Rugbyrama

Sébastien Chabal et Lionel Nallet, des enfants de Michel Couturas et de Bourgoin

Chabal et Nallet, enfants de Couturas et de Bourgoin

Le 05/07/2015 à 16:10

"L’eau et le feu", disait un certain Michel Couturas de Lionel Nallet et Sébastien Chabal lors de leur arrivée à Bourgoin à la fin des années 1990. Presque vingt ans plus tard, il est sûrement celui qui définit encore le mieux ces deux personnages qui auront marqué le paysage du rugby français du début des années 2000.

Ils ne pouvaient pas le faire avant lui, pas avant leur premier entraîneur chez les professionnels. Michel Couturas aura attendu bien longtemps (jusqu’au 24 mai 2014) pour faire son jubilé au stade Pierre-Rajon de Bourgoin-Jallieu et c’est donc un peu plus d’un an plus tard que Sébastien Chabal et Lionel Nallet ont à leur tour décidé d’organiser pareille fête pour marquer leur sortie. Sauf que c’était au stade de Gerland de Lyon, la ville de leur dernier club, le Lou. Celui qui est souvent qualifié comme le plus grand entraineur de l’histoire du CSBJ avait, à l’occasion de ce jubilé, le rôle de Super Manager pour coacher une dernière fois ses deux poulains qu’il connaît mieux que personne.

" J’étais au début de leur amitié mais justement au début il n’y avait pas forcément une grande relation. Cela s’est fait au fur et à mesure des années que l’on a vécues ensemble à Bourgoin. C’est une espèce de lien berjallien. Tous les deux, c’est exceptionnel. Avoir envie de finir une carrière de joueur ensemble, côte à côte, dans le même club, c’est remarquable"

Leur arrivée au CSBJ s’est faite de Bourg-en-Bresse en 1997 pour Lionel Nallet et de Valence en 1998 pour Sébastien Chabal. C’est dans ce club qu’ils ont débuté chez les professionnels, qu’ils ont découvert le haut niveau et l’équipe de France. Cela marque forcément un homme et c’est aussi parce qu’ils ont vécu la plus belle époque du club ciel et grenat qu’ils en gardent un souvenir impérissable, renforcé par cette quasi invincibilité à Rajon et un sentiment de village gaulois qui résiste encore et toujours. Mais c’est au Racing puis à Lyon qu’ils ont terminé, ensemble, leur aventure.

Lionel Nallet et Sébastien Chabal lors de leur jubilé le 4 juillet 2015 - Photo Julien Plazanet

Lionel Nallet et Sébastien Chabal lors de leur jubilé le 4 juillet 2015 - Photo Julien PlazanetRugbyrama

" Ce sont des opposés. C’est une affaire de complémentarité comme une équipe de rugby. Quand tu pars avec Chabal et Nallet, tu te dis: je suis champion du monde, je vais gagner "

Il est vrai qu’au niveau de leur personnalité, l’un est le contraire de l’autre. Lionel Nallet est plus réservé alors que Sébastien Chabal est plus démonstratif. La complémentarité de ces deux caractères explique leur entente dans la vie puisqu’ils ont monté un hôtel-restaurant à Meyzieu, et sur le terrain. En guise d’exemple, il leur est arrivé de jouer ensemble en deuxième ligne et l’on dit souvent qu’il faut un équilibre entre le psychologique et le physique, des rôles qu’ils incarnaient chacun parfaitement. Ils n’ont jamais été champions du monde mais Nallet compte 74 sélections en Bleu et Chabal 62.

" L’histoire leur a attaché Bourgoin-Jallieu aux basques alors qu’ils ont fait les trois-quarts de leur carrière ailleurs. Je crois qu’ils sont Berjalliens. Ils ont cet esprit quand ils retrouvent Milloud, Boyet, Péclier, Bonnaire et toute la cogne. C’est la même chose"

Les sourires d’enfants sur les visages des hommes présents samedi au stade de Gerland traduisent parfaitement cet état d’esprit. Ils n’ont pas besoin de se voir souvent pour entretenir une amitié solide à toute épreuve. Le titre de champion du monde universitaire et les finales du Challenge européen et du trophée du Manoir de 1999 sont des moments qui restent gravés en eux, surtout qu’ils étaient tous issus du centre de formation. Ils ont été façonnés en Berjallie et se sont mis à gagner tous ensemble.

" À l’époque, quand un Berjallien arrivait en équipe de France, tout le monde le reconnaissait, pas physiquement mais par son comportement car il a du respect pour les autres. Il est plutôt humble. Ils ont reçu puis transporté cet état d’esprit et eux mêmes l’ont transmis. En permanence, il y avait le souci de la transmission de l’état d’esprit"

De cette génération, plus d’une vingtaine sont devenus internationaux. C’est dire si la formation berjallienne imposait le respect et cette humilité naturelle se traduisait aussi par le fait que Lionel Nallet et Sébastien Chabal ne pensaient au départ pas faire carrière. Le premier était usineur et le second tourneur-fraiseur. Ils savent d’où ils viennent, ce qui explique aussi leur grande popularité auprès du grand public et des connaisseurs.

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