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Médard : "Je n’ai jamais pu m’imaginer avec un autre maillot sur le dos"

Médard : "Je n’ai jamais pu m’imaginer avec un autre maillot sur le dos"
Par David Bourniquel via Midi Olympique

Le 01/05/2022 à 08:54Mis à jour Le 01/05/2022 à 17:34

TOP 14 - Le Toulousain Maxime Médard a annoncé vendredi qu’il mettrait un terme à sa carrière à la fin de la saison. En marge du succès étriqué des siens face à La Rochelle, au Stadium de Toulouse, l'ailier ou arrière rouge et noir (35 ans) parle de l’après et de ses émotions du soir…

C’était votre dernière au Stadium de Toulouse, ce samedi soir…

Et oui, je retiens que l’on a gagné. C’était le principal. C’est toujours un plaisir de venir ici. Je crois que l’on a livré un bon match. Il ne faut pas se relâcher pour autant, on n’est pas encore qualifiés, il va encore falloir aller faire un coup à l’extérieur…

Vous vouliez jouer le dernier ballon, que Thomas Ramos a expédié en touche pour préserver la victoire…

Je pense que je vais lui raser la tête cette semaine (rires). On a gagné, c’est vraiment le principal.

Qu’est ce qui a changé depuis l’annonce de votre retraite ?

Je n’ai rien changé. Ma façon de travailler et de m’entraîner est toujours la même. Je suis juste plus soulagé d’avoir pris cette décision. On ne m’a pas poussé vers la sortie. Je suis fier de ma carrière et d’avoir rencontré autant de bons joueurs avec qui j’ai pu évoluer et gagner des titres. Après forcément, c’était une journée avec beaucoup d’émotions. Mais il y avait un match à gagner et il ne fallait surtout pas gamberger…

Avez-vous entendu l’ovation que vous a offert le Stadium lorsque vous êtes entré sur la pelouse ?

Oui, les ovations, on les entend toujours (rires). Je suis content de ma rentrée. Ça fait toujours chaud au cœur de sentir le public derrière soi. En 18 ans passés avec ce public, on a appris à se connaître. Ils m’ont toujours soutenu, dans les bons comme dans les mauvais moments.

Qu’allez-vous faire après le rugby ? Envisagez-vous d’entraîner ?

J’ai passé plus de 20 ans sur les terrains, à m’entraîner tous les jours et à jouer tous les week-ends. Je crois que je vais me poser un peu dans un premier temps. Ensuite, j’ai tout fait pour bien préparer l’après-rugby. Est-ce que cela va bien se passer ? Je ne sais pas ! Mais j’ai fait une formation TBS l’année dernière pour me perfectionner dans l’entreprenariat, j’ai investi dans des sociétés, j’ai des projets que je porte qui seront autour du sport, car le sport est dans mon ADN. Je ne sais pas si je resterai dans le rugby. Être joueur et être coach, c’est complètement différent. Pour entraîner, il faut savoir s’adapter, avoir un vocabulaire que je n’ai pas encore. Voilà, cela viendra peut-être un jour.

Que ressent-on au moment de son dernier tour d’honneur ?

J’ai surtout été très heureux de le partager avec ma fille ! Après, forcément, on essaye de le faire durer le plus longtemps possible. Il faut bien comprendre que l’on est que de passage dans les clubs. Il faut accepter de laisser la place aux jeunes. Il ne faut pas, selon moi, se laisser pousser par son ego pour faire toujours une saison de plus. À vouloir pousser jusqu’au bout du bout, on finit faché avec tout le monde. Moi, j’ai maîtrisé ma décision, je ne suis fâché avec personne. Partager ce tour d’honneur avec ma fille est mon plus grand plaisir.

C’est le corps qui dit stop ?

Non, même pas. Bien sûr, je ne vais pas à 35km/h. Ma plus grande qualité, c’est l’endurance. Je sais me placer et j’ai l’œil. Honnêtement, la préparation de mon après-rugby me prend beaucoup de temps. Entre deux entraînements, j’ai des réunions et j’ai envie de ça. Est-ce que ce ne sera pas dur quand, à la fin de l’été, je verrai les copains retourner à l’entraînement ? Je ne sais pas…

Un mot sur votre fidélité au Stade toulousain ?

On est un club à part. Je ne suis pas certain que les jeunes joueurs actuels aient envie de partir…

Qu’est-ce qui fait qu’on reste à Toulouse, alors ?

Je ne peux pas comparer avec un autre club, je n’ai connu que celui-là (rires). C’est le club qui te permet de réaliser tes rêves. Quand je suis venu au Stade, c’était pour gagner des titres et je savais que je tapais à la bonne porte. Quand je suis arrivé, je n’étais pas forcément le premier choix, j’ai dû travailler dur pour gagner ma place et être en équipe première, je me suis souvent remis en question. Je suis arrivé dans un groupe où il y avait Fabien Pelous, Gareth Thomas, Xavier Garbajosa qui nous mettait un coup de tête tous les matins (rires) … C’ était constellé de grands joueurs. Je n’étais pas timide mais respectueux de ces gars-là. Le Stade toulousain a aussi traversé une période difficile. D’autres clubs me voulaient et me proposaient plus d’argent, mais mon but a toujours été de rester au Stade. Je n’ai jamais pu m’imaginer avec un autre maillot sur le dos. J’ai réalisé mon rêve en devenant pro au Stade toulousain.

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