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XV de France - La mise au point de Mathieu Bastareaud

La mise au point de Bastareaud

Le 15/06/2018 à 08:45Mis à jour Le 15/06/2018 à 09:44

En 2009, l'Hôtel Rydges, où les Bleus ont établi leur quartier général à Wellington depuis jeudi soir, avait été rendu célèbre par ce qu'il est convenu d'appeler aujourd'hui "l'affaire de la table de nuit". Neuf ans plus tard, Mathieu Bastareaud revenait pour la première fois sur ce lieu, a été interrogé, notamment par la presse néo-zélandaise sur le sujet. Et ça ne lui a pas vraiment plu.

Avez-vous senti un sentiment de révolte monter au cours de la semaine ?

Mathieu Bastareaud : Après le premier match, nous étions tous très déçus. Les erreurs commises sur le terrain, nous en avions conscience. On est des grands garçons, pas besoin de mobiliser les mecs. Si on n'a pas d'esprit de révolte, on n'a rien à faire là. On doit montrer un autre visage que lors de la seconde période du premier test. On doit montrer aussi qu'on est une équipe, pas seulement une sélection de joueurs. Quand on prend cinquante points, si on ne montre pas un peu d'esprit de révolte, c'est qu'on n'a rien à faire là.

Test Match - Paul Gabrillagues (France) prend un carton jaune contre la Nouvelle-Zélande

Test Match - Paul Gabrillagues (France) prend un carton jaune contre la Nouvelle-ZélandeIcon Sport

Sur le plan du jeu, qu'est ce qui peut vous laisser penser que la rencontre se passera mieux que samedi dernier ?

M.B. : On n'a rien à perdre. Arrêtons de jouer un peu comme des robots. Il y a des plans de jeu, des combinaisons travaillées, mais parfois il est bon de s'adapter, de regarder ce que propose notre adversaire. Samedi dernier, certaines situations étaient exploitables, nous ne les avons pas jouées. Par timidité ? Je ne sais pas. Mais si on veut retrouver un peu de flair, ça passera par plus d'adaptation.

Ali Williams a déclaré à la radio néo-zélandaise que si l'équipe de France met du cœur dans son jeu, elle peut être dangereuse. Est-ce un élément que vous avez utilisé dans votre discours cette semaine ?

M.B. : Du cœur, il faut en mettre. Mais tomber dans l'émotion, c'est aussi à double tranchant. De toute façon, quand on porte le maillot de l'équipe de France, on se doit de l'honorer. La semaine dernière, ça n'a pas été totalement le cas. Aujourd'hui, on a besoin de certitude. Sur le premier test, on en a manqué, notamment sur les montées défensives, faute d'une bonne communication. Le travail a porté essentiellement sur ce secteur cette semaine pour que ce soit plus fluide pour tout le monde. Maintenant, ça reste du rugby : si on n'a pas un surplus de motivation pour défier les Blacks, il valait mieux rester à la maison.

Comment relativise-t-on ce qui s'est passé ?

M.B. : La journée de dimanche a été difficile, mais je leur ai dit (à mes coéquipiers) que si on baissait la tête maintenant, les deux dernières semaines allaient être difficiles. Tout le monde a donc relevé la tête et s'est remis au boulot. Si on s'était tous mis à faire la gueule, ça aurait été pire.

Qu'est ce que cela vous fait de revenir pour la première fois à Wellington depuis l'affaire de la table de nuit en 2009 ?

M.B. : Rien

Qu'est ce qui a changé chez vous depuis cette date ?

M.B. : Je suis plus vieux (long silence). C'était il y a neuf ans, pour moi c'est du passé. Mais visiblement, pas pour vous, les journalistes.

Mathieu Bastareaud (France)

Mathieu Bastareaud (France)Icon Sport

Auriez-vous été sensible au fait de ne pas revenir dans le même hôtel où s'était déroulée cette affaire ?

M.B. : Je n'en ai absolument rien à faire. Mais je vais répondre, avant qu'il y ait d'autres questions là-dessus. Ça fait neuf ans (que cette histoire a eu lieu), j'ai tourné la page. Faites-en de même. Je suis venu là pour parler du match, pas pour parler de l'hôtel.

A Wellington, le XV de France a subi deux des plus grosses défaites de son histoire. La trouille d'en subir une troisième existe-t-elle ?

M.B. : La trouille, c'est bien de toujours l'avoir, surtout contre les Blacks. Après pour être tout à fait honnête, vous m'apprenez quelque chose. Et je ne suis pas sûr que dans le groupe, les autres joueurs soient au courant que deux des plus grosses défaites ont été subies ici. On ne jouera pas avec ça dans la tête. On veut jouer avec plus de certitudes et se prouver qu'on est capable de rivaliser plus de cinquante minutes.

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