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À Colomiers, l’exception hongroise

À Colomiers, l’exception hongroise
Par Rugbyrama

Le 16/07/2019 à 14:03Mis à jour Le 16/07/2019 à 15:15

SEVENS - Le tournoi de qualification olympique de Colomiers s’est achevé par la victoire des Anglais sur les Bleus (31-7), qui ont ainsi décroché leur ticket pour Tokyo. Même s’ils sont repartis bons derniers de ce TQO, les Hongrois, joueurs amateurs portés par un public en feu, ne sont pas passés inaperçus.

"Ria, Ria, Hungária !" Depuis les bords de la pelouse du stade Michel-Bendichou, à Colomiers, ce refrain entêtant - que l’on peut traduire par "Allez, allez, la Hongrie" -, a résonné tout le week-end, scandé par la petite colonie de supporters Hongrois présents. Et ils ne sont pas passé inaperçus. Samedi, c’est depuis un jacuzzi gonflable installé derrière l’en-but que trois d’entre eux, en petit maillot de bain, encourageaient les joueurs habillés de rouge, blanc et vert.

Un verre de bière à la main, ils se sont époumonés durant toute la phase de poule, lançant des chants repris par des supporters hongrois présents dans les autres tribunes de Michel-Bendichou. Pourtant sur le terrain, la phase de poule a été plutôt compliquée pour l’équipe emmenée par l’entraîneur gallois Gareth Lloyd. Avec trois défaites face à la France (42-0), le Portugal (47-0) puis l’Italie (34-0), les Rouge et Vert sortaient de la première journée de compétition avec la pire défense et sans le moindre essai inscrit.

Il aura fallu attendre leur quatrième match, dimanche face à la Russie (défaite 31-5), pour les voir enfin aplatir dans l’en-but. Pour le plus grand bonheur de leurs supporters. S’ils finissaient ce TQO bons derniers après une cinquième défaite face à l’Ukraine en match de classement (29-12), les Hongrois pouvaient être fiers de leur parcours.

Demi de mêlée et ambulancier

Ce week-end à Colomiers, les Hongrois ont scellé une progression entamée il y a plusieurs années, et ont hissé le rugby hongrois à un niveau qu’il n’avait jamais atteint. Avec un effectif composé exclusivement de joueurs amateurs. Livreur, ambulancier ou encore étudiants : ils ont tous une activité professionnelle et s’entraînent quand ils arrivent à trouver le temps.

À l’image d’Attila Czakó, demi de mêlée et ambulancier : "Je travaille à temps plein, et j’ai trois ou quatre entraînements par semaine. Ensuite j’essaie d’aller un peu en salle pour de la musculation", explique-t-il en hongrois (traduit en français, il est vrai, par l’un des plus fervents supporters de la Hongrie présent à Colomiers et traducteur d’un jour pour Midi Olympique, Clarence Joubert du Cellier). Polyvalent, Attila Czakó porte en Hongrie les couleurs des Budapest Exiles (à XV) et des Budapest Frogs (à VII) en plus de celles de l’équipe nationale.

Comme lui, György Kömüves et Ákos Ágotai, le premier livreur et le second mécano, doivent composer avec une activité à temps plein et trouvent le temps de s’entraîner entre trois et cinq fois par semaine, sur le pré ou en salle. Et quand on leur demande s’ils y arrivent physiquement, György réplique sans plus attendre : "C’est dans la tête !". Entre son travail et ses études de logistique, Márk Stiglmayer, 22 ans, utilise tout son temps libre pour s’entrainer et file à la salle tous les jours à six heures. "Le plus difficile, c’est d’avoir des temps de repos", admet le n°11 hongrois.

SEVENS - Sacha Valleau face à la Hongrie

SEVENS - Sacha Valleau face à la HongrieIcon Sport

Difficile d’arriver et se maintenir au même rythme que les adversaires

Alors une fois sur le pré face à des joueurs qu’ils n’avaient vu qu’à la télévision et qu’ils avaient suivi, par exemple, lors des Sevens series, les Hongrois ont vécu un rêve éveillé. "C’était génial de jouer contre la France !", s’exclame Ákos. Pour Martin Sacaze, jeune joueur Franco-Hongrois évoluant chez les jeunes à Valence-Romans, c’était une "expérience mémorable". Lui a saisi l’opportunité et a opté pour la nation dont est originaire sa mère.

"C’était incroyable, de jouer ici, en France, avec la Hongrie, contre des équipes d’un tel niveau." Le plus difficile pour tous ces joueurs face à des joueurs dont le rugby est le métier ? "Prendre de la vitesse et arriver au même rythme que les adversaires tout en gardant ses poumons", sourit Márk Stiglmayer. "C’est facile d’y arriver une fois, mais d’être en permanence aussi rapide, c’est beaucoup plus dur. À notre niveau on s’en sort, mais ici le niveau est plus élevé", poursuit le joueur de 22 ans.

Douzième et bons derniers de ce TQO au terme de deux jours de compétition, les Hongrois sont donc repartis de Colomiers avec 183 points dans la musette mais avec trois essais inscrits, des étoiles plein les yeux et une nouvelle place dans le rugby européen. Et dans le cœur des supporters présents à Michel-Bendichou.

Clément Argoud

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