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Doussain : "Il nous reste huit matchs pour aller chercher une qualification"

Doussain : "Il nous reste huit matchs pour aller chercher une qualification"

Le 04/03/2021 à 09:30Mis à jour Le 04/03/2021 à 09:56

TOP 14 – Alors que le LOU se déplace ce samedi à Bayonne, après avoir retrouvé le goût de la victoire en dominant Toulouse lors de la précédente journée, Jean-Marc Doussain se confie sur l’actuelle dynamique de son club. Mais aussi sur ce rôle de cadre qu’il a dans l’effectif lyonnais, bien déterminé à aller chercher une qualification.

Plusieurs jours sont passés après cette victoire face au Stade toulousain qui a, on l’imagine, fait du bien. A-t-elle été vécue comme un soulagement ?

Jean-Marc Doussain : Soulagement est peut-être un grand mot. Je dirais que l’on était plutôt sur une bonne dynamique, même si on n’avait pas gagné sur les deux précédents week-end à l’extérieur (défaites à Clermont et au Racing, ndlr). C’est vrai que le match de Toulouse a confirmé le potentiel que l’on avait et que l’on avait mis en place sur les derniers matchs. C’est venu un peu valider le travail qui n’avait pas été payé les précédentes semaines. On a eu le temps de récupérer parce que ça a été un match assez rude et engagé. Et maintenant on est vraiment tourné vers les huit matchs qu’il nous reste pour aller chercher une qualification.

Qu’est-ce qui vous a précisément rassuré sur ces dernières semaines ?

J-M.D : Notre engagement et notre envie de se donner les uns pour les autres. Devant, je pense que l’on a compris que l’on avait des capacités et que l’on était capable de rivaliser avec les meilleurs paquets d’avants du championnat, que ce soit Clermont ou le Racing. Je pense que l’on a un peu gagné en confiance mais on sait très bien que cet équilibre est fragile. Cela a validé tout le travail depuis un mois. Derrière, on avait du mal à finir les coups, et là on a été assez précis pour mettre les occasions quand elles se présentent face aux grosses équipes.

C’est facile de le dire après coup, mais vous avez peut-être tout simplement réussi à faire les bonnes choses pendant 80 minutes, et pas seulement pendant 40 ou 60 minutes…

J-M.D : C’est ça ! On n’a pas baissé le pied physiquement et mentalement. Souvent, c’est un peu mentalement que l’on a perdu des matchs. On sait que ce sera la même chose ce week-end à Bayonne.

Top 14 - Doussain (Lyon)

Top 14 - Doussain (Lyon)Icon Sport

Disons que cette rencontre face au Stade toulousain faisait, quoi qu’il arrive, basculer votre fin de saison. Plus encore que le match à gagner, c’était le match à ne pas perdre !

J-M.D : Exactement, surtout à ne pas perdre car là, je pense, on disait adieu aux phases finales. Et on n’a pas encore dit bonjour et bienvenue à ces phases finales car on est encore loin d’être dans les six. On sait que l’on va devoir cravacher jusqu’à la fin de la phase régulière. Il y avait cette pression de ne pas le perdre mais on avait de la confiance, et je crois que l’on a plus pensé à aller se le chercher, à le gagner, qu’à ne pas le perdre.

Peut-on alors dire que vous avez joué avec crainte les précédents matchs ?

J-M.D : Je ne pense pas, on venait d’aller chez des gros du championnat…

Alors prenons plutôt la précédente série – négative – davantage dans sa globalité pour évoquer ce sentiment…

J-M.D : Sur ces précédents matchs, là je suis d’accord. Je pense que l’on n’a surtout pas été à notre niveau, surtout à la maison contre Castres et Pau. Ces deux matchs, on va les trainer comme des boulets. C’est vrai que l’on est quand même souvent là contre les grosses équipes, et je pense que l’on a un test ce week-end. Sans manquer de respect à Bayonne qui est une équipe très courageuse et valeureuse, qui ne va rien lâcher comme elle l’a montré à Toulon, on a quand même du mal chez les équipes qui se battent pour le maintien. Ça a été compliqué cette année et on va voir si on a vraiment grandi.

" On était entré dans une petite nonchalance. On s’est dit des choses et on s’est mis au travail"

Il y a quelques semaines en arrière, on avait eu le droit aux coups de gueule de Pierre Mignoni qui ont marqué, vu de l’extérieur. Comment cela s’est passé au sein du groupe ? Il y a eu un besoin de mettre des mots sur les maux ?

J-M.D : Bien sûr que tout le monde a été un peu surpris de la sortie de Pierre. Mais je pense qu’il a fait ça pour le club, pour remotiver tout le monde et pour réactiver un peu le cerveau de tous, afin que tout le monde se remette au travail. Et que l’on ne soit pas sur une petite nonchalance dans laquelle on était entré. On s’est dit des choses mais on s’est surtout mis au travail pour se rendre compte de la qualité que l’on avait dans l’effectif, que l’on ne pouvait pas laisser passer des matchs qui nous tendaient les bras.

Clairement, le coach vous a parlé ? Ou bien les mots dans la presse ont suffi ?

J-M.D : On a échangé avec lui mais pas qu’avec lui. C’est l’ensemble du club qui avait besoin d’un petit coup d’électricité. Je pense que l’on a échangé tous ensemble, avec les bureaux, le sportif et le staff pour que tout le monde comprenne où on veut aller. Peut-être pas sur une vision juste "match après match", davantage à moyen ou long terme. On en avait besoin pour être rassuré et que l’on puisse aller de l’avant.

Ne peut-on pas dire que lorsque le LOU traverse des périodes difficiles, que c’est là que l’identité club pêche peut-être un peu ?

J-M.D : Je ne pense pas. C’est le cas partout. Je l’ai aussi vécu à Toulouse où quand tout allait bien, les semaines s’enchainaient mais dès lors que l’on enchainait une ou deux défaites pas "normales", il y avait du remue-ménage et l’on se posait des questions. Les problèmes ressortaient mais je pense que c’est parfois un manque de communication dans les clubs où, parfois, on ne comprend pas trop ce qu’il se passe. Je pense que c’était là, aussi, l’objet du coup de gueule de Pierre pour se dire les choses et avancer, tous, dans la même direction.

Ça veut dire qu’il n’y pas eu de doute(s) sur les éventuelles capacités de cette équipe, et sur les objectifs ? Vous êtes restés sur les mêmes idées ?

J-M. D : Bien sûr. On sait très bien que l’on a des points à aller chercher sur tous nos matchs mais on est concentré actuellement que sur le match de Bayonne car il sera suivi d’une coupure, avec deux week-ends sans match. On sait que la tâche sera difficile. Il y a de la pression à tous les étages. On pense vraiment à nous.

" Je n’ai pas envie de stagner. J’aurai toujours cette envie de progresser"

D’un point de vue plus personnel, on vous sent encore plus épanoui à Lyon où vous jouez depuis 2018. Et que vous prenez encore plus de responsabilités, que ce soit sur le terrain mais aussi en dehors.

J-M. D : Je pense que c’est ce que l’on me demande, surtout quand on arrive à l’âge de 30 ans, que ce soit dans la vie de tous les jours ou sur le sportif, avec une fin de la carrière qui est plus proche que le début… Je me sens bien dans ce club. J’ai re-signé 3 ans. Pierre m’a fait confiance. J’ai envie d’apporter le maximum de l’expérience que j’ai. Je pense que l’on a de jeunes joueurs qui ont besoin d’être épaulés tout en gardant un objectif aussi personnel qui est de jouer un maximum de matchs. Je suis juste dans mon rôle et tant mieux si ça sert à l’équipe et au club.

L’évolution de votre rôle est donc une suite logique ?

J-M. D : C’est aussi mon tempérament. Moi je n’ai pas envie de stagner. Je ne sais pas jusqu’à quel âge je jouerai mais j’aurai toujours cette envie de progresser. Si je ne l’ai plus un jour, j’arrêterai car il n’y aura plus la flamme. C’est aussi une certaine forme de caractère. J’ai toujours voulu m’entrainer et donner le plus pour l’équipe, tout en pensant à moi. Malgré tout, il faut être orgueilleux dans le sport de haut-niveau. J’ai cette envie de transmettre. On a les moyens pour former de jeunes joueurs et aussi d’autres joueurs en milieu ou en fin de carrière et qui ont cette envie de continuer à grandir pour aller chercher de belles choses, et d’écrire des histoires.

Certes vous n’êtes pas titulaire à tous les matchs (16 matchs, 8 titularisations), mais il y a une forme d’épanouissement malgré tout ?

J-M.D : Exactement, sinon je ne serai pas resté (sourires).

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