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Ménini : "Mon seul regret : ne pas avoir pu jouer la Coupe du monde"

Ménini : "Mon seul regret : ne pas avoir pu jouer la Coupe du monde"

Le 07/07/2019 à 17:37

TOP 14 - Éprouvé physiquement, Alexandre Ménini (36 ans) a annoncé en début de semaine la fin de sa carrière. Pour rugbyrama.fr, le neo retraité revient sur sa trajectoire atypique, longtemps dans l’ombre avant d’exploser sur le tard.

Rugbyrama : Lors de l’annonce de votre retraite sur les réseaux sociaux, vous avez évoqué un corps "plus à 100% de ses moyens". Pouvez-vous développer ?

Alexandre Ménini : J’ai pris un gros coup à l’épaule droite en fin de saison dernière contre La Rochelle. J’ai essayé de serrer les dents pour pouvoir disputer les phases finales. J’ai joué le dernier match de la phase régulière contre Grenoble et je me suis également blessé au mollet. Aujourd’hui, j’ai encore de grosses douleurs à l’épaule et cela me paraissait compliqué de repartir, à 36 ans, sur une nouvelle saison. J’ai connu au début de ma carrière un rugby moins violent que sur ces cinq six dernières années. Avec l’évolution de ce sport, il faut vraiment être en pleine possession de ses moyens pour pouvoir encaisser tous les chocs face à des mecs toujours plus rapides et plus costauds. Ce n’était plus le cas pour moi. J’ai vu récemment Dimitri Szarzewski et Benjamin Kayser arrêter pour les mêmes raisons et il n’y a pas de secret. Quand on a 20 ans de rugby derrière soit, le corps souffre, tout simplement.

Étiez-vous libre de tout contrat ?

A.M. : En effet puisque j’étais en fin de contrat avec le LOU. J’avais des opportunités de signer ailleurs, notamment en Pro D2. J’ai essayé de voir ce qu’il était possible de faire pour me soigner mais j’ai finalement averti mon agent qu’il était préférable d’arrêter. J’ai encore très mal et je vais devoir prendre rendez-vous avec le chirurgien car mon épaule est vraiment dans un sale état.

Vous ne battrez donc pas votre record de longévité dans un club, qui est de 3 ans…

A.M. : Ce n’était pas forcément une envie de ma part de changer à chaque fois. Par exemple, quand j’ai signé à Biarritz, j’étais plein de bonnes intentions. Mais le club est descendu cette saison-là (2013-2014) et je voulais pour ma part rester en Top 14 donc je suis parti. Globalement, cela a plus souvent été des coups du sort que des choix délibérés de ma part de m’en aller. Et cela n’a jamais été une question d’argent. Quand je vois certains mecs qui ont fait toute leur carrière dans un club, je me dis que ça aurait pu être pas mal mais les aléas de ma carrière ont fait que j’en ai connu plus (dix en tout). Cela ne m’a pas empêché de me faire de très bons potes comme Julien Puricelli, Francisco Gomez Kodela, Julien Tastet, Brice Dulin ou Rémi Tales.

" Aller à Mont-de-Marsan a été le meilleur choix de ma carrière "

Vous avez eu une carrière en deux temps : d’abord discrète en Pro D2 puis bien plus exposée à l’approche de la trentaine…

A.M. : Je viens de la Moselle, qui n’est pas un bassin très rugby et c’est vrai que j’ai eu un peu de mal à sortir la tête de l’eau. Le tournant a été mon passage à Mont-de-Marsan et la montée du club en Top 14. Si on n’était pas monté, peut-être que j’aurais continué tout le reste de ma carrière en Pro D2 et que j’aurais fini au Stade montois.

Quel a été le déclic pour vous ?

A.M. : Je pense avoir passé un cap à Mont-de-Marsan grâce à Marc Dal Maso, qui m’a fait énormément progresser en mêlée. C’est également avec le Stade montois que j’ai découvert le Top 14 et même si on n’a gagné que deux matchs cette saison, cela m’a permis de continuer ma carrière dans ce championnat. Aller là-bas a vraiment été le meilleur choix de ma carrière. J’ai également été très marqué par la rigueur de joueurs exceptionnels comme Matt Giteau, Carl Hayman ou Bakkies Botha à Toulon. Ces mecs m’ont appris le goût de l’investissement personnel, ils étaient les meilleurs joueurs du monde mais ils s’entraînaient aussi comme des fous. Et enfin à Lyon, quand tu vois un Julien Puricelli qui, à son âge, est une machine de guerre, tu essaies de piocher chez ces mecs-là des choses pour progresser.

" Si je n’avais pas joué en Top 14, je ne m’en serais pas voulu "

Durant ces années d’anonymat, pensiez-vous pouvoir atteindre un jour l’équipe de France ?

A.M. : cela restait du domaine du rêve. Quand tu joues en Fédérale 1 (à Rumilly en 2006-2007), tu te dis que ce n’est pas une marche mais une montagne à gravir pour y être. Mais je me préparai pareil en Fédérale 1 qu’en Top 14, c’est-à-dire toujours à fond en me disant que j’avais de la chance de vivre du rugby. Si je n’avais pas joué en Top 14, avec l’investissement que j’ai mis depuis le début, je ne m’en serais pas voulu.

Que retiendrez-vous de vos 6 sélections avec les Bleus ?

A.M : C’était les moments les plus émouvants de ma carrière ! L’apogée pour moi a été le premier match en France, à Marseille contre les Fidji. De par mon parcours, c’était déjà magnifique de parvenir en sélection. Mais quand tu goûtes à ce niveau, tu en veux toujours plus. J’ai eu une seule grosse blessure dans ma carrière avant la dernière à l’épaule, et elle est arrivée l’année de la Coupe du monde 2015, au pied. J’ai eu énormément de mal à m’en remettre, je suis passé remplaçant à Toulon et je n’ai logiquement pas été pris pour le Mondial. Le seul regret de ma carrière est de ne pas avoir pu jouer cette Coupe du monde. Enfin, il y en a aussi un second : ne jamais avoir pu jouer contre les All Blacks !

Comment envisagez-vous l’après carrière ?

A.M. : À 36 ans, je me dis que j’ai vécu plein de choses, qu’il aurait été dommage de faire l’année de trop et que c’était le bon moment d’arrêter. Le rugby, c’est donc fini. Je vais démarrer une formation pour travailler dans l’immobilier. Avec un ami, on va se lancer là-dedans. On va aussi prendre le temps de soigner cette épaule.

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