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Serin, la tentation du 10

Serin, la tentation du 10

Le 16/07/2019 à 15:54Mis à jour Le 16/07/2019 à 16:13

XV DE FRANCE - Après une saison frustrante sous les couleurs de l’UBB, Baptiste Serin (25 ans, 27 sélections) est bien décidé à rebondir avec le XV de France. Alors qu’il évolue principalement en numéro 9, le futur joueur du RC Toulon reconnaît qu’il est très attiré par le poste d’ouvreur.

Rugbyrama : Baptiste, comment se déroule ce début de préparation à la Coupe du monde ? C’est aussi dur que le disent vos coéquipiers ?

Baptiste Serin : J’ai trouvé la première semaine vraiment dure, c’était hard. On était huit en plus. Moins tu es nombreux, plus ça tape. On bouffe forcément du physique, y’en a besoin. Mais à base de ballon. C’est plutôt bien pour les joueurs. On voit moins le physique passer.

Thibault Giroud a l’air très exigeant…

B.S : J’ai eu l’habitude de travailler avec Ludo Loustau (préparateur physique de l’UBB). Donc des préparateurs physiques qui gueulent et qui cherchent le meilleur des mecs, j’ai été habitué (sourire). Ça ne me choque pas plus que ça. Il est très rigoureux dans ce qu’il demande mais cela n’empêche pas de regarder avec les mecs quand il faut. Il trouve le juste milieu, c’est bien.

" Je ne suis pas là pour faire un sale coup aux mecs avec qui je joue ou pour faire mal au groupe"

Lors de la dernière journée de TOP 14, l’UBB s’est lourdement inclinée à La Rochelle (81-12). Vous étiez dans les tribunes et visiblement particulièrement abattu. Vous avez oublié ?

B.S : Non, je n’ai pas oublié. Quand tu ne joues pas, tu l’encaisses différemment que quand tu joues. J’ai plus de facilité à me remettre d’un échec quand je joue parce que tu te remets en question. Mais là, je n’ai rien pu apporter à l’équipe. C’était mon dernier moment avec le club, ça m’a fait chier. Tu prends une grosse claque. Pour moi, c’était une grosse faute de finir d’une telle manière. Quand tu prends 80 points, je suis désolé mais tu n’as pas le droit. Les adieux ont été compliqués. C’est une histoire d’amour qui se finit.

Top 14 - Dany Priso portant le ballon et Uini Atonio à son soutien (La Rochelle) contre Bordeaux

Top 14 - Dany Priso portant le ballon et Uini Atonio à son soutien (La Rochelle) contre BordeauxIcon Sport

Avez-vous eu peur de manquer le train pour la Coupe du monde ?

B.S : A la base, mon objectif était de finir d’une belle manière avec l’UBB. Mais collectivement et individuellement, on a subi cette fin de saison. Notre gros problème à Bordeaux a été le physique. On a vraiment pêché. Il n’y avait plus de compétition entre les mecs. On savait qu’on allait jouer. Alors forcément derrière, tu doutes sachant qu’il y a de supers joueurs à mon poste en équipe de France.

Quand on attaque une préparation à une Coupe du monde, on arrive vraiment à se dire que tout le monde part sur un même pied d’égalité ?

B.S : (silence) C’est difficile, je n’en sais rien. Je ne me pose pas plus de questions que ça. J’essaye déjà d’être prêt. Après, je ne suis pas là pour faire un sale coup aux mecs avec qui je joue ou pour faire mal au groupe. Je préfère me retrancher sur moi-même, me remettre en question, travailler peut-être différemment. Pour moi, c’est une autre saison qui commence. Je ne dirai pas que tous les compteurs sont remis à zéro parce que le staff connait les défauts et les qualités de chacun.

6 Nations 2019 - Ntamack et Serin face au Pays de Galles

6 Nations 2019 - Ntamack et Serin face au Pays de GallesIcon Sport

" Le poste (10), j’aime. (…) Mais tu ne peux pas arriver en claquant des doigts "salut, c’est moi."

En 2017, vous avez fait partie des joueurs qui ont très mal vécu la préparation estivale pour les internationaux…

B.S : Alors celle-là, elle m’a plombé. Je l’avais dit au préparateur physique. J’avais tout fait à la lettre et physiquement, ça m’avait tué. C’est frustrant parce que tu as envie de commencer une saison en étant en forme le plus vite possible. Quand on rentrait (les internationaux) en cours de match avec l’UBB, on était lessivés. Et dans le jeu, c’était moins fluide. On était lent.

Comment vous considérez-vous en tant que demi de mêlée ? Comme un neuvième avant ou un comment numéro 9 à l’anglo-saxonne ?

B.S : Je reste dans ma spécificité. Chacun a son registre de jeu. J’ai mes idéaux à mon poste dans le monde. J’essaye de m’en rapprocher. Je pense à Conor Murray et Aaron Smith. Je suis plus dans ce style de jeu. Mais des joueurs qui sont plus neuvième avant ont des qualités que je n’ai pas.

Aaron Smith (Nouvelle-Zélande)

Aaron Smith (Nouvelle-Zélande)Icon Sport

Il vous est arrivé de jouer en 10. Vous aimiez diriger le jeu, être le chef ?

B.S : Oui, j’aime bien (sourire). Contrairement à ce qu’on pense en France, ce n’est pas toujours le 9 le chef. En 2017 dans le Tournoi, quand je jouais aux côtés de Camille (Lopez), c’était lui le chef. Pour moi, c’était le 10 le patron du jeu. C’est lui qui a la vision périphérique. Mais j’aime aussi un 10 qui te suive quand son 9 prend des initiatives. Mais c’est dans les moments opportuns.

D’ici le début de la Coupe du monde, pensez-vous que le staff ait la tentation de vous essayer en 10 ?

B.S : (il sourit) Le poste, je l’aime. Après, il y a quand même des mecs d’expérience dans le groupe qui joue plus souvent en 10 que moi. Par rapport à un Camille Lopez, je ne suis pas assez légitime. On verra peut-être après. Je l’avais dit. Peut-être que je serai amené à changer.

" J’aime bien commander. Le poste de 10 te permet d’avoir une plus grande ouverture"

Durant le dernier Tournoi, vous avez déclaré être intéressé pour jouer en 10 avec Toulon après la Coupe du monde… Vous êtes sérieux ?

B.S : Oui, je suis sérieux.

Top 14 - Baptiste Serin (Bordeaux)

Top 14 - Baptiste Serin (Bordeaux)Icon Sport

Mais au fond, vous êtes un 10 contrarié ?

B.S : A la base, je suis un 9. Enfin, non à la base je suis 10. Mais mon début d’apprentissage chez les professionnels a été en 9. Mais dépanner en 10, ça m’allait bien. Tu n’as pas de pression particulière. J’aime bien commander. Le poste de 10 te permet d’avoir une plus grande ouverture. Mais le débat n’est pas encore acté dans la mesure où je ne joue pas 10 en club. Tu ne peux pas arriver en claquant des doigts "salut, c’est moi."

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