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Morgan Parra: "J'étais moins bon et il était normal que je ne sois pas en équipe de France"

Parra: "J'étais moins bon et il était normal que je ne sois pas en équipe de France"

Le 26/02/2015 à 16:15

Écarté de la Tournée d'automne puis remplaçant lors des deux premiers matchs du Tournoi, Morgan Parra retrouve avec plaisir le quinze de départ tricolore. Le demi de mêlée clermontois s'est livré sur cette période difficile sur le plan personnel et donne ses clés du match pour battre le pays de Galles samedi.

Au-delà du plaisir de retrouver une place de titulaire au sein du XV de France, on vous imagine surtout impatient de la défendre...

Morgan PARRA: J'ai autant faim que les autres. Les résultats feront que cela tournera bien pour moi ou pas. Je n'ai pas de carte personnelle à jouer. Si cela tourne et que cela gagne, c'est que les performances individuelles auront été bonnes. C'est le collectif qui prime et on a tous à y gagner. Quand tu as goûté à l'équipe de France et que tu l'as quittée, tu n'as qu'une seule envie, c'est de retrouver ta place. On voit à quel point c'est difficile et pouvoir reporter ce numéro 9 des Bleus est évidemment un grand plaisir.

Qu'est-ce qui, selon vous, a convaincu Philippe Saint-André de vous refaire confiance ?

M.P. : C'est un peu un tout j'imagine. Un peu de chance, du travail et aussi, il ne faut pas se le cacher, les résultats de mon club. Les mecs avec qui j'évolue m'aident à pouvoir évoluer au plus haut niveau, à pouvoir évoluer tout en haut du Top 14, à pouvoir m'en sortir en Champions Cup sur des gros matchs... J'ai traîné des blessures cette saison, j'avais besoin de revenir bien physiquement, de pouvoir retrouver une forme de régularité mais aussi le plaisir d'aller aux entraînements. J'ai connu une méforme, j'étais moins bon et il était normal que je ne sois pas en équipe de France.

Vous ne preniez vraiment plus de plaisir à aller aux entraînements ?

M.P. : Je n'avais plus les repères et je n'étais pas bien physiquement. Quand c'est le cas, tu as toujours un "pète", tu ne veux pas t'entraîner plus ou comme les autres. Tu fais, entre guillemets, le strict minimum pour pouvoir te sentir bien et garder un peu de fraîcheur pour le week-end. Et quand tu as mal, tu n'es pas bien et tu ne peux pas t'exprimer à 100 %.

Avez-vous douté de pouvoir retrouver votre place dans le groupe France ?

M.P. : Bien sûr ! Le mec qui te dit qu'il n'a jamais cogité en équipe de France, c'est faux. On peut être sûr de soi mais on cogite aussi, encore plus quand on n'est pas pris. Tu te dis que les autres bossent et avancent et toi tu es moins bien, alors tu te demandes si tu vas retrouver l'équipe de France. Quand on te sélectionne, cela veut dire qu'on te fait confiance et qu'on estime que tu peux apporter à cette équipe. Quand on ne t'appelle pas, c'est que tu n'es pas bon et que tu dois travailler de ton côté. Le pire des cas, c'est quand on te dit qu'il y a deux mecs devant toi et que ce sont eux qui méritent d'y être. On est assez grand pour faire son autocritique et pour trouver les raisons qui font qu'on n'y es pas. Aujourd'hui, je prends ce qu'il y a à prendre.

Morgan Parra aux côtés du capitaine des Bleus, Thierry Dusautoir - 24 février 2015

Morgan Parra aux côtés du capitaine des Bleus, Thierry Dusautoir - 24 février 2015Icon Sport

" On comprend que les gens nous soutiennent moins car on ne fait pas rêver non plus"

Comment vivez-vous le scepticisme sur le niveau de jeu des Bleus ?

M.P. : Je ne pense pas qu'on triche et qu'on ne fait pas le nécessaire. On essaie de s'envoyer à 100 %. Après, il est évident que tout ne va pas et tout n'est pas parfait. On le sait. On comprend que les gens nous soutiennent moins car on ne fait pas rêver non plus pour l'instant. On espère changer les choses mais on ne triche pas et on aimerait que les gens le comprennent aussi.

Vous êtes attendu pour dynamiser le jeu français...

M.P. : Au-delà de l'aspect personnel, il faut avoir de la fluidité et une alternance entre les gros et les trois-quarts. Se lâcher tout simplement et essayer d'envoyer du jeu même si on ne pourra pas le faire sur 80 minutes. On doit prendre du plaisir et se faire des passes. Contre l'Irlande, on a voulu se rassurer autour de Mathieu (Bastareaud, ndlr) et on l'a trop envoyé dans les lignes alors qu'il était attendu. C'est un manque de confiance. On doit plus se tourner sur le visage qu'on a montré en seconde période à Dublin.

La vitesse dans le jeu est-elle la clé contre les Gallois ?

M.P. : Il faut de la fluidité mais il ne faut pas non plus qu'on se perde, comme on a pu se le dire entre nous. Il ne faut pas tout confondre. La fluidité c'est du jeu et on attend du jeu, mais il ne s'agit pas d'envoyer du jeu pour envoyer du jeu et de faire n'importe quoi. Il y aura des occasions pour le faire et s'exprimer avec notre potentiel derrière et il y aura des moments où il faudra inverser la tendance par du jeu au pied. Aujourd'hui, on est conscient d'être à la recherche du jeu et du plaisir mais il ne faut pas tomber dans l'excès non plus.

Vous avez bénéficié lors de vos entrées en jeu contre l'Écosse et l'Irlande d'un pack frais qui avançait. Craignez-vous que ce ne soit pas le cas d'entrée de jeu face aux puissants gallois ?

M.P. : Je n'ai pas d'appréhension car on a les qualités devant pour rivaliser face aux Gallois et on n'a rien à leur envier. Comme dans tout match de rugby, si tu domines ton adversaire physiquement, tu auras fait une grosse partie du boulot et tu n'auras plus qu'à jouer dans l'avancée.

Morgan Parra, lors d'Irlande-France - 14 février 2015

Morgan Parra, lors d'Irlande-France - 14 février 2015Icon Sport

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