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Champions Cup - Encore raté pour le Racing

Encore raté pour le Racing
Par AFP

Le 13/05/2018 à 14:54Mis à jour Le 13/05/2018 à 14:57

Plombé par la perte d'entrée de ses ouvreurs Pat Lambie et Dan Carter, le Racing 92 a tenu mais perdu sur le fil face au Leinster (15-12), s'inclinant pour la seconde fois en trois ans en finale de Coupe d'Europe, samedi à Bilbao.

Pourvu qu'il y ait une charnière valide jusqu'au bout, la prochaine fois. C'est ce que doit se dire Jacky Lorenzetti, le président du club francilien qui a pourtant recruté comme il fallait sur ces postes-clés ces dernières années pour ne jamais manquer. Et pourtant, Dan Carter avait joué blessé lors de la première finale continentale du club, en 2016 face aux Saracens (9-21), et Maxime Machenaud était sorti sur K-O. Deux ans après l'échec lyonnais, rebelotte : Machenaud a déclaré forfait il y a deux semaines sur une rupture des ligaments croisés, Carter a renoncé juste avant le match, touché aux ischio-jambiers, et son successeur Pat Lambie, titulaire annoncé, est sorti après 3 minutes de jeu seulement, blessé au genou droit.

Teddy Iribaren (Racing 92) contre le Leinster

Teddy Iribaren (Racing 92) contre le LeinsterIcon Sport

"La blessure de Dan hier à l'entraînement, c'était déjà compliqué", a reconnu l'entraîneur des arrières Laurent Labit. "La blessure de Pat d'entrée sur la première situation, avec ses qualités, le franchissement qu'il réalise sur l'action, ça nous a déstabilisés." Les N.1 maudits, la charnière Teddy Iribaren-Rémi Tales a pris le relais, et le Racing 92 a courbé l'échine sans jamais lâcher face à une province irlandaise devenue ultra-favorite.

Un favori peu inspiré

Sur une pelouse de San Mamés rendue glissante par la pluie, le Racing a fait ce qu'il sait faire de mieux en annihilant toutes les incursions irlandaises. Les chandelles de Johnny Sexton n'étaient d'aucun effet, la meilleure défense du Top 14 veillait au grain. Du coup, les Irlandais s'en remettaient à la botte de leur maestro face aux perches. Sauf que le patron du XV du Trèfle n'était pas dans son meilleur jour, se ratant deux fois, sur des pénalités certes à mi-terrain (49e, 57e). Dans une finale étouffante, sans essai, la tension a envahi San Mamés. Les chants des supporters irlandais, largement majoritaires, ont cessé de retentir lorsque Iribaren a donné 3 points d'avance au Racing à 10 minutes de la fin (12-9, 71e).

Jonathan Sexton (Leinster) contre le Racing 92

Jonathan Sexton (Leinster) contre le Racing 92Icon Sport

Le Racing ayant pris la bonne habitude de construire ses victoires dans les 20 dernières minutes, l'exploit prenait forme. Sauf que la domination n'avait pas changé de camp et que le Leinster, à défaut de s'approcher de l'en-but français, continuait d'engranger les pénalités en sa faveur. En plein doute, Sexton, qui avait choisi la mêlée à l'heure de jeu (59e) plutôt que de prendre des points, eut alors la bonne idée de se débarrasser de la pression sur deux tirs faciles, laissant le soin à son capitaine Isa Nacewa d'égaliser (12-12, 74e) puis de passer la pénalité de la gagne (78e). Le Racing 92, qui avait mené la moitié du match (3-0 de la 4e à la 17e, 6-3 de la 22e à la 39e, 9-6 de la 45e à la 54e, 12-9 de la 71e à la 74e), s'est retrouvé mené au plus mauvais moment. Le drop du désespoir de Tales à la sirène n'a rien changé.

Renaissance du Leinster

La province de l'est de l'île, déjà titrée en 2009, 2011 et 2012, rejoint ainsi Toulouse en tête du palmarès et son manager Leo Cullen devient le premier homme à soulever le trophée comme joueur puis comme entraîneur. Mais à quel prix ! "Ce n'était pas beau. Les dernières vingt minutes étaient dures à regarder, c'était une torture à plus d'un titre. C'est un soulagement", a commenté le manager. Comme lui, l'ouvreur Jonathan Sexton remporte à 32 ans l'épreuve pour la 4e fois, deux mois après avoir mené le XV du Trèfle au sommet de l'Europe avec un Grand Chelem dans le Tournoi des 6 Nations.

Dan Leavy et Jack McGrath (Leinster) contre le Racing 92

Dan Leavy et Jack McGrath (Leinster) contre le Racing 92Icon Sport

Il ne reste plus au Leinster - ou au Munster - qu'à remporter la Ligue celtique pour que la saison irlandaise soit parfaite. En Coupe d'Europe, elle l'a été pour l'équipe de l'ailier Isa Nacewa : neuf succès en autant de rencontres, avec notamment une démonstration face aux Saracens, doubles tenants du titre, en quarts de finale (30-19). Le Leinster devient ainsi la seconde équipe, après les Sarries en 2016, à réaliser un parcours sans accroc. C'est ce que l'histoire retiendra de cette finale, à défaut d'actions spectaculaires.

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