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L'antisèche : l’Angleterre, insubmersible

L'antisèche : l’Angleterre, insubmersible
Par Rugbyrama

Le 10/02/2018 à 20:34Mis à jour Le 10/02/2018 à 21:20

Dans un match d’une folle intensité malgré un petit score, l’Angleterre est venue à bout du Pays-de-Galles (12 à 6). Supérieure en première période, l’Angleterre a parfois douté, tangué, sans jamais couler face à une équipe galloise, valeureuse, joueuse, mais inefficace.

Le match

Il ne fallait pas arriver en retard pour ce choc entre Anglais et Gallois. Dès la deuxième minute, Patchell, le numéro 10 par défaut du Pays de Galles, mis sous pression toute la semaine par Eddie Jones en conférence de presse, débutait son cauchemar. Un duel aérien perdu avec Anthony Watson et Farrell récupérait le ballon. Impressionnant de vista, l’Anglais poursuivait immédiatement avec un coup de pied rasant et May n’avait plus qu’à aplatir le premier de ses deux essais personnel. Devants au score, les hommes d’Eddie Jones s’appliquaient ensuite à occuper le terrain avec du jeu au pied grâce à sa paire Ford - Farrell et à mettre systématiquement les Gallois sous pression avec une défense très agressive. Et notamment sur Patchell, qui n’a de cesse cherché le bon positionnement.

Courtney Lawes (Angleterre) vs Aaron Shingler (Pays de Galles)

Courtney Lawes (Angleterre) vs Aaron Shingler (Pays de Galles)Icon Sport

Sur un nouveau coup d’accélérateur des avants anglais impressionnants de dynamisme et de puissance, Johnny May inscrivait son deuxième essai à la 19ème minute. Après de nombreux temps de jeu dans les 22 mètres adverse, Farrell décidait de sauter la passe sur les extérieurs pour trouver Launchbury qui monopolisait deux défenseurs pour servir sur un plateau son ailier à l’intérieur. 20 minutes, 12 à 0, et une impression de supériorité indéniable pour le XV de la Rose. Cependant, les Gallois, avec une volonté toujours louable, trouvaient les ressources pour retrouver un souffle d’espoir en inscrivant d’abord une pénalité, puis en mettant en difficulté les Anglais sur deux actions. Sur la première, il ne suffisait d’un rien pour qu'Anscombe aplatisse devant Watson sur la passe au pied de son ouvreur. La deuxième étant quant à elle une longue action du XV du Poireau, dans l'avancée mais bafouillée par une dernière passe imparfaite.

A la mi-temps, l’Angleterre gardait 9 points d’avance grâce à une meilleure gestion de ses temps faibles (12-3).

Au retour des vestiaires, le match prenait une nouvelle dimension. Le rythme imposé par les Anglais mettait les Gallois au bord de la rupture. Par deux fois, Patchell faisait le mauvais choix, sans conséquence pourtant avant de laisser sa place . En effet, les coéquipiers de Maro Itoje, une nouvelle fois omniprésent et véritable poison dans les rucks, n’arrivaient pas à tuer le match et à profiter des errements gallois. Et à l’instar du match de la Coupe du monde en 2015 entre les deux équipes, le Pays de Galles, pourtant proche de craquer, revenait dans le match et prenait le contrôle du jeu. Ils passaient même tout près d’inscrire un essai après une action lumineuse, mais mal conclue en bout de ligne par Parkes, repris in extremis par le jeune Underhill, rentré en jeu.

Courtney Lawes (Angleterre) vs Cory Hill (Pays de Galles)

Courtney Lawes (Angleterre) vs Cory Hill (Pays de Galles)Icon Sport

A cinq minutes du terme, les Gallois passaient une nouvelle fois à quelques centimètres de revenir dans le match. Mais le petit jeu au pied rasant fuyait les bras d’Evans, trop court. Sans réussite, mais avec panache et brio, le Pays de Galles poussait dans les dernières minutes pour marquer l’essai de la victoire en relançant de son propre en-but.

Mais en contrôle, la défense anglaise s’appliquait à ne pas se consommer dans les regroupements et Itoje finissait par arracher le ballon dans un énième ruck pour valider la quinzième victoire consécutive des hommes d’Eddie Jones à domicile. Les Gallois pourront regretter longtemps leur inefficacité.

Le tournant : le retour d’Underhill

Sur une action galloise lumineuse, débutée d’une relance d’Ascombe positionné à l’ouverture avec l’entrée de North, les diables rouges perforaient la défense anglaise. Parkes, décalé en bout de ligne n’avait pourtant pas les cannes pour aller en terre promise. Auteur d’un fantastique retour, le jeune troisième ligne de Bath, Underhill, réussissait à plaquer le centre gallois et à sauver son équipe.

Le facteur X : l’association Ford - Farrell

Chaque grande équipe possède au moins un joueur, capable de changer le cours d’un match. Les Anglais possèdent eux une paire, une association, entre deux demis d’ouverture en club, associés en sélection. La relation 10-12 entre Ford et Farrell a encore parfaitement fonctionné aujourd’hui. Que cela soit dans l’occupation au pied ou dans la vision du jeu en attaque, les deux compères se sont trouvés les yeux fermés, notamment en première période. Peut-être un petit peu supérieur à son coéquipier, Farrell a même sauvé son équipe d’un essai probable en grattant un ballon à la 60ème minute.

La question : les Anglais sont-ils maintenant inarrêtables vers une nouvelle victoire ?

Une nouvelle fois, l’Angleterre s’en est sortie. L’an dernier déjà, les Gallois et même les Français avaient fait tanguer le bateau anglais sans pourtant jamais le faire couler. Cet après-midi encore, le XV de la Rose a été poussé dans ses retranchements mais est sorti vainqueur. Subir sans jamais craquer est une des grandes forces de cette équipe. Qui semble maintenant en route vers une nouvelle victoire finale. Pour autant, les hommes d’Eddie Jones auraient tord de s’enflammer. Le déplacement en Écosse ressemble à un traquenard, tout comme le Crunch à Paris contre la France malgré la forme critique du XV de France ces derniers temps. Et surtout, la potentielle finale contre l’Irlande à Twickenham lors de la dernière journée n’est pas gagnée d’avance, car les Anglais ne tomberont pas toujours sur une équipe incapable de marquer sur ses temps forts.

Par Paul Arnould

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