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Les nouveaux habits du Benetton Trévise

Les nouveaux habits du Benetton Trévise
Par Rugbyrama

Le 07/03/2019 à 18:30Mis à jour Le 07/03/2019 à 18:31

PRO 14 - Alors que la sélection italienne ne progresse pas, les espoirs du rugby italien reposent désormais sur le Benetton Trévise. Découverte d'un club en pleine mutation.

Samedi en fin d'après-midi le Stadio Comunale di Monigo de Trévise, ville du nord-est de l'Italie, est en pleine effervescence. Antonio Rizzi vient de passer une pénalité sous la sirène (81ème) et scelle la victoire de son équipe du Benetton Trévise qui l'emporte 18-10 devant Edimbourg. Ce succès est le huitième match sans défaite (sept victoires et un match nul) des italiens qui sont invaincus depuis le 24 novembre et une défaite 31-25 à Bloemfontein face aux Cheetahs. Sur la même période, aucune équipe n'a fait mieux. Cela vaut aux verts et blancs une seconde place de la conférence B, devancés seulement par le Leinster champion en titre. S'ils parviennent à garder une des trois premières places, leur qualification sera inédite pour un club italien depuis leur intronisation en 2010.

Alors que le sélectionneur de la Squadra Azzura Conor O'Shea cherche toujours sa première victoire dans le Tournoi des 6 Nations 2019 depuis sa nomination en 2016, le Benetton est indéniablement la sensation actuelle du rugby mondial. Il contraste avec l'étiquette de défaite qui est affublée aux clubs italiens. Car en effet, personne ne s'attendait à voir le club si haut au classement. Pourtant, le Benetton Trévise est en constante progression depuis 2016 et la nomination de Kieran Crowley au poste d'entraîneur.

À l'arrivée de l'ancien sélectionneur néo-zélandais du Canada, la franchise italienne sortait d'une triste saison avec seulement trois victoires et une dernière place du Pro 12. Dès lors, le nombre de victoires et leur classement a grandi saison après saison. Les performances du club en Coupe d'Europe cette année sont également à souligner. Habitué aux dernières places et aux risées, Trévise était engagé dans la poule 5 en compagnie des Harlequins, de Grenoble et d'Agen. Et là aussi le club a étonné. Il est à créditer d'un beau parcours qui l'a vu manquer la première place et la qualification d'un petit point après avoir gagné quatre matchs dont la réception des anglais (26-21) et le déplacement aux stades des Alpes (39-7).

Crowley s'appuie sur une majorité de joueurs locaux puisque 72 % de l'effectif a la nationalité italienne. Et il n'hésite pas à lancer, de nombreux jeunes comme le pilier Marco Riccioni (21 ans) ou le centre Marco Zanon (21 ans) qui ont été récemment appellé en sélection. Des joueurs qui écho au projet de grand ampleur axé sur la formation qui ayant été lancé par le club. Afin de pérenniser ses résultats en championnat et d'avoir un important vivier de joueur disponible, le club souhaite ouvrir d'ici 2023 une académie qu'il juge indispensable.

Pour encadrer ses pépites, Trévise a fait le choix de rappeler de nombreux cadres de la sélection qui évoluaient alors à l'étranger comme Tommaso Allan (ex-USAP), Tommaso Benvenuti (ex-USAP et Bristol) ou encore Tito Tebaldi (ex-Ospreys et Harlequins). Ces joueurs font profiter de leur expérience acquise dans les autres championnats européens. Les lions de Trévise bénéficient de leur liberté budgétaire pour s'offrir ses stars locales. En effet, l'autre franchise italienne engagé en Pro 14, les Zebres de Parme, appartient elle à la fédération italienne et voit donc ses dépenses liées au budget de la fédération.

Cela s'explique par le fait que le Benetton, un club historique, est soutenu par la marque de vêtements du même nom tandis que les parmesans sont une équipe montée à la hâte en 2012 pour remplacer la franchise d'Aironi qui venait de déposer le bilan. Les Zebres connaîtront eux aussi de récurrents problèmes financiers ce qui a entraîné leur mise sous tutelle.

Contrairement aux idées reçues donc, le club n'est pas « colonisé » par les étrangers même s'ils sont huit dans l'effectif. Le Benetton a récemment annoncé le recrutement pour la saison prochaine de l'ouvreur international irlandais Ian Keatley (7 sélections). Il jouait au Munster avant d'être transféré en février aux London Irish (D2 anglaise). D'ailleurs, parmi ces étrangers, certains sont devenus des internationaux italiens comme le néo-zélandais Jayden Hayward (15 sélections) ou l'irlandais Ian McKinley (7 sélections).

Une fois le Tournoi des 6 Nations 2019 fini, le calendrier chargé du Benetton permettra d'y voir plus clair. Pour les quatres dernières rencontres de la saison, Trévise se voit proposer de gros clients. Ils vont enchaîner deux dépalcements en Irlande au Connacht (22 mars) et au Leinster (6 avril) avant de recevoir le Munster (12 avril). Le dernier match leur offrira un derby, à Parme, contre les Zebre (27 avril). Un derby qui permettra, peut-être, d'écrire une nouvelle page du rugby italien.

Loïc Bessière

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