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Montpellier : L’électrochoc Saint-André aura-t-il lieu ?

Montpellier : L’électrochoc Saint-André aura-t-il lieu ?

Le 05/01/2021 à 10:06Mis à jour Le 05/01/2021 à 11:10

TOP 14 - Treizième du Top 14, le MHR a remercié Xavier Garbajosa ce week-end et a promu Philippe Saint-André à la tête du staff. Mais cet électrochoc permettra-t-il au vestiaire héraultais de sortir de la crise, alors que les Cistes se déplacent à Lyon, mercredi, en match en retard ?

Lundi 10h30. Guilhem Guirado, Louis Picamoles et les avants du MHR se présentent sur le terrain d’entraînement Éric Béchu. Le soleil les accompagne pour cette séance collective dirigée par Olivier Azam, à deux jours d’un déplacement à Lyon en match en retard de la 7e journée de Top 14. Jusqu’ici, rien d’anormal. À deux détails près : la nuée de caméras présente derrière la ligne de touche et l’absence, notable, de Xavier Garbajosa. Vingt-quatre heures auparavant, le technicien a été remercié par le club héraultais à la suite d’une nouvelle défaite face au Stade Toulousain (6-19). La neuvième de la saison toutes compétitions confondues. Le remplaçant de "Garba" est lui déjà connu. Dix ans après sa dernière expérience en club, Philippe Saint-André, alors directeur du rugby du MHR depuis l’an passé, vient d’être choisi par le président Mohed Altrad pour sortir le club de la crise et lui éviter une déconvenue retentissante.

PSA : "Il y a le feu à la maison. Je suis en mission !"

Hier au GGL Stadium, "PSA" est resté très discret. Pas de première apparition publique au milieu de ses joueurs, mais un rendez-vous donné à la presse quelques instants plus tard lors d’une conférence d’avant-match un peu particulière, où l’ancien sélectionneur du XV de France a détaillé les coulisses du limogeage de Xavier Garbajosa. "J’ai eu une discussion franche avec Xavier. C'est quelqu'un de passionné, c’est quelqu’un d'entier, et on ne peut pas remettre en cause son investissement. Il aimait ses joueurs. Il aimait le club. Après avoir passé du temps avec lui, on avait trouvé deux solutions. La première, c’était que je passe manager et que lui reste entraîneur de l'attaque et des trois-quarts. La deuxième, pour faire un électrochoc, c’était que l'on se sépare de Xavier. Je suis allé voir Mohed Altrad samedi soir et j’ai aussi proposé une troisième option : ma démission et celle de Xavier. Mohed a réfléchi et a tranché", raconte Philippe Saint-André, de retour à la tête d’une équipe de Top 14 dix ans après son départ de Toulon.

L’air grave, déterminé, l’ancien trois-quart aile n’a cessé de rappeler la situation urgente dans laquelle se trouve actuellement le MHR. "On est en grande difficulté. On est treizièmes actuellement, à trois points du douzième. J’ai un objectif : Il nous reste seize journées pour garder le MHR en Top 14. Il y a le feu à la maison. La seule chose qui est importante, c'est de se maintenir", lance-t-il. Avant de confirmer qu’il ne restera pas, quoi qu’il arrive, le manager héraultais à l’issue de la saison. "Même si ça marche très très bien, je suis là en mission jusqu'à fin juin. Je ne continuerai pas ensuite sur le terrain parce que je l'ai fait pendant 19 ou 20 ans", précise-t-il.

Le maintien est désormais dans toutes les têtes

D’ici là, "PSA" a donc accepté de relever un dernier défi, celui de maintenir Montpellier en Top 14. Avant-derniers du championnat, les Cistes semblent avoir pris conscience de l’urgence qui les entoure. Et pour les historiques de MHR, l’heure est à la mobilisation générale. "Ce n’est pas seulement deux ou trois joueurs qui doivent se révolter. Ça passera par les vieux, les jeunes, les internationaux, tout le monde. C’est tout un club, toute une équipe qui va devoir travailler main dans la main", lance Benoît Paillaugue. Las des crises successives, qu’il a toutes connues depuis 2009, le demi-de-mêlée n’y va pas par quatre chemins : "Je ne sais pas si c’est toujours l’entraîneur qui doit sauter pour faire un électrochoc. Nous, les joueurs, on ne fait pas le taff. Tu as beau changer d’entraîneur, si toi tu ne fais pas le travail sur le terrain, tu n’y arriveras jamais. On verra s’il s’agissait du bon choix et si ça a remis la tête à l’endroit à l’équipe. Ça va aller très très vite de toute façon. Notre calendrier est dantesque. L’objectif c’est de sauver ce club de la relégation. Que ce soit Pierre, Paul ou Jacques qui nous entraîne, c’est nous les joueurs qui sommes sur le pré. C’est à nous de nous prendre en main et de, excusez-moi du terme, sortir les couilles. Il n’y a que ça maintenant pour jouer le maintien. On va plus parler de combat et d’agressivité que de beau jeu", prévient-il.

Un discours partagé par un autre taulier au vestiaire héraultais, Louis Picamoles. "On est dans une situation d’urgence. Nous n’avons plus trop le temps de penser. L’électrochoc ne résoudra pas tout. Si on pense que ça se fera tout seul, on se trompe. J’espère que cela va au moins permettre à chacun de prendre conscience de l’état d’urgence dans lequel se trouve le club aujourd’hui. Ça, c’est propre à chacun. On s’est réuni pour échanger, pour discuter, pour essayer d’avancer et de vite basculer sur le prochain match", conclut le troisième ligne. Et la prochaine échéance se présente déjà pour les Cistes. Trois jours après un nouveau revers à domicile, et quarante-huit heures seulement après un changement de manager, le MHR se déplace sur la pelouse du LOU. Avec quel état d’esprit ? "Ce qui est important pour moi, ce sont les actes des joueurs sur le terrain", prévient Philippe Saint-André. Désormais, les Montpelliérains sont face à leurs responsabilités.

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