Midi Olympique

"On a tout sacrifié pour cette qualification", assure le deuxième ligne espagnol Lucas Guillaume

"On a tout sacrifié pour cette qualification", assure le deuxième ligne espagnol Lucas Guillaume
Par Rugbyrama

Le 15/03/2022 à 11:30Mis à jour Le 15/03/2022 à 11:51

COUPE DU MONDE 2023 - Suite à la victoire de L'Espagne contre le Portugal ce dimanche (33-28), le "XV del Leon" obtient son billet pour la prochaine Coupe du monde en France. Le seconde ligne franco-espagnol et joueur d'Albi, Lucas Guillaume savoure ce moment historique.

Quel sentiment avez-vous après cette belle qualification ?

On est encore sur notre petit nuage. Je pense qu'on ne réalise pas trop car c'était un grand match et qu'il y avait beaucoup de monde. Au final, on se qualifie pour un événement qui est dans plus d'un an donc je pense que petit à petit, on va se rendre compte des choses quand toute la préparation aura commencé et qu'on enfilera les premiers maillots avec le blason de la Coupe du monde.

Au coup de sifflet final on vous a vu grandement célébrer, qu'avez-vous ressenti à ce moment-là ?

Cela fait plus de quatre ans que l'on se bat et que l'on sacrifie tellement de choses que ce soit personnel ou professionnel. Et là, c'est le moment où ces choix ont payé donc c'est tous ces efforts-là qui sont remontés. Et puis dans les tribunes, il y avait des anciens qui s'étaient fait voler la Coupe du monde avec nous la première fois. Il y avait aussi mon copain Sébastien Rouet qui était là pour voir son frère et qui a souffert lui aussi. C'est pour tous ces gens-là qu'on l'a fait.

Vous parlez de "vol", y a-t-il un sentiment de vengeance par rapport à 2018 ?

Ce n'est pas de la vengeance, on l'avait accepté, c'est plus qu'on avait envie de montrer que l'Espagne fait partie des 15 meilleures nations du rugby mondial. On n'avait pas à se venger de quoi que ce soit, même avec ce qui s'est passé avec l'arbitre roumain et les problèmes d'éligibilités. Voilà, les personnes qui nous ont causé du tort je leur en veux, mais aujourd'hui, on était face à une très belle équipe portugaise qui a fait un superbe match. C'était clairement un autre contexte.

Le match était relativement serré, notamment en début de match, avez-vous eu peur que ce rêve ne se réalise pas ?

Bien sûr, on savait qu'on allait jouer une grande équipe. Les Portugais ont accroché les Japonais en novembre, ils ont battu le Canada, ils sont la première équipe à faire un match nul depuis sept ans en Géorgie. Clairement, on n'a pas pris nos adversaires à la légère. On les a bien analysés, on savait que c'était une équipe qui marque beaucoup de points mais qui en prend pas mal aussi. L'objectif était qu'ils ne marquent pas plus de 25 points car on savait qu'on pouvait en mettre plus qu'eux.

Espagne - Coupe du monde 2023

Espagne - Coupe du monde 2023Midi Olympique

Vous avez dû passer une bonne soirée on suppose ?

On a fait une sacrée soirée jusqu'à six heures du matin (rires). La semaine va être un peu plus légère avant le match contre la Géorgie. Nous ne nous sommes pas entraînés ce lundi, il n'y a que des sourires sur les visages et un grand sentiment du devoir accompli.

Cette deuxième qualification de l'Espagne pour la Coupe du monde (après celle de 1999), peut-elle représenter un tournant pour le rugby espagnol ?

Oui, c'était l'un des enjeux de qualifier le pays. Cela va amener des sponsors, de la visibilité mais ça va donner de l'illusion aux enfants aussi. Hier, il y avait un stade rempli et avec beaucoup d'enfants. On est resté plus d'une heure et demi à prendre des photos et signer autographes pour les familles et même les écoles de rugby. Donc j'espère que la Fédération va surfer sur cette vague-là. Il y a clairement quelque chose à faire, c'est un pays qui aime le sport de haut niveau. Aujourd'hui, on se fait une place dans une nation largement dominée par le football. On a même fait la Une de Marca, c'est historique.

Vous serez dans la poule des Champions du monde (Afrique du Sud), mais aussi de l'Irlande et l'Ecosse pour le moment, qu'est-ce que ça vous procure ?

Je vous avoue que je n'avais pas vraiment regardé, car il y a quatre ans on s'était projeté et au final on est resté à la maison. Pour vous dire, ce sont mes parents qui m'ont envoyé un texto pour me dire dans quelle poule nous serons. Après, c'est sûr que jouer les Champions du monde mais aussi l'Irlande et l'Ecosse, c'est ce qui se fait de mieux dans le monde. On va peut-être aussi avoir un haka des Tonga ou des Samoa, c'est la totale on est très heureux.

Vous en avez toujours rêvé de jouer une Coupe du monde, est-ce le summum dans la carrière d'un joueur ?

Peu de gens peuvent se vanter d'avoir joué une Coupe du monde. Même des grands joueurs n'ont pas eu cette chance donc on est conscient que nous sommes des privilégiés. On va savourer toutes les minutes qu'on passera sur le terrain. C'est l'aboutissement d'une carrière, je ne pouvais pas rêver mieux. Je sais que je n'ai pas le niveau pour jouer en Top 14, mais mon objectif ultime c'était de participer au mondial et je l'ai réussi. En plus c'est en France, ce sera l'occasion de voir la famille. C'est génial.

Propos recueillis par Vincent Franco (avec Julien Sournies)

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