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Le Leinster, un ogre presque sans failles en finale

Le Leinster, un ogre presque sans failles en finale
Par Rugbyrama

Le 28/05/2022 à 14:45Mis à jour Le 28/05/2022 à 14:50

CHAMPIONS CUP - Le Leinster, c’est quatre étoiles, l’une des meilleures équipes d’Europe et des joueurs de classe internationale. Arrivés au sommet en 2009 avec un premier titre majeur (H-Cup), les Irlandais n’ont, depuis, cessé d'impressionner et de maltraiter leurs adversaires saisons après saisons. Ce samedi, les Leinstermen pourraient remporter une cinquième Coupe d’Europe en six finales.

Sur le papier, le Leinster est l’opposé de Clermont-Ferrand en Champions Cup. Quand les Auvergnats échouent (trop) souvent en finale, les Irlandais de Dublin s’imposent, eux, presque à chaque fois. Entre 2009 et 2022, ces derniers en ont disputé cinq et remporté quatre, soit un pourcentage de réussite de 80%. Ce chiffre pourrait même grimper encore, en cas de succès face aux Rochelais. En Irlande, la culture de la gagne, on connaît.

2009 : un premier sacre historique

Jusqu’alors, le Leinster n’avait jamais réussi à se hisser en finale de Coupe d’Europe. Après avoir éliminé les Harlequins en quart, le champion en titre, le Munster, en demi, les “boys in blue” affrontent Leicester lors du dernier match de la compétiton. Ce 23 mai 2009, à Murrayfield, le duel entre Anglais et Irlandais est d’une intensité folle. Haletante et serrée du début à la fin, la partie ne souhaite pas choisir de vainqueur, jusqu'à la 71e minute. Moment choisi par le jeune Jonathan Sexton (23 ans) pour passer la pénalité de la gagne et offrir la victoire aux siens (19-16). Ce jour-là, la victoire revient à la meilleure équipe, bien menée par leur talentueux ouvreur, déjà, irréprochable dans son jeu et par une troisième ligne féroce (Elson-Jennings-Heaslip). À noter, les deux drops d’O’Driscoll et de Sexton dans les premières minutes de jeu qui auront grandement contribué dans la quête du trophée.

2011 : la confirmation

Après une campagne 2010 pleine de regrets, conclue par une élimination en demi-finale sur la pelouse du futur champion toulousain, les Leinstermen reviennent en 2011 avec une équipe similaire en tout point mais plus mature et expérimentée. Dans le dernier carré, les Irlandais prennent leur revanche face aux Haut-Garonnais et arrivent en finale avec un surplus de confiance. Trop sûr d’eux, les hommes de Joe Schmidt passent complètement à côté de leur première mi-temps et rentrent aux vestiaires menés 22 à 6 par une clinique équipe de Northampton.

En début de seconde période, le Leinster est métamorphosé et domine soudainement et outrageusement la partie. Dans ce choc de titans, une star se distingue des autres : Jonathan Sexton. En immense forme, “Johnny” livre alors l’un des meilleurs matchs de sa carrière. En inscrivant deux essais et en passant quatre pénalités et trois transformations, pour un total de 28 points. Il offre presque à lui tout seul le succès aux siens. Au coup de sifflet final, la remontée est historique. Menés de seize points à l’entracte, les joueurs de Dublin s’imposent finalement 33 à 22 face à des Ben Foden et Chris Ashton dépités. Un match qui restera à jamais dans l’histoire du rugby européen.

2012 : jamais deux sans trois, le Leinster enchaîne

Une équipe deux années de suite en finale, c’est rare. Seuls sept clubs y sont arrivés depuis 1995 (Brive, Leicester, Toulouse, le Leinster, Toulon, les Saracens et La Rochelle). Cette fois-ci opposés à leur compatriote de l’Ulster, les Leinstermen marchent sur l’eau durant cette finale à Twickenham. Pragmatiques et plus fort, ils enchaînent les points et l’emportent largement 42 à 14. En inscrivant cinq essais et en dépassant la barre des quarante points, il n’y aura pas eu match. En quatre ans, les “boys in blue” décrochent leur troisième H-Cup et sont incontestablement LA meilleure équipe d’Europe.

2018 : le retour au premier plan

Six ans sont passés depuis la dernière finale et, entre-temps, les Français ont dominé la scène européenne : Toulon a remporté trois H-Cup et Clermont a échoué trois fois près du but. Depuis leur dernière finale, beaucoup de choses ont changé dans leur équipe. Au poste d’entraîneur, Leo Cullen a remplacé Joe Schmidt. Dans le XV de départ, de nombreux cadres ont pris leur retraite à l’image de Brian O’Driscoll et de Jamie Heaslip, d’autres comme Furlong, Henshaw ou Ringrose se sont imposés comme des titulaires indiscutables. Mais l’âme du club est restée la même.

Pour la première fois, les Dublinois affrontent un club français en finale : le Racing 92. La rencontre est fermée et les défenses prennent le pas sur les attaques. Les octuple champions de Ligue Celte autrefois si plaisant dans leur jeu sont là simplement pragmatiques. À chaque occasion, Jonathan Sexton, encore et toujours lui, enchaîne les trois points. Au terme d’un match terne (15-12), les Irlandais remportent une quatrième Coupe d’Europe et égalisent le record du Stade toulousain.

2019 : une anomalie ?

Bel et bien de retour au sommet de son art, le Leinster parvient, en 2019, pour la deuxième fois de son histoire, à disputer deux finales consécutivement. Après avoir éliminé, l’Ulster et Toulouse en quart et en demi, l’équipe comptant dans ses rangs la majorité des internationaux irlandais, retrouve les Saracens en finale. À Newcastle, les deux adversaires du jour proposent des philosophies différentes. De leur côté, les Leintsermen bâtissent leurs victoires grâce à la rapidité et la qualité de leurs lignes arrières.

De l’autre, les Sarries préfèrent le défi physique. Et c’est sur ce point, que la différence se fait au cours du match. Après une première période serrée, le score est de 10 partout. Parfaitement muselé offensivement par une défense anglaise impactante au retour des vestiaires, le Leinster est acculé et ne parvient pas à trouver de brèches. Sans solutions, les joueurs de Leo Cullen s’inclinent 20 à 10 et perdent la première finale de leur histoire.

2022 : la der des ders

Alors Le Leinster arrivera-t-il a décroché une cinquième étoile européenne pour la dernière Champions Cup de l'histoire ? Il y a de bonnes raisons de croire que oui. Largement au-dessus du lot depuis le début de la compétition, aucune équipe n'a réussi à inquiéter sérieusement les Irlandais de Dublin, pas même le vainqueur sortant le Stade toulousain. Face à eux dimanche, ce sera un autre Stade, celui de La Rochelle, qui jouera sa deuxième finale consécutive et qui a plus de confiance et d'expérience que l'an dernier. Le choc s'annonce intense, mais les Leinstermen partent favori et joueront comme des morts de faim pour décrocher une cinquième coupe d'Europe en six finales.

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