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XV de France - Paul Willemse est un bon joueur, mais pas l'homme providentiel

Willemse est un bon joueur, mais pas l'homme providentiel

Le 09/01/2019 à 17:13Mis à jour Le 10/01/2019 à 12:03

XV DE FRANCE - Fallait-il sélectionner Paul Willemse ? Oui, si l'on considère que les Bleus sont en panne de main d'oeuvre ultra qualifiée au niveau des "gros porteurs" de ballons... Mais, l'évidence sportive n'en reste pas moins une nouvelle défiance à l'égard de la formation française et des Bleuets. Une provocation pour les clubs qui sont priés de moins recruter à l'étranger. Le défi de trop.

Paul Willemse fait jaser. A son sujet, deux écoles s'affrontent. Et se déchirent, même. La première assure que la sélection de Paul Willemse, né à Pretoria au début des années 90, est un bras d'honneur à la formation française, un majeur dressé à la politique du Jiff et des clubs qui sont priés de respecter un règlement toujours plus draconien en termes de joueurs étrangers et, de fait, de surpayer les jeunes français. Ces derniers devront d'ailleurs supporter l'ombre maousse costaud du deuxième ligne de Montpellier qui leur bouche l'horizon.

La seconde dit qu'en sport les meilleurs jouent, du moment qu'ils sont sélectionnables. Dès lors que le colosse du MHR (2,02m et 138 kg) remplit les critères exigés par "Bernie" Laporte (un passeport français), il est en droit de tenter sa chance dans la "cage" du XV de France, là où nul ne s'est encore imposé aux côtés du grand "Vahaa". De fait, le discours du sélectionneur est cousu d'évidences : Paul Gabrillagues et Félix Lambey semblent un poil trop frêles pour le niveau international. Yoann Maestri ? Il passe trop souvent par le sol. Quant à Bernard Le Roux, il est encore en pleine découverte du poste. Vous l'avez compris, toutes les excuses sont bonnes pour légitimer l'appel de Willemse...

Top 14 - Paul Willemse (Montpellier) contre Pau

Top 14 - Paul Willemse (Montpellier) contre PauIcon Sport

Et pourquoi pas, après tout ? Le concernant, les matheux du Top 14 assurent de concert, et depuis déjà deux ans, qu'il affiche les meilleures "stats" du Top 14 en termes de "ballons portés", "mètres parcourus", "défenseurs battus" ou "ballons arrachés".

Mais si l'enfant de Pretoria a visiblement des talents dont sont dépourvus ses concurrents, n'en faisons pas non plus le Zarathoustra des Bleus, l'homme providentiel prompt à sauver la sélection du marasme dans laquelle elle s'enfonce inexorablement depuis sept ans. Avant Willemse, on avait ainsi attendu Rory Kockott comme un messie... avec le rendu que l'on connaît. Au même instant, on avait pensé Scott Spedding capable de rendre au flair français son aura d'antan. Là aussi, le succès fut mitigé. Uini Atonio et Noa Nakaitaci ? Ils n'eurent, dans un passé proche, guère plus d'impact sur le sort des test matchs disputés par les Bleus.

Pourtant, au relent nauséabond que diffusent malgré eux les souverainistes "bleu, blanc, rouge", aux discours qui, sous couvert de "formation française", prônent une forme d'exclusion, on préfère volontiers cette phrase de "feu" Pierre Camou: "Cela a-t-il troublé nos pères qu'il y ait des soldats marocains et des tirailleurs sénégalais à leurs côtés durant la guerre ? Pourquoi le sport échapperait-il à ce que le droit commun a toujours cautionné, adoubé et encouragé ?"

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