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Delibes, step by step

Delibes, step by step

Le 11/04/2021 à 08:40

CHAMPIONS CUP – A peine la sensation Matthis Lebel accueillie du côté du Stade Toulousain qu’une nouvelle pépite est en train d’éclore. A 22 ans, le polyvalent trois-quarts Dimitri Delibes répond déjà présent.

Un premier match en Top 14 en guise de découverte (défaite 48-14 à Paris). Un second telle une révélation avec une première titularisation (défaite 31-23 à Lyon mais deux essais personnels !). Et enfin, 17 minutes disputées à Thomond Park pour une entrée convaincante, participant à deux des derniers essais de la victoire haut-garonnaise (40-33) au Munster. Beau CV, non ? Dimitri Delibes (1,90m et 85kg) trace sa route qui semble suivre celle de Maxime Médard, et récemment de Yoann Huget. Forfait contre Lyon ou le Munster, le futur retraité a fait un peu de place à la jeune pousse à Lyon et au Munster, avant de reprendre une place d’expérience sur le banc avant le quart de Clermont.

Mais qui est ce Dimitri Delibes promis à si un bel avenir ? Avec des origines tarn-et-garonno-martiniquaises, Dimitri tient davantage cette passion ovale de son papa, ingénieur "airbusien" et logiquement basé à Blagnac au cœur de l’aéronautique, plutôt que de son grand frère. Il a commencé le rugby à 6 ans, après le judo et le tennis. "J’allais au rugby retrouver les copains et prendre du plaisir, se remémore-t-il. Je rêvais en voyant jouer l’équipe de France, le Stade Toulousain, Wesley Fofana, Vincent Clerc ou Sonny Bill Williams. Mais sans me projeter."

Installé à Blagnac Rugby, l’ancien chef d’orchestre stadiste Christophe Deylaud va lui ouvrir les portes de la Une en Fédérale 1 alors qu’il était junior (17 ans) et lui permettre de se projeter. Le président blagnacais Benoît Trey ouvre l’album à souvenir. "L’œil avisé de notre manager Christophe Deylaud avait détecté ses talents dès les équipes Cadet et Junior, voyant en lui un avenir en Top 14 voire en sélection. On est très fiers de sa réussite et aussi de lui avoir donné quelques clés pour devenir un bon joueur de rugby."

Ouvrir un resto ?

Sauf que recruté par le grand Stade Toulousain en 2018, les débuts sont difficiles. "Après les années Blagnac, un club famille aux racines fortes et avec de l’entraide, j’ai découvert le Centre de formation et sa concurrence sur le tard. En plus d’une pubalgie avec saison blanche, je me suis posé des questions sur mon avenir et Jérôme Cazalbou, entre autres, m’a aidé à me battre pour ma passion. Je me pose aujourd’hui moins de questions et je prends plus de plaisir." Anciens de Blagnac, Pierre Pagès et Maxime Médard ont aussi fait office de grands frères chez les Rouge et Noir pour l’aider à passer ces débuts délicats dans la Ville rose.

Le président de Blagnac Benoît Trey n’est pas très inquiet sur son avenir connaissant ses valeurs. "C’est un garçon empreint d’humilité et de discrétion. Il est poli, serviable et humble, qui sont les qualités des grands sportifs. Il restera les pieds sur terre car il est bien équilibré et entouré. Il s’est même déjà proposé pour intervenir auprès des Juniors et donner un coup de main."

Fort de son Bac STI2D, Dimitri a aussi une passion pour la cuisine puisqu’il a validé un CAP Cuisine avant d’être aujourd’hui inscrit en BTS MUC. "Pourquoi pas un jour ouvrir mon resto ?" lance-t-il.

Médard : "Ses qualités physiques me rappellent celles de Gaël Fickou"

Mais revenons au jeu. Formé au centre, ayant évolué à l’ouverture, c’est aujourd’hui à l’aile que le "Caouec" (surnom des Blagnacais) est en train d’essayer de se faire une place. Le meilleur scoreur du Top 14 et double champion du monde U20 Matthis Lebel fait presque déjà figure d’ancien alors qu’ils sont tous deux de 1999. « Sa place est légitime. Il s’est fondu dans le moule de l’équipe depuis un moment et je ne suis pas surpris de ses performances. » D’ailleurs, Dimitri a déjà été appelé en équipes de France U19 et U20 Développement. Héritage.

Toujours dans le thème de la succession, Maxime Médard est aussi passé par le club du nord-toulousain qui accueille l’aéroport de l’agglomération. "Son parcours atypique est une richesse. Ses qualités physiques me rappellent celles de Gaël Fickou. Il travaille, il est patient, il doit gagner en confiance et il sera une pépite du Stade d’ici peu."

Ugo Mola, le manager stadiste n’est pas surpris du décollage de son poulain. "La conception de nos entraînements avec un groupe élargi et la présence permanente de nos jeunes permettent de révéler des garçons comme Dimitri dans des moments clés. Cela fait trois ans qu’il s’entraîne avec le groupe pro. Il a connu des pépins qui l’ont rendu fort et c’est une satisfaction de connaître de telles performances quand l’intensité est à son summum."

En contrat Espoir, Dimitri tente donc de saisir sa chance dès lors qu’un intervalle s’ouvre à lui, au propre comme au figuré. "Au Stade, tous les joueurs sont là pour nous faire briller. Je tente de ne pas me poser trop de questions en me donnant à fond. D’autant que je n’oublie pas qu’en ces temps de pandémie, j’ai la chance de vivre ma passion à fond. Hormis Blagnac, la plupart de mes potes ont leurs championnats amateurs à l’arrêt."

La tête dans les étoiles et les pieds bien sur terre, Dimitri Delibes franchit ses paliers, step by step.

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