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Wilkinson, Melville, Sheridan, Gallion… Les XV de Légende de Toulon d’Eric Champ

Wilkinson, Melville, Sheridan, Gallion… Les XV de Légende de Toulon d’Eric Champ
Par Rugbyrama

Le 18/04/2020 à 13:41Mis à jour Le 18/04/2020 à 14:56

Ancré à jamais dans la légende du RCT, l’illustre Eric Champ s’est prêté au jeu de nous livrer, selon lui, les meilleurs joueurs de son club de coeur. En nous proposant deux XV, le premier de 1908 à 1995 et le second de 1995 à aujourd’hui, il rend hommage à un grand nombre d’icônes du club Varois. Une véritable plongée dans l’histoire de Toulon.

Cet authentique voyage à travers les époques, proposé par celui que certains surnomme le "barbare de la Rade", est adressé aux plus passionnés d’entre nous, et non pas à ceux qui pourraient confondre Félix Mayol (chanteur toulonnais du début du XXème siècle) qui a donné son nom au stade et Jacques Mayol (célèbre plongeur apnéiste français). "J’ai fait un voyage dans l’histoire du club, entre deux rugby différents (amateurs et professionnels). Il est adressé aux gens du rugby. C’est un voyage de coeur, d’ADN, de couleur, de fanion, de gens formidable qui viennent du monde de l’ovalie." Le décor est planté.

Son principal souhait serait que les gens puissent s’intéresser aux histoires de chacune des personnes qui sont présentes dans ses deux XV, aussi anciennes soient-elles."C’est un voyage qui appelle à la recherche et j’engage chacun des lecteurs à regarder plus en profondeur les joueurs que j’ai intégrés dans mes équipes. Il nous reste encore quelques semaines de confinement, et pour les amoureux de rugby de belles après-midi dédiés à la recherche. J’espère que ces sélections éveilleront la curiosité de tous. On y trouvera des gens de l’avant-guerre, aujourd’hui complètement inconnus, alors qu’ils étaient de grands joueurs du RCT. C’est un appel à la mémoire du club."

" Dans le rugby il y a deux mondes : celui d’avant 1995 et celui d’après "

1995 marque la différence entre ces deux sélections. Cette date n’est, en aucun cas, choisie au hasard par l’ancien troisième ligne. En effet, c’est au cours de cette année que le rugby a basculé du monde amateur, au monde professionnel. Un changement significatif majeur, d’après les dires du Toulonnais. "Dans le rugby, il y a deux époques : celle d’avant 1995, et celle d’après. On pourrait faire un débat sur le rugby de Grand Papa qui se voulait amateur, et sur celui qui se veut maintenant professionnel, à l’heure des GPS. Si ce sport est devenu formidable depuis des années, il le doit en partie aux bases posées par ce rugby d’antan. Je ne suis donc pas nostalgique de cette pré-histoire, mais je suis ravi d’en avoir fait partie"

Le XV de 1908 à 1995

Celui-ci est typiquement Rouge et Noir. C’était vraiment un bel exercice de remonter dans les archives, ça n’était pas compliqué, mais plutôt extraordinaire de faire cette traversée en remontant jusqu’au début du siècle dernier. On va pouvoir constater que la grande majorité des personnes présentes ont été finalistes du championnat de France, Champion de première division ou même sélectionnées avec le XV de France. C’est pour cela que celles qui ne sont pas intégrées à cette liste ne m’en voudront pas, je pense.

1. Manu Diaz

Un choix d’une logique implacable. Pendant 15 ans c’était un réel plaisir de pousser derrière Manu. De façon loyale, il a gagné de nombreux duels face à quelques beaux piliers. Je préfère ne pas commenter les raisons de son absence avec le XV de France.

2. Henri Laugier

Il faudra remonter dans l’histoire de ce joueur, que je connais plutôt bien. Ce qu’il y a de beau dans cette famille, c’est qu’on y trouve Henri, finaliste malheureux en 1948, mais aussi son fils Nano qui a été mon éducateur, comme Jérome Gallion ou Yann Delaigue. C’est lui qui est venu me chercher à La Valette pour me permettre de jouer avec Toulon.

3. Arnaldo Gruarin

Il a été des grands rendez-vous avec Toulon, finaliste en 1968 et 1971 du championnat de France, mais surtout avec les Bleus avec qui il a remporté le premier Grand Chelem de la France en 1968. C’était l’un des premiers grand pilier de l’ère moderne et je suis persuadé qu’il aurait pu jouer à notre époque. Pour l’anecdote, il avait un magasin de sport et lorsque je m’y rendais, il y avait une photo sur laquelle il plonge dans l’en-but le long de la ligne de touche. Preuve qu’il savait tout faire.

4. Firmin Bonnus

Membre d’une grande famille de joueurs de rugby à Toulon (son neveu a également évolué avec le club), également présent dans cette équipe défaite en 48 il avait pour lui, cette force et cette robustesse voulues pour des joueurs de son poste.

5. Yvan Roux

Là c’est le côté coeur qui parle. Je l’aime d’amour. Il a réalisé une superbe carrière avec le talent qu’on lui connaît.

6. Christian Carrère

Capitaine du XV de France qui réalise le Grand Chelem en 1968, c’était un très grand joueur du RCT. Exemplaire sur le terrain, il était toujours à la pointe du combat.

7. Eric Melville

Je dirais, en toute honnêteté : le plus fort d’entre nous. Dans la hiérarchie, il y a lui tout en haut et les autres, loin derrière. Dans tous les domaines, que ce soit côté sportif mais aussi, et surtout, côté humain. Malheureusement, il nous a quitté en 2017 mais je tenais déjà ces propos quand il était avec nous… Il était formidable.

8. André Herrero

Sans être déplaisant envers Daniel, je pense surtout à André dans la famille des Herrerro. André est au Rugby Club Toulonnais, ce que Eric Tabarly est à la voile. Très clairement. S’il fallait ressortir du lot un joueur de cette équipe, ça devrait être lui. Pour ces troisièmes lignes, c’est simple, ils pourraient tous jouer, et être titulaires aujourd'hui.

9. Jérôme Gallion

A la mêlée, à l’instar de Wilkinson (voir l’autre XV plus bas), il n’y a pas match. Elu meilleur joueur du monde à une reprise. Il était merveilleux durant les 14 années qu’il a passé au club.

Jérôme Gallion face aux All Blacks en 1979

Jérôme Gallion face aux All Blacks en 1979Icon Sport

10. Yann Delaigue

Le "mozart" de cette équipe. En grande partie, c’est lui qui nous a permis d’être Champion en 1992.

Yann Delaigue a joué au RCT de 1988 à 1997 mais aussi en 2006

Yann Delaigue a joué au RCT de 1988 à 1997 mais aussi en 2006Icon Sport

11. David Jaubert

Lui, c’est notre héros. Il est l’auteur du seul essai en finale du championnat en 1987 face au Racing. Un superbe finisseur.

L'essai de la victoire marqué par David Jaubert en 1987 - Toulon

L'essai de la victoire marqué par David Jaubert en 1987 - ToulonAFP

12. Marcel Baillette

Grand joueur toulonnais, trois-quart centre international, qui fait partie du premier titre du club en 1931. Il représente, dans ce XV, cette génération de joueurs qui a commencé à écrire l’histoire du RCT.

13. Pierre Trémouille

Capitaine de l’équipe qui remporte le championnat en 1992, il a refusé d’aller chercher le bouclier de Brennus, car il a voulu que j’y aille à sa place. Un magnifique geste, de la part de celui que j’appelle : le Cantalou de service.

14. Basile Moraitis

C’est lui qui a fondé l’école de rugby de La Valette, dont je suis originaire. Etant prof de sport, il recrutait des jeunes au sein de son établissement, qu’ils soient grands, petits, minces ou gros… Il a initié bon nombre de jeunes au rugby.

15. Marcel Bodrero

Il est finaliste en 1948, mais ce qui est important à son sujet, c’est qu’en plus d’avoir été international, il a été aussi l’éducateur de toute une génération. Comme Basile, il était prof de gym au grand lycée de Toulon de l’époque. Des générations entières de joueurs sont passées par l’éducation de Marcel ou de Basile.

Le XV de 1995 à aujourd’hui

Pour commencer avec ce 8 de devant, trois motivations m’ont permis de l’élaborer. Dans un premier temps, c’est incontestablement la performance, avec notamment la première ligne composée de Carl Hayman, Marc De Rougemont et Andrew Sheridan. Les trois ont performé en club, mais surtout en sélection, d’où mon choix. Après en deuxième ligne, difficile de faire mieux que Bakkies Botha et Simon Shaw, deux stars du rugby. En 8, Duane Vermeulen forcément, quel régal ! Tous ces joueurs, à l’exception de De Rougemont, sont des légendes qui viennent d’autres pays majeurs du rugby.

Dans un second temps, il fallait que le côté cocorico parle. En 7, j’ai choisi Charles Ollivon, sachant que j’ai fait cette sélection avant qu’il soit nommé capitaine du XV de France (Eric Champ a fait ce XV à l’occasion de son invitation à l’émission "commission de discipline" sur Eurosport, en octobre dernier) je me rends compte que je ne me suis pas beaucoup trompé.

Charles Ollivon (Toulon) face à Lyon - Août 2017

Charles Ollivon (Toulon) face à Lyon - Août 2017Icon Sport

Le troisième point sur lequel j’aimerais m’appuyer serait le côté humain, avec le choix de Gregori Labadze en 6. Il est la preuve que être toulonnais n’est pas lié à un acte de naissance. Il a été très performant avec Toulon, mais aussi en tant que Capitaine avec la Géorgie.

Pour entamer cette ligne arrière, il y a à mon sens des incontournables comme Jonny Wilkinson à l’ouverture, ainsi que Matt Giteau et Tana Umaga au centre. En terme d’état d’esprit et de talent c’était monstrueux. Avec ce genre de joueurs, tu peux aller jouer les Black ou les Boks, et tu peux les battre.

Jonny Wilkinson - Toulon Saracens - 24 mai 2014

Jonny Wilkinson - Toulon Saracens - 24 mai 2014Icon Sport

Ensuite à l’aile, je mets Drew Mitchell. J’ai trouvé ce garçon très fort. J’aime beaucoup l’Australie et je trouve qu’il représente pleinement l’image du pays. Blond, surfeur, et bien sûr avec beaucoup de talent. A l’époque on avait des Simon Poidevin, ou des Nick Farr-Jones, et pour moi il est dans la lignée de ces joueurs.

Pour finir de compléter ce quinze j’ai pris Aubin Hueber à la mêlée, Marc Andreu à l’autre aile et Jérémy Sinzelle à l’arrière. Ce qui me permet d’intégrer des joueurs du cru et qui ont bien sûr performé avec le club. J’ai cependant beaucoup de regrets pour Sinzelle et Andreu, dû au fait qu’ils soient partis jeunes, mais c’est le rugby d’aujourd’hui qui veut ça. D’ailleurs les deux nous ont battu (Sinzelle avec le Stade Français en demie en 2015 et Andreu lors des finales 2013 et 2016 avec Castres puis le Racing). Et enfin Hueber qui était réellement pour moi le plus professionnel de tous, avant même que le rugby le soit.

Eric Champ a fait donc le choix d’allier stars, joueurs formés au club, joueurs français qui ont porté haut le maillot du XV de France et bien sur de nombreuses légendes de ce sport qui ont connu de belles heures de gloire du côté de la Rade.

Le XV : 1. Andrew Sheridan, 2. Marc De Rougemont, 3. Carl Hayman; 4. Bakkies Botha, 5. Simon Shaw; 6. Gregori Labadze, 7. Charles Ollivon, 8. Duane Vermeulen; 9. Aubin Hueber, 10. Jonny Wilkinson; 11. Drew mitchell; 12. Tana Umaga, 13. Matt Giteau; 14. Marc Andreu; 15. Jérémy Sinzelle.

Il finira son entretien avec beaucoup d’enthousiasme au vu de l’équipe présenté : "En regardant bien cette équipe, on peut y aller quoi, je me vois bien l’entraîner et à partir du 11 mai (date prévue de la fin du confinement) on m’organise une tournée en Nouvelle-Zélande et en Afrique du Sud et tu verras ce qu’on fera. Je trouverai les mots va, même si je ne parle pas toutes les langues (Rires). Forcément il manque peut-être 25 joueurs que j’aurais pu citer mais faut aller voir qui est Labadze ou De Rougemont. Une nouvelle fois je conseille à tout le monde de se renseigner sur eux. Ce n’est certainement pas le temps, ni les moyens que nous avons à notre disposition qui nous l’empêche."

Par Thibaud Gouazé

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