussi que Philippe et ses partenaires se sont engagés sur une forme de stabilité qui est importante pour moi. Si vous voulez rire deux secondes, je ne vous cache pas que 100% de mes copains m’ont dit "ne va surtout pas à Bayonne." Mais bon, c’est aussi quelque chose qui m’a motivé parce que ce challenge m’intéresse et je sais que pour démarrer une nouvelle carrière de responsable sportif, il fallait mettre les mains dans le cambouis. J’ai de l’énergie, de la motivation, peut-être aussi un esprit de revanche. Vous savez que les derniers mois n’ont pas été forcément agréables pour moi sur un plan strictement professionnel. Je pense qu’ici, c’est le bon endroit pour démarrer cette expérience.

Est-ce que les excès vous ont freiné ?

Y.B. : Je les ai vus, entendus et bizarrement, c’est ce qui m’a motivé. Je sais que le challenge sera difficile, mais mes prédécesseurs ont fait beaucoup de bon travail. Je sais aussi, pour avoir vécu une expérience douloureuse récemment, que le niveau de résultat n’est pas forcément corrélé à la quantité de travail qu’on met en place. Le sport professionnel est beaucoup plus instable que ça. J’ai beaucoup de respect pour ce qu’a fait Pierre Berbizier. Je sais que le challenge est difficile parce qu’il y a des attentes importantes ici. La passion est un peu plus exacerbée qu’ailleurs. Bizarrement, c’est ce qui m’a motivé. Me concernant, j’ai envie de me confronter à ça.

Pierre Berbizier

Pierre BerbizierIcon Sport

Quel va être votre rôle ?

Y.B. : Je viens pour être responsable du secteur sportif, donc de l’équipe professionnelle. Je viens aussi pour entretenir cette passerelle qui est existante depuis longtemps entre le monde professionnel et amateur, c’est-à-dire la structure de formation. Il y a beaucoup de très gros potentiels, issus de la formation Bayonnaise, qui commencent à pointer leur nez dans le rugby pro. La formation est connue, reconnue et il y a un excellent travail qui est fait par toute la partie amateur. Je viens pour renforcer la passerelle. Ça, c’est une vision sur le moyen et long terme.

Dans un premier temps, mon ambition sera essentiellement portée sur le court terme : à savoir les résultats avec l’équipe professionnelle. Je viens, non pas pour garantir un certain niveau de résultat, mais pour m’engager sur une certaine quantité de travail, un cadre de fonctionnement qui correspondra à ma vision qui a toujours été assez rigoureuse. Mon projet est de mettre 80% de mon énergie sur le court terme et continuer à garder un œil sur le moyen terme. Je le répète, Bayonne peut être très fier du travail réalisé sur sa formation et il s’agira, pour moi, de continuer à l’entretenir.

Compte tenu du standing de l’Aviron, avez-vous les moyens de dire que votre ambition sera d’être en phases finales l’année prochaine ?

Y.B. : Moi, ce que je vous promets, c’est du travail et une attitude de l’ensemble des joueurs et du staff. Je me suis engagé pour ça. On va chercher à maîtriser un maximum de choses qui dépendent de notre attitude. La conséquence de ce travail et cette attitude devraient logiquement nous permettre de rentrer dans les six premiers. De toute façon, les résultats seront la conséquence de cette implication au travail. Vous annoncer aujourd’hui que j’espère qu’on sera dans les six premiers la saison prochaine n’est pas mettre une pression supplémentaire sur qui que ce soit.

C’est dans la norme des choses et ça me paraît tellement évident que je ne sais même pas s’il faut le dire. J’espère qu’on aura, dans les éléments extérieurs, une stabilité sur ces deux ans qui permettra de générer de la confiance et la sérénité qui sont nécessaires pour l’accomplissement de bons résultats.

Comment avez-vous vécu, à distance, les événements mouvementés de vendredi dernier ?

Y.B. : Pour l’instant, les présidents ne m’ont jamais menti. J’avais demandé de la stabilité, une certaine rigueur sur un projet, une vision sur deux ans, la présence d’hommes, un certain niveau de budget. Le projet que je vais porter est celui de Bayonne, axé sur sa formation avec des moyens mesurés pour eux. Le directoire m’a certifié que la période où l’Aviron Bayonnais dépensait deux euros quand il en avait un dans les poches était révolue.

J’ai accepté ça en connaissance de cause. Ils ne m’ont pas menti sur ça puisque toutes les conditions que j’avais formulées ont été cochées et remplies. Ils m’ont aussi dit, "là, il faut que tu te bouches les oreilles pendant quelques semaines, ça risque de souffler fort." Ils ne m’ont pas menti là-dessus aussi puisque ça a soufflé fort jusqu’à l’AG. Je n’ai pas été surpris car j’avais été averti avant.

Ne craignez-vous pas un trop long temps d’adaptation, comme lors de la saison dernière ?

Y.B. : Cette crainte est légitime. Maintenant, il y a beaucoup d’intervenants du staff qui vont rester (Rey et Etcheto conservent leur poste). Il était important de conserver ceux qui ont vécu le passé proche pour être plus forts dans le futur. Ça a été un élément moteur dans ma prise de décision.

Vincent Etcheto (Bayonne)

Vincent Etcheto (Bayonne)Icon Sport

Propos recueillis par Pablo Ordas.

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