Midi Olympique

L'antisèche : Toulouse sait aussi gagner moche

L'antisèche : Toulouse sait aussi gagner moche

Le 01/05/2021 à 18:41Mis à jour Le 01/05/2021 à 21:35

CHAMPIONS CUP - Dans une rencontre d'abord pluvieuse, et qui n'a jamais atteint les standards européens habituels, le Stade toulousain a forcé la décision grâce à deux essais et quelques coups d'éclat en fin de match. Onze ans après, Toulouse jouera à nouveau une finale européenne. Ce sera face à La Rochelle ou au Leinster. C'est à peu près tout ce que l'histoire retiendra.

LE MATCH : De la pluie et de l'ennui

L'affiche franco-française, ajoutée au contexte de Covid-19 qui imposait le huis clos, ne donnait déjà pas à cette rencontre tous les parfums qui exaltent habituellement ces demi-finales de Coupe d'Europe. Le niveau de jeu a fait le reste : il fut faible, pour dire le moins. De nombreuses fautes de mains des deux côtés, des pénalités en cascade (25), peu de duels joués (7 franchissements) et, au bout du bout, une rencontre qui n'a jamais vraiment pris de volume.

La pluie, qui tombait fort sur Toulouse dans la première partie de la rencontre, est certainement une première explication valable. Elle ne suffit pas. L'enjeu, comme on le craint souvent dans ces matchs couperets, a surtout pris le pas sur le jeu. Toulouse et UBB ont privilégié des choix de jeu sécuritaires, de longs échanges de jeu au pied entre les deux fonds de terrain et du défi physique, beaucoup, sur la ligne d'avantage. Un schéma de jeu dans lequel les Toulousains se montraient légèrement plus puissants.

Les Toulousains ont finalement fait la différence par deux essais de leurs inévitables marqueurs : Matthis Lebel d'abord, tôt dans le match (5e), bien décalé sur son aile par Maxime Médard ; Antoine Dupont, ensuite, évidemment bien placé à l'intérieur lors d'un franchissement de Zack Holmes (21-9, 72e minute). La messe était dite.

LE JOUEUR : Pita Akhi, évidemment

Si Pita Akhi bénéficie d'un tel traitement de faveur dans sa gestion, souvent préservé pour se concentrer sur les gros matchs, c'est qu'il est un élément essentiel du collectif toulousain, à défaut d'en être le plus médiatique. Dans un match cadenassé, sa science de la défense au milieu du terrain à encore fait merveille. Montées en pointe pour fermer l'extérieur, défense en contrôle, au ballon ou aux chevilles, Akhi a une nouvelle fois fait la démonstration de tout son talent. Il est celui qui a régulièrement annihilé les velléités défensives des Bordelais. Huit plaquages à la clé, soit le trois-quart toulousain le plus sollicité dans ce secteur. Chacune de ses interventions a été impeccable.

Champions Cup - Pita Ahki (Toulouse), face à Bordeaux-Bègles).

Champions Cup - Pita Ahki (Toulouse), face à Bordeaux-Bègles).Midi Olympique

LE TOURNANT : Kolbe s'est soudain réveillé...

Jusqu'ici, l'ailier springbok de Toulouse n'avait pas montré grand chose. Il avait été propre, sur son aile, sans toutefois apporter toute l'imprévisibilité qu'on lui connaît. Mais Kolbe n'a besoin que de miettes pour s’illustrer.

Dans une fin de match légèrement plus ouverte, il a d'abord traversé la défense bordelaise autour d'un ruck, au milieu du terrain, éliminant au passage deux joueurs de deux crochets intérieurs diaboliques (65e). Ce premier coup d'éclat ne donnait finalement rien

Le second déclencha l'action de l'essai de Dupont. Kolbe était impeccable à la réception d'une chandelle offensive de Romain Ntamack. De là, tout s'enchaînait en passes après contact : Akhi, Médard, Holmes et enfin Dupont.

LA STAT : 9 essais pour Antoine Dupont en 2021

Si Mathis Lebel, encore auteur d'un essai dès l'entame ce samedi, est le scoreur le plus prolifique du Top 14 et du Stade toulousain, son demi de mêlée présente un ratio impressionnant : toutes compétitions confondues, Antoine Dupont a inscrit 9 essais (en 12 matchs) en 221. Souvent sur le même schéma, au soutien intérieur d'un coéquipier qui venait de franchir. C'était encore le cas, ce samedi face à l'UBB.

Champions Cup - Antoine Dupont (Stade toulousain) face à l'UBB

Champions Cup - Antoine Dupont (Stade toulousain) face à l'UBBIcon Sport

LA QUESTION :

Bordeaux a-t-il payé cher sa préparation tronquée par le Covid-19 ?

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C'était le sujet de la semaine, en Gironde. Les Bordelais n'avaient plus joué depuis trois semaines, soit le quart de finale face au Racing 92. Entre temps, ils avaient connu une période d'isolement, puis d'entraînements par petits groupes. Toute la semaine précédant cette première demi-finale européenne de leur histoire avait été rythmée par les tests PCR, qui faisaient planer la menace d'un match perdu sur tapis vert. Cela a-t-il pesé ? Forcément. La préparation n'était pas idéale, loin de là. Surtout, quelques éléments majeurs du groupe bordelais manquaient à l'appel, au gré des contaminations. On pense notamment à Rémi Lamerat, auteur d'une excellente saison et dont la dimension physique aurait pu poser des problèmes à Zack Holmes, notamment. L'absence de Santiago Cordero, capable de faire basculer seul un match, a également pesé dans un match fermé et en manque d'étincelles.

Vidéo - Le débrief de Toulouse-UBB en quatre points déterminants

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