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Di Meco : "Le rugby a du mal à assumer le professionnalisme"

Di Meco : "Le rugby a du mal à assumer le professionnalisme"
Par Nicolas Augot via Midi Olympique

Le 19/04/2021 à 10:02Mis à jour Le 19/04/2021 à 10:12

Dans un grand entretien accordé au Midi Olympique, l'ancien joueur de l'Équipe de France de football, aujourd'hui consultant, parle rugby. Il décrit notamment sa vision du monde de l'ovalie et affiche son amour pour ce sport.

Vous aimez le rugby ?

Je l’adore. Quand l’équipe de France gagne, surtout quand elle joue comme ces derniers temps, je m’éclate devant la télé. Le rugby est un sport qui me fait mettre debout sur le canapé. Plus que le foot, car je dois être un peu blasé. Surtout, il a cette faculté à enflammer les gens, à faire monter la tension quand on sent qu’un essai peut arriver… Donc quand l’équipe de France marche bien, c’est super pour l’émission et c’est aussi génial pour le supporter que je suis.

Où en est le rugby aujourd’hui par rapport au monde du foot ?

Le rugby d’aujourd’hui, c’est le foot que j’ai connu dans les années 90. Quand j’ai débuté à l’OM dans les années 80, il y avait encore un président marseillais, les joueurs touchaient des salaires importants mais ils étaient obligés de travailler à la fin de leur carrière. Les arrivées de Lagardère au Racing et de Tapie à Marseille ont constitué une première culbute : les salaires sont passés de 50 000 à 200, 300 puis 500 000 francs. Les joueurs de rugby en sont là, aujourd’hui. Ils touchent des salaires qui, s’ils ne font pas n’importe quoi, peuvent leur permettre d’être tranquilles derrière ; voilà ce que j’ai connu au début des années 90… Peut-être même que les rugbymen arriveront un jour à ce qui se passe aujourd’hui dans le foot : la hausse des salaires est telle que même un joueur moyen est tranquille pour toute sa vie s’il signe un bon contrat.

Le rugby est-il un sport élitiste ?

Au foot, tout le monde peut avoir des pertinences et tout le monde peut dire des conneries. Au rugby, j’ai l’impression que si tu n’as pas la légitimité pour avoir joué ou tenu un certain rôle, tu ne peux pas en parler. C’est ça qui plombe votre sport. Il faut sortir de cette consanguinité ! C’est un sport tellement merveilleux, tellement télégénique et qui commence à trouver de plus en plus de public ! Vous savez, beaucoup de personnes en ont marre de tout ce qui se passe dans le foot et en venant au rugby, certains retrouvent les valeurs du monde du football d’il y a quelques années, celui que j’ai connu. D’ailleurs, je pense que Canal + était très content de mettre le rugby en avant le dimanche soir… Mais, j’y reviens : le rugby a du mal à assumer le professionnalisme. Il en veut tous les avantages, sans les contraintes. Le monde du rugby veut les mariages mais pas les enterrements. Et l’on trouve encore certains comportements du monde amateur.

Selon vous, est-ce un monde où les acteurs se vexent plus facilement ? où la critique extérieure est difficilement acceptée ?

L’altercation que j’ai eue avec Bernard (Laporte) part de là. C’est même la genèse de cette histoire. Il ne supporte pas le fait que des gens puissent dire que moi le footeux, je comprends le rugby. Mais il n’a pas saisi le principe du Super Moscato Show : dans l’émission, je suis le casse-couille de footballeur qui tape sur le rugby et Vincent, lui, taille le foot en se moquant. Mais on est dans un jeu.

Retrouvez l'intégralité de l'entretien sur midi-olympique.fr

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