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2,5 tonnes de fonte, vitesse à 17-18 km/h… 4 choses à savoir sur l’entrainement des rugbymen

2,5 tonnes de fonte, vitesse à 17-18 km/h… 4 choses à savoir sur l’entrainement des rugbymen

Le 17/03/2018 à 08:00Mis à jour Le 19/03/2018 à 18:04

La professionnalisation du rugby au milieu des années 90 a entraîné une transformation physique des joueurs, que ce soit musculaire ou dans leur capacité à répéter les efforts. Voici ce à quoi ressemble leur préparation physique au quotidien.

2,5 tonnes de fonte par séance

Pour couper court à certaines idées reçues, non, les rugbymen de haut niveau ne passent pas tout leur temps à pousser de la fonte. Pendant la saison, l’objectif des séances de musculation réside plus dans l’entretien que le développement de leur force.

Au Stade Français Paris par exemple, les joueurs effectuent 4 séances hebdomadaires et soulèvent en moyenne 2,5 tonnes de fonte… par séance !

Le développement musculaire et le travail de la puissance se font généralement durant la préparation physique estivale, mais aussi les coupures et les blessures, qui donnent le temps au joueur de mettre l’accent sur des groupes musculaires spécifiques.

Le GPS, principal outil de mesure de performance

L’outil principal utilisé pour mesurer les performances du joueur est le GPS. Croisé avec l’analyse vidéo, il permet d’avoir une idée précise de son rendement en terme de déplacement et du nombre d’actions à haute intensité qu’il peut enchaîner. À partir de là se dégage, au fil des matches, un profil.

Sur un même poste, on peut avoir un joueur qui se déplace beaucoup et un autre qui mise plus sur la puissance et l’affrontement direct. "Ces informations, directement transmises à l’entraîneur, le guident dans sa volonté de mettre en place l’équipe la plus homogène possible", explique Romain Ladauge, préparateur physique du XV de France.

"Elles permettent aussi de mieux personnaliser les entraînements et d’adapter les charges de travail de chacun de façon à atteindre une zone cible : soit on veut faire progresser le joueur, auquel cas la charge sera supérieure à ce qu’il a l’habitude de retrouver en match, soit on veut le préserver, ce qui implique une diminution du volume de travail".

Tenir une VMA à 17-18 km/h

En ce qui concerne le cardio, l’entraîneur et le préparateur physique vont mettre en place des journées à dominante énergétique pour viser les qualités d’endurance et des journées tounées vers des efforts explosifs qui exploitent les qualités de vitesse. "Dans ce dernier cas, les séances vont inclure des changements de rythme, des accélérations, des sprints… et les joueurs seront stimulés sur des séquences à très haute intensité de déplacement. Dans une semaine d’entraînement type, deux séances sont consacrées à l’endurance et une à l’explosivité", explique Romain Ladauge. Le tout adapté aux différentes morphologies du rugby, un pilier ne pouvant pas produire les mêmes efforts qu’un ailier.

"Le demi de mêlée reste le marathonien de l’équipe. Il n’aura pas forcément des très grands pics de vitesse, ou du moins pas fréquemment, mais il doit courir beaucoup. Dans un match, il est celui dont l’écart entre la marche et la course est le plus fort. A contrario, les piliers ont plus de poids à déplacer et auront donc logiquement plus de mal à courir longtemps. Mais plus le niveau s’élève, et a fortiori dans les matches internationaux, plus le cinq de devant doit être en mesure de bien se déplacer sur le terrain. Ils doivent donc être aussi prêts physiquement pour cela".

Le staff tient ainsi compte des données GPS de chacun et de sa VMA (Vitessse Maximale Aérobie), marqueur scientifique de performance qui se situe, chez les athlètes du rugby, aux alentours de 17-18 km/h. Et pas de triche possible car le petit malin aura droit à un extra personnalisé (boxe, vélo, rameur) pour entrer dans les objectifs de dépense énergétique fixés en amont. À l’inverse, si un joueur va bien plus loin que ce qui était prévu, il sera freiné pour ne pas être cramé quand vient le match.

Paul Gabrillagues

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Contrôler la masse graisseuse entre 6,5 et 19%

Sur une journée d’entraînement intense, la dépense énergétique est variable selon l’individu puisqu’elle peut se situer entre 2000 et 5000 kilocalories.

"En général, ceux qui ont une très forte masse musculaire vont consommer plus d’énergie que les autres car c’est le muscle qui est demandeur, souligne le préparateur physique. Nous, on va contrôler la masse grasse car elle est une voie d’amélioration des qualités physiques. L’excédent de bagage que va porter le joueur à travers une masse grasse trop importante est autant de vitesse et de capacité à se déplacer qu’il va pouvoir améliorer facilement". Les extrêmes en termes de masse grasse sur un effectif de rugby, incarnés généralement par un demi de mêlée d’un côté et un pilier de l’autre, se situent à 6,5% pour les plus secs et à 19% de masse graisseuse pour les beaux bébés. Et gare aux joueurs qui se lâchent en vacances où lors d’une période de blessure.

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