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Top 14 - Les secrets de la méthode Heyneke Meyer (Stade Français)

Les secrets de la méthode Heyneke Meyer

Le 10/10/2018 à 17:04

TOP 14 - Depuis son arrivée en juin dernier, le directeur sportif Heyneke Meyer a véritablement transformé le visage du Stade Français Paris. Joueur prometteur issu du centre de formation, le troisième-ligne Ryan Chapuis (20 ans), auteur de 7 matchs cette saison dont 4 comme titulaire, nous éclaire sur la méthode de management singulière mise en place par le Sud-Africain.

Rugbyrama : En mars dernier, vous avez signé votre premier contrat Espoir et vous êtes aujourd’hui régulièrement aligné en TOP14. Vous vous attendiez à une telle trajectoire ?

Ryan Chapuis : On a eu la chance de faire toute la préparation avec les pros. On en a chié, je me couchais direct le soir. Mais c’était une super opportunité de nous montrer. C’était que du plaisir, j’étais comme un enfant. Depuis que je suis au club (14 ans), je travaille pour ça. Il n’était pas question d’abandonner.

Avez l’arrivée de Heyneke Meyer, avez-vous eu peur de ne pas avoir votre chance ?

R.C : Je l’ai avant tout vécu comme une chance. Tout était remis à zéro, avec de nouvelles bases. Mais j’ai eu la chance d’être entraîné en U18 par Julien Dupuy et Pascal Papé. Si Heyneke s’interrogeait un peu sur mon profil, ils l’ont rassuré.

Heyneke Meyer souhaite miser sur le centre de formation. On sent que les jeunes joueurs sont très impliqués dans ce nouveau projet…

R.C : On sent un vrai lien entre l’académie et l’effectif professionnel. Tous les joueurs sont impliqués, même les plus jeunes. Le staff a des réunions toutes les semaines avec Pascal Papé (en charge du centre de formation). Tout est fait pour que les jeunes puissent s’exprimer. Personne ne nous attendait à ce niveau mais on était conscient de tout le boulot fait cet été.

" La semaine dernière, on voulait tous aller gagner à Castres. Ça se voyait sur le visage des mecs"

Comment expliquez-vous la réussite actuelle du Stade Français ?

R.C : Le staff nous transmet une culture de la gagne assez incroyable. Le discours est le suivant : "si tu veux gagner dans ta tête, tu peux gagner quoi qu’il arrive." La semaine dernière, on voulait tous aller gagner à Castres. Ça se voyait sur le visage des mecs. Tous les jours de la semaine, Heyneke base son discours sur cette confiance même si on n’a pris un coup sur la tête dans le derby.

Ryan Chapuis (Stade Francais) contre Pau

Ryan Chapuis (Stade Francais) contre PauIcon Sport

Heyneke Meyer est reconnu pour être très impliqué sur tout ce qui touche l’aspect mental. Comment cela se traduit au quotidien ?

R.C : Déjà, il nous voit beaucoup dans les couloirs du club, en salle de musculation. On a eu des entretiens individuels en début d’année pour vraiment nous connaitre, savoir si notre situation familiale était stable. Il est toujours là pour savoir comment on est physiquement. Après, sur les réunions d’équipe, il nous livre beaucoup d’anecdotes pour nous motiver.

Avant le déplacement à Castres, il nous a raconté l’histoire d’une petite fille qui a eu des problèmes de santé, qui avait une paralysie au niveau des jambes. Mais au final, elle s’est battue et a pu réaliser son rêve de courir le 100 mètres aux Jeux Olympiques (il s'agit de l’Américaine Wilma Rudolph, victime d'une poliomyélite qui devait la priver de l'usage normal de sa jambe gauche, triple médaille d'or des Jeux olympiques d'été de 1960 à Rome, sur 100, 200 mètres et relais 4 × 100 mètres. Elle a également été en possession des records du monde de ces trois disciplines, ndlr).

" Heyneke s’intéresse vraiment aux hommes. Ça aide à croire en soi, à être encore plus combattif."

Et cette méthode transcende votre groupe ?

R.C : Disons que ça nous resserre autour de certaines valeurs. Heyneke nous propose également des petites vidéos pour nous motiver. Chaque semaine, on a des best of du match précédent, des gros plaquages, des belles actions, des moments de solidarité de l’équipe. Et comme je vous disais, il nous diffuse également des vidéos de certaines personnes qui se sont battus dans la vie. On n’a pas trop l’habitude de voir ça en France. Au début, on trouvait ça assez bizarre. Quand on est jeune, on ne fait pas trop attention à l’aspect mental, mais là, ça me donne vraiment envie de me battre.

Au final, on est loin de l’image du technicien sud-africain froid et pragmatique…

R.C : De l’extérieur, on a l’image du « boss » mais il est vraiment intime dans la vie du groupe. Il s’intéresse vraiment aux hommes. Ça aide à croire en soi, à être encore plus combattif.

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